Définition dans Watson

Nigelle

FITCHES, or VETCHES

une espèce de gesse. Il y a deux mots en hébreu que nos traducteurs ont rendus fitches, קצח et כסמת: le premier ne se rencontre qu’en Ésaïe xxviii, 25, 27, et doit être le nom de quelque sorte de semence; mais les interprètes divergent fort dans son explication. Jérôme, Maïmonide, R. David Kimchi, et les rabbins l’entendent du gith; et le rabbin Obadias de Bartenora dit expressément que son nom vulgaire est ניילי. Le gith fut appelé par les Grecs μελάνθιον, et par les Latins nigella; et est ainsi décrit par Ballester: “C’est une plante commune en jardins, et qui croît jusqu’à une coudée de hauteur, et quelquefois davantage, selon la richesse du sol. Les feuilles sont petites comme celles de fenouil, la fleur bleue, qui, ayant disparu, laisse paraître l’ovaire au sommet, comme celui du pavot, pourvu de petites cornes, oblong, divisé par des membranes en plusieurs logettes, ou cellules, où sont enfermées des graines d’un noir très profond, non dissemblables de celles du poireau, mais d’une odeur très parfumée.” Et Ausone observe que sa piquance est égale à celle du poivre:

Est inter fruges morsu piper æquiparens git.

Pline dit qu’elle est utile dans les pistrines, et qu’elle donne un assaisonnement agréable au pain. Les rabbins juifs mentionnent aussi les semences parmi les condiments, et mêlées au pain. À cette fin elle était probablement employée au temps d’Ésaïe; puisque les habitants de ces pays, encore aujourd’hui, ont une variété de biscottes et de biscuits, dont la plupart sont parsemés au sommet des graines de sésame, coriandre et géu‑poivre sauvage.

L’autre mot rendu fitches dans notre traduction d’Ézéchiel iv, 9, est כסמת; mais en Exode ix, 32, et Ésaïe xxviii, 25, il est traduit seigle. Dans ce dernier passage la Septante a ξέα, et dans les deux premiers ὀλύρα; et la Vulgate en Exode a far, et en Ésaïe et Ézéchiel vicia. Saadia le prit aussi pour quelque chose de la famille des légumineuses, גלנאן, cicircula (imprimé erroneousement circula dans la Polyglotte), ou “pois chiche.” Aquila a ζέα, et Théodotion, ὀλύρα. Onkelos et le Targum ont כונהיא et le syriaque כונחא, que l’on suppose être le millet, ou une espèce appelée panicum; le persan, כורכדם, l’épeautre; et cela semble être le sens le plus probable du mot hébreu; du moins il a le plus grand nombre d’interprètes, de Jérôme à Celsius. Il ne manque pas cependant d’auteurs qui croient qu’il s’agissait de seigle; parmi lesquels R. D. Kimchi, suivi par Luther et nos traducteurs anglais: le Dr Geddes aussi l’a conservé, quoique disant qu’il penche pour l’épeautre.

Le Dr Shaw pense que ce mot peut signifier riz. Hasselquist, au contraire, affirme que le riz fut mis en culture en Égypte sous les Califes. Cela est toutefois douteux. On penserait, par l’intercourse de l’Égypte ancienne avec Babylone et l’Inde, que ce pays ne pouvait ignorer un grain si bien propre à son climat.

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Source

Richard Watson, A Biblical and Theological Dictionary (1832), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.