Définition dans Watson
Épître de Jacques
JAMES, GENERAL EPISTLE OF
Clement de Rome et Hermas font allusion à cette épître; et elle est citée par Origène, Eusèbe, Athanase, Jérôme, Chrysostome, Augustin, et bien d’autres Pères. Mais quoique l’antiquité de cette épître ait toujours été incontestée, quelques-uns autrefois doutèrent de son droit d’être admise dans le canon. Eusèbe dit qu’à son époque elle était généralement, quoique non universellement, reçue comme canonique; et lue publiquement dans la plupart, mais non dans toutes, les Églises; et Estius affirme qu’après le quatrième siècle aucune Église ni écrivain ecclésiastique n’est trouvé ayant jamais douté de son authenticité; mais qu’elle est, au contraire, incluse dans tous les catalogues ultérieurs des Écritures canoniques, qu’ils eussent été publiés par des conciles, des Églises ou des individus. Il a, en effet, été la tradition uniforme de l’Église que cette épître fut écrite par Jacques le Juste; mais ce ne fut pas universellement admis avant le quatrième siècle que Jacques le Juste était la même personne que Jacques le Mineur, l’un des douze Apôtres; ce point étant établi, l’autorité canonique de cette épître ne fut plus mise en doute. Il est évident que cette épître n’a pu être écrite par Jacques le majeur, car il fut décapité par Hérode Agrippa en l’an 44, et les erreurs et vices réprimandés dans cette épître montrent qu’elle est d’une date bien postérieure; et la destruction de Jérusalem y est aussi parlée comme étant très proche, Jacques v, 8–9. On a toujours considéré comme une circonstance très favorable à cette épître qu’elle se trouve dans la version syriaque, laquelle fut faite dès la fin du premier siècle, et pour l’usage particulier des Juifs convertis, -- la même description de personnes à qui elle était originellement adressée. D’où l’on infère qu’elle fut dès le commencement reconnue par ceux à l’instruction desquels elle se destinait; et «je pense», dit le Dr Doddridge, «qu’on peut difficilement douter qu’ils n’étaient pas de meilleurs juges de la question de son authenticité que les Gentils, à qui elle n’était pas écrite; parmi lesquels, par conséquent, elle ne fut pas susceptible d’être propagée si tôt; et qui d’abord purent être prévenus contre elle, parce qu’elle était inscrite aux Juifs.»
Le dessein immédiat de cette épître était d’animer les chrétiens juifs à soutenir avec courage et patience les souffrances auxquelles ils pouvaient être exposés, et d’imposer la véritable doctrine et pratique de l’Évangile, en opposition aux erreurs et vices qui alors prévalaient parmi eux. Saint Jacques commence par montrer les avantages des épreuves et des afflictions, et en assurant aux chrétiens juifs qu’Elohîm écouterait leurs prières sincères pour l’aide et le secours; il leur rappelle qu’ils sont des objets distingués de la faveur divine, et les exhorte à la religion pratique; à un juste et impartial souci des pauvres, et à une obéissance uniforme à tous les commandements d’Elohîm, sans distinction ni exception; il montre l’inefficacité de la foi sans les œuvres, c.-à-d., à moins qu’elle ne soit suivie par des devoirs moraux; il inculque la nécessité d’un strict gouvernement de la langue, et les met en garde contre la censure, la discorde, la malveillance, l’orgueil, l’indulgence des passions sensuelles, et le jugement téméraire; il dénonce des menaces contre ceux qui font un mauvais usage des richesses; il indique la destruction imminente de Jérusalem; et conclut par des exhortations à la patience, à la dévotion, et à un soin anxieux pour le salut des autres. Cette épître est écrite avec grande perspicacité et énergie, et contient un excellent résumé des devoirs pratiques et des vertus morales requis des chrétiens. Bien que l’auteur ait écrit aux Juifs dispersés dans le monde, l’état de sa patrie passa plus immédiatement devant ses yeux. Sa ruine finale approchait; et oppressions, factions, et scènes violentes troublaient tous les rangs, et impliquaient quelques-uns des chrétiens professants dans la souffrance, d’autres dans la faute.
