Définition dans Watson
Ivraie
TARE
Matthieu xiii, 25–27, 29, 30, 36, 38, 40. Il n'est pas aisé de déterminer quelle plante ou quelle mauvaise herbe est ici désignée, car le mot ζιζάνιον n'est mentionné ni ailleurs dans l'Écriture, ni chez aucun écrivain grec ancien. Quelques Pères grecs et latins s'en sont servis, ainsi que Suidas et Phavorinus ; mais il est probable qu'ils l'ont tous tiré de ce texte. Comme cet Évangile fut d'abord écrit en syriaque, il s'agit probablement d'un mot appartenant à cette langue. Buxtorf donne plusieurs interprétations, et finit par le soumettre au jugement d'autrui. Dans un traité de la Mishna, intitulé Kilayim, qui traite expressément des différentes espèces de semences, un blé bâtard ou dégénéré est nommé זונים, dont le son, à la prononciation, prouve être le même que ζιζάνιον ; ce qui peut conduire à la véritable dérivation du mot, c'est‑à‑dire du chaldéen זן, «une espèce» ou «genre» de grain, d'où la corrompue hébraïque ou syriaque זניא, qui dans l'ancienne version syriaque répond au grec ζιζάνια, Matthieu xiii, 25, etc. Dans le Psaume cxliv, 13, les mots מזן אל־זן sont traduits «toute espèce de provision», mais signifient proprement «d'espèce en espèce». Ne pourrait‑on donc pas faire dériver le chaldéen זונין et le grec ζιζάνιον du מזן־זן du psalmiste, qui aurait pu signifier un «mélange» de grains de toute sorte, et être ici employé pour indiquer le blé bâtard ou dégénéré mêlé au bon blé ? Mintert dit que «c'est une sorte de plante, non différente du blé ou du froment, ayant d'abord la même sorte de tige et la même verdure, mais ne donnant point de fruit, du moins point de bon fruit» ; et il ajoute, d'après Jean Melchior, que «ζιζάνιον ne signifie pas toute mauvaise herbe en général croissant au milieu du blé, mais une semence particulière, connue en Canaan, qui ressemblait au froment, mais, mise en terre, dégénérait et changeait de nature et de forme». Parkhurst et le Dr Campbell rendent par «le lolium», Lolium temulentum. Les Espagnols appellent cette plante zizana ; chez les Turcs et les Arabes elle paraît être zuvan. «Elle est bien connue des habitants d'Alep,» dit M. Forskal ; «elle croît parmi les céréales. Si les graines restent mêlées à la farine, elles causent de l'étourdissement à ceux qui mangent ce pain. Les moissonneurs ne séparent pas la plante ; mais après le battage, ils rejettent les graines au moyen d'une vanne ou d'un tamis.» D'autres voyageurs remarquent que dans quelques parties de la Syrie la plante est arrachée à la main au temps des moissons, avec le blé, puis rassemblée et liée en faisceaux séparés. Dans la parabole des ivraies, notre Seigneur expose exactement les mêmes circonstances. Elles croissaient parmi le grain ; les laboureurs ne les séparèrent pas, mais laissèrent que l'une et l'autre poussassent ensemble jusqu'à la moisson ; alors on les recueillit des entre le blé à la main, et on les lia en gerbes.
