Définition dans Watson

Elijah

ELIJAH

Élie ou Elias, un prophète, était natif de Tisbé au‑delà du Jourdain, en Galaad. Quelques-uns pensent qu’il était prêtre issu d’Aaron, et disent qu’un certain Sabaca fut son père; mais cela n’a point d’autorité. Il fut suscité par Elohîm pour être dressé comme une muraille de bronze contre l’idolâtrie, et particulièrement contre le culte de Baal, que Jézabel et Achab soutenaient en Israël. L’Écriture fait paraître Élie disant à Achab, 1 Rois xvii, 1, A.M. 3092, «Par YHWH Elohîm d’Israël devant qui je me tiens, il n’y aura ni rosée ni pluie ces années‑là, sinon selon ma parole.» Il est remarquable que le nombre d’années n’y est point spécifié; mais dans le Nouveau Testament on nous apprend qu’il fut de trois ans et six mois. Par l’interdiction de la rosée ainsi que de la pluie, tout le règne végétal fut privé de cette humidité sans laquelle ni les espèces les plus robustes ni les plus délicates des plantes ne pouvaient germer en herbe, ni porter cette herbe à maturité. Le Seigneur commanda à Élie de se cacher au‑delà du Jourdain, près du ruisseau de Cherit. Il obéit, et Elohîm envoya des corbeaux à son secours matin et soir, qui lui apportaient chair et pain. Scheuzer observe qu’il ne peut croire que les _orebim_ de l’hébreu, rendus «corbeaux», signifient, comme quelques‑uns l’ont supposé, les habitants d’une ville appelée _Oreb_, ni une troupe d’Arabes nommée _orbhim_; et il soutient que l’oiseau appelé corbeau, ou un de ce genre, est ici désigné. Supposons qu’Élie se cachât d’Achab dans quelque lieu rocheux ou montagneux, où les voyageurs n’arrivaient jamais; et que là un certain nombre d’oiseaux voraces eussent bâti leurs nids sur les arbres qui l’entouraient, ou sur un rocher saillant, etc. Ces volatiles, allant chaque jour chercher de la nourriture pour leurs petits, le prophète se servit d’une partie de ce qu’ils rapportaient; et tandis qu’eux, obéissant aux lois de la nature, voulaient seulement pourvoir à leur progéniture, la providence divine les dirigea pour pourvoir en même temps aux besoins d’Élie. Ce qu’il recueillit, que ce fût dans leurs nids, dans ce qu’ils laissaient tomber, ou sous quelque influence surnaturelle, apporté à lui ou occasionnellement par tous ces moyens, suffisait à son entretien quotidien. «Et les _orebim_ lui fournissaient du pain le matin et du pain le soir, ou chair et pain.» Mais comme il y en avait probablement plusieurs, les uns pouvaient fournir du pain, d’autres de la chair, selon la circonstance; de sorte qu’un peu de chacun formait son repas solitaire mais satisfaisant. À de telles extrémités fut réduit le prophète exilé ! peut‑être ces _orebim_ n’étaient‑ils pas strictement des corbeaux, mais des freux. Le mot rendu «corbeau» comprend tout le genre, parmi lequel il existe des espèces moins impures que le corbeau, comme le freux. Les freux vivant en sociétés nombreuses sont supposés par certains être le type d’oiseaux employés en cette occasion plutôt que les corbeaux, qui volent seulement par paires. Mais sur toutes ces explications nous pouvons observer que, lorsqu’un événement est manifestement miraculeux, il est tout à fait superflu, et souvent absurde, d’inventer des hypothèses pour le rendre plus facile. Après quelque temps le ruisseau s’assécha, et Elohîm envoya Élie à Sarepta, ville des Sidoniens. À la porte de la ville il rencontra une veuve qui ramassait des bois, et il lui demanda un peu d’eau, ajoutant, «Apporte‑moi aussi, je te prie, un morceau de pain.» Elle répondit, «Par le vivant YHWH, je n’ai pas de pain, mais seulement une poignée de farine et un peu d’huile dans un vase; et je ramasse des bois, afin de le cuire pour moi et pour mon fils, pour que nous le mangions et mourions.» Élie dit, «Fais premierement pour moi une petite galette, et apporte‑moi; puis fais pour toi et pour ton fils: car ainsi parle YHWH, le tonneau de farine ne s’épuisera point, et le vase d’huile ne manquera point, jusqu’au jour où YHWH enverra la pluie sur la terre.» Sa prédiction s’accomplit pleinement, et il demeura dans la maison de cette veuve. Quelque temps après, le fils de cette femme tomba malade et mourut. La mère, accablée de douleur, implora l’assistance et l’intercession d’Élie, qui, prenant l’enfant dans ses bras, le déposa sur son propre lit, et pria YHWH de rendre la vie à l’enfant. YHWH exauça la prière du prophète, et rendit l’enfant à la vie.

2. Après trois ans de sécheresse, YHWH commanda à Élie de paraître devant Achab. La famine, grande en Samarie, fit qu’Achab envoya les habitants à travers le pays pour chercher des lieux où il y eût fourrage pour le bétail. Obadiah, officier de la maison du roi, étant ainsi employé, Élie se présenta et lui ordonna de dire à Achab: «Voici, Élie est ici!» Achab vint à la rencontre du prophète, et l’accusa d’être la cause de la famine. Élie répliqua en retournant l’accusation sur le roi et ses iniquités, et le défia de rassembler le peuple et les prophètes de Baal, afin qu’il fût décidé par un signe du ciel, la descente du feu sur l’offrande, quel était le Dieu véritable. En cela le prophète obéit à l’impulsion de l’Esprit d’Elohîm; et Achab, soit sous une influence dont il n’était pas conscient, soit aveuglément confiant dans la cause de l’idolâtrie, suivit la directive d’Élie, et convoqua le peuple d’Israël et quatre cents prophètes de Baal. Les prophètes de Baal préparèrent leur autel, sacrifièrent leur taureau, le placèrent sur l’autel, et invoquèrent leurs dieux. Ils sautèrent sur l’autel, et se coupèrent selon leur coutume, criant de toutes leurs forces. Élie se moqua d’eux, et dit, «Criez fort, car c’est un dieu; ou bien il parle, ou il poursuit, ou il est en voyage, ou peut‑être il dort et il faut l’éveiller.» Quand le milieu du jour fut passé, Élie répara l’autel de YHWH; et avec douze pierres, en allusion aux douze tribus d’Israël, il construisit un nouvel autel. Il coucha son taureau sur le bois, puis versa trois fois une grande quantité d’eau sur l’offrande et le bois, de sorte que l’eau remplit le fossé qu’on avait creusé autour de l’autel. Après cela il pria, et en réponse à sa prière YHWH envoya le feu du ciel, qui consuma le bois, l’holocauste, les pierres et la poussière du lieu, et même dessécha l’eau dans le fossé. Sur cela, tout le peuple se jeta contre terre et s’écria: «Le Seigneur, c’est YHWH.» Élie alors, ayant excit é le peuple à égorger les faux prophètes de Baal, dit à Achab, «Va chez toi, mange et bois, car j’entends le bruit d’un grand abondement de pluie;» et cette bénédiction tant attendue descendit du ciel selon sa prédiction, donnant une preuve supplémentaire de la vérité de sa mission de la part du seul Dieu vivant et vrai.

3. Jézabel, femme d’Achab, menaça Élie d’avoir fait périr ses prophètes. Il s’enfuit donc à Beer‑Chéba, dans le midi de Juda, puis entra en Arabie Pétra. Le soir, épuisé de fatigue, il se coucha sous un genévrier, et pria Elohîm de le prendre hors du monde. Un ange le toucha, et il se leva, et vit une galette cuite sur des braises, et un vase d’eau; il mangea et but, et dormit encore. L’ange le réveilla de nouveau et dit, «Lève‑toi et mange, car le voyage est trop grand pour toi;» et il mangea et but, et marcha dans la force de cette nourriture quarante jours et quarante nuits, jusqu’à Horeb, la montagne d’Elohîm. Là il eut des visions de la gloire et de la majesté d’Elohîm, et il parla avec lui; et il fut commandé de retourner au désert de Damas, pour oindre Hazaël roi de Syrie, et Jéhu roi d’Israël, et pour désigner Élisée comme son successeur dans l’office prophétique. Quelques années après, Achab, s’étant emparé de la vigne de Nabot, YHWH commanda à Élie de reprendre Achab pour le crime qu’il avait commis. Élie le rencontra allant à la vigne de Nabot pour en prendre possession, et dit, «C’est dans le lieu où les chiens léchèrent le sang de Nabot qu’ils lécheront ton sang, même le tien. Et les chiens mangeront Jézabel au mur de Jezréel.» Les deux prédictions s’accomplirent devant le peuple. Achazia, roi d’Israël, blessé par une chute de la plate‑forme de sa maison, envoya consulter Baalzebub, dieu d’Ékron, pour savoir s’il devait recouvrer la santé. Élie rencontra les messagers et leur dit, «Est‑ce parce qu’il n’y a point de Dieu en Israël que vous allez consulter Baalzebub, dieu d’Ékron? Or, maintenant, ainsi parle YHWH, tu mourras certainement.» Les messagers d’Achazia revinrent et informèrent le roi qu’un inconnu leur avait dit qu’il devait mourir; et Achazia reconnut que c’était le prophète Élie. Le roi envoya donc un capitaine avec sa compagnie de cinquante hommes pour l’appréhender; et, arrivé auprès d’Élie qui était assis sur une colline, l’officier dit, «Homme de Dieu, le roi t’ordonne de descendre.» Élie répondit, «Si je suis homme de Dieu, laisse venir le feu du ciel et te consumer, toi et tes cinquante.» Les paroles du prophète eurent l’effet prédit. Le roi envoya un autre capitaine, qui fut aussi consumé; mais un troisième capitaine, venant à Élie, le pria de lui épargner la vie et la sienne, et Élie l’accompagna au roi. Par ces miracles effrayants il fut accrédité auprès de ce successeur d’Achab comme prophète du vrai Dieu, et la destruction de ces compagnies fut une démonstration de la colère d’Elohîm contre le peuple en général. Élie ne put en ce cas agir que sous l’impulsion de l’Esprit d’Elohîm.

4. Élie, connaissant par révélation qu’Elohîm le traduirait bientôt hors de ce monde, désirait tenir ce fait secret pour Élisée, son compagnon inséparable. Il dit donc à Élisée, «Attends‑moi ici, car YHWH m’a envoyé à Béthel.» Mais Élisée répondit, «Je ne te quitterai point.» À Béthel, Élie dit, «Attends‑moi ici, YHWH m’a envoyé à Jéricho;» mais Élisée répliqua qu’il ne le quitterait pas. À Jéricho Élie le pria de demeurer; mais Élisée refusa de l’abandonner. Ils allèrent donc ensemble au Jourdain, et cinquante fils des prophètes les suivaient à distance. Arrivés au Jourdain, Élie prit son manteau et, le frappant avec, il fendit les eaux, et ils passèrent à sec. Élie dit ensuite à Élisée, «Demande ce que je dois faire pour toi avant que je sois enlevé d’auprès de toi.» «Je te prie, dit Élisée, qu’une double portion de ton esprit soit sur moi;» c.-à‑d., obtiens pour moi le don de la prophétie de la part d’Elohîm dans la même mesure que tu le possèdes. Le double peut signifier semblable; ou le don de prophétie et des miracles en un degré double de ce que tu possèdes, ou de ce que je possède à présent. Élie répondit, «Tu m’as demandé une chose très difficile; cependant, si tu me vois lorsque je serai enlevé d’auprès de toi, il en sera ainsi pour toi; si non, il n’en sera point ainsi.» En chemin se présenta soudainement un char de feu, avec des chevaux de feu, qui les sépara; et Élie fut enlevé dans un tourbillon au ciel; tandis qu’Élisée s’écria, «Mon père, mon père, les chars d’Israël et leurs cavaliers!»

5. Élie fut un des plus éminents de cette illustre et singulière race d’hommes, les prophètes juifs. Chaque partie de son caractère est marquée d’une grandeur morale, qui s’accentue par l’obscurité entourant ses attaches et son histoire privée. Il porte souvent l’air d’un messager surnaturel issu subitement d’un autre monde, pour déclarer les commandements du ciel et faire trembler les plus orgueilleux mortels par la menace de jugements terribles. Son audace dans la réprimande; son zèle élevé pour l’honneur d’Elohîm; sa supériorité à la douceur, à l’oisiveté et à la souffrance, sont les traits d’un homme rempli du Saint‑Esprit; et il fut admis à une grande intimité avec Elohîm, et rendu capable d’opérer des miracles d’un caractère très extraordinaire et sans équivoque. Ceux‑ci étaient exigés par l’idolâtrie stupide de l’âge, et furent en certains cas également propres à démontrer l’existence et la puissance de YHWH, et à punir ceux qui l’avaient abandonné pour des idoles. L’auteur de l’Ecclésiastique porte son éloge et le décrit justement comme un prophète «qui s’éleva comme le feu, et dont la parole brûlait comme une lampe.» Dans la sévérité et la puissance de ses réprimandes il fut un type frappant de Jean‑Baptiste, et ce dernier est donc annoncé sous son nom. Malachie iv, 5, 6 contient ce passage: «Voici, j’enverrai Élie le prophète, avant le jour grand et terrible de YHWH.» Notre Sauveur, Yéhoshoua (Jésus), déclare aussi qu’Élie était déjà venu en esprit dans la personne de Jean‑Baptiste. À la Transfiguration de notre Sauveur, Élie et Moïse parurent et conversèrent avec lui au sujet de sa future passion, Matthieu xvii, 3, 4; Marc ix, 4; Luc ix, 30. Beaucoup de Juifs au temps de notre Seigneur croyaient qu’il était Élie, ou que l’âme d’Élie s’était réincorporée en son corps, Matthieu xvi, 14; Marc vi, 15; Luc ix, 8. En conclusion, on peut observer que, pour assurer au monde l’existence future des hommes justes dans un état de gloire et de félicité, et que cela se ferait en corps transformés de la mortalité à l’immortalité, chacune des trois grandes dispensations de la religion eut son exemple de translation au ciel; la dispensation patriarcale en la personne d’ENOCH, la juive en la personne d’ÉLIE, et la chrétienne en la personne du Mashiah.

Voir la fiche concept
Source

Richard Watson, A Biblical and Theological Dictionary (1832), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.