Définition dans Watson

Confessions de foi

CONFESSIONS OF FAITH

Considérée simplement, elle est identique au _credo_, et signifie un résumé des principaux articles de foi adoptés par un individu ou une société. Dans son acceptation la plus commune, elle se restreint aux sommaires de doctrine publiés par des Églises chrétiennes particulières, afin d’empêcher que leurs sentiments religieux ne soient mal compris ou déformés, ou, en exigeant la souscription à ces documents, d’assurer l’uniformité d’opinion parmi ceux qui se joignent à leur communion. À l’exception d’une seule phrase dans l’une des Épîtres d’Ignace (apr. J.-C. 180), qui se rapporte exclusivement à la réalité de la personnalité et des souffrances du Mashiah en opposition aux _Docetæ_, le document le plus ancien de ce genre se trouve dans les écrits d’Irénée, qui florissait vers la fin du second siècle de l’ère chrétienne. Dans son traité contre les hérésies, ce Père affirme que « la foi de l’Église plantée dans le monde entier » consistait dans la croyance en « un seul Elohîm, le Père Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre et de la mer, et de toutes choses qui sont en elles ; et un seul Mashiah Yéhoshoua (Christ Jésus), le Fils d’Elohîm, qui s’est incarné pour notre salut ; et un seul Saint-Esprit, qui a prédit, par les Prophètes, les dispensations et les avènements, et la génération par la vierge, et la passion, et la résurrection des morts, et l’ascension dans la chair au ciel, de Yéhoshoua Mashiah notre Seigneur bien-aimé, et son apparition du ciel dans la gloire du Père, pour réunir toutes choses sous une seule tête, et pour ressusciter chaque individu de la race humaine ; afin que, devant Mashiah Yéhoshoua, notre Seigneur et Dieu, Sauveur et Roi, tout genou fléchisse, et toute langue confesse ; afin qu’il prononce un juste jugement sur tous. » Dans diverses parties des écrits de Tertullien (apr. J.-C. 200) se rencontrent des énoncés analogues, qu’il est inutile de citer particulièrement. On remarquera seulement que, dans l’un d’eux, la conception miraculeuse du Mashiah par la puissance du Saint-Esprit est distinctement mentionnée ; que, dans un autre, il déclare qu’il a été la doctrine uniforme depuis le commencement de l’Évangile que le Mashiah naquit de la vierge, à la fois homme et Dieu, _ex eâ natum hominem et Deum_ ; et que, dans chacun d’eux, la foi au Père, au Fils, et au Saint-Esprit est reconnue comme essentielle au christianisme. Le passage suivant est cité afin d’en marquer la coïncidence avec le Symbole des Apôtres, auquel il nous faudra bientôt revenir : « Telle, dit-il, est la seule règle immobile et irréformable de la foi ; à savoir, croire en l’unique Elohîm Tout-Puissant, créateur du monde ; et en son Fils Yéhoshoua Mashiah, né de la vierge Marie, crucifié sous Ponce Pilate, ressuscité le troisième jour d’entre les morts, reçu dans les cieux, maintenant assis à la droite du Père, sur le point de venir juger les vivants et les morts, par la résurrection aussi de la chair. » Les résumés contenus dans les œuvres d’Origène (apr. J.-C. 520) ressemblent pour l’essentiel aux précédents ; toute différence s’expliquant aisément par les tenets des hérésies particulières auxquelles ils étaient dirigés. Dans son « Commentaire de l’Évangile selon saint Jean », il écrit ainsi : « Nous croyons qu’il y a un seul Elohîm, qui a créé toutes choses, et qui a fait exister toutes choses du néant. Nous devons aussi croire au Seigneur Yéhoshoua Mashiah, et en toute la vérité concernant sa Divinité et son humanité ; et nous devons pareillement croire au Saint-Esprit ; et que, étant des agents libres, nous serons punis pour les choses dans lesquelles nous pècherons, et récompensés pour celles dans lesquelles nous ferons le bien. » Selon Cyprien, la formule à laquelle on demandait assentiment aux adultes lors de leur baptême était en ces termes : « Crois-tu en Elohîm le Père, Mashiah le Fils, le Saint-Esprit, la rémission des péchés, et la vie éternelle, par l’Église sainte ? » Ceci fut appelé par lui _symboli lex_, « la loi du symbole » ; et par Novatien, _regula veritatis_, « la règle de la vérité. »

2. De ces sources et d’autres semblables, il semble que soient nées les différentes clauses de ce qu’on appelle communément le Symbole des Apôtres. Car, quoique l’on ait longtemps cru qu’il fut la composition des Apôtres, ses prétentions à une origine si inspirée sont maintenant universellement rejetées. De sa grande antiquité cependant il ne peut y avoir de doute ; la totalité de celui-ci, tel qu’il se trouve dans la liturgie anglaise, ayant été généralement reçue comme confession faisant autorité au quatrième siècle. Vers la fin de ce même siècle, Rufin écrivit un commentaire sur lui, encore existant, dans lequel il reconnaît que la clause relative à la descente du Mashiah aux enfers n’était pas admise dans les symboles ni de l’Église occidentale ni de l’Église orientale. Nous apprenons aussi que l’épithète _catholique_ n’était pas alors appliquée à l’Église dans ce symbole. Sa grande simplicité et sa concision prouvent en outre qu’il est antérieur de beaucoup au concile de Nicée, lorsque les spéculations hérétiques de divers sectes amenèrent les défenseurs de la foi orthodoxe à protéger les intérêts de la religion par des barrières plus compliquées et encombrantes.

Cette confession de foi fut alors principalement nommée _symbolum_ ; ce mot pouvant être compris dans l’acceptation générale de « signe », comme le signe caractéristique et représentatif de la foi chrétienne ; ou, dans un sens plus restreint, en référence au σύμϐολον στρατιωτικὸν, ou _tessera militaris_, le mot de reconnaissance du soldat chrétien, communiqué à chacun à son entrée au service du Mashiah (Christ). Peut-être ce terme ne désignait-il d’abord que la formule du baptême, et fut-il ensuite transféré à la confession de foi.

3. Dans le célèbre concile de Nicée (apr. J.-C. 325), dans lequel l’arianisme fut non seulement condamné mais proscrit, la confession établie comme norme universelle de vérité et d’orthodoxie se lit ainsi : « Je crois en un seul Elohîm, le Père Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre, et de toutes choses visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Yéhoshoua, le Fils unique engendré du Père, avant tous les siècles, Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non pas créé, participant d’une même substance que le Père ; par qui toutes choses ont été faites ; qui, pour nous les hommes, et pour notre salut, descendit du ciel, et s’incarna par le Saint-Esprit, de la vierge Marie ; et fut fait homme, fut crucifié pour nous sous Ponce Pilate. Il souffrit et fut enseveli ; et le troisième jour il ressuscita selon les Écritures, et monta au ciel, et est assis à la droite du Père ; et il reviendra avec gloire pour juger les vivants et les morts, et son règne n’aura point de fin. Et je crois au Saint-Esprit, qui parla par les Prophètes ; et en une Église catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour la rémission des péchés, et j’attends la résurrection des morts, et la vie du siècle à venir. »

Il serait sans fin de spécifier les nuances particulières qui distinguaient entre elles les confessions ariènnes (dont le nombre s’éleva à près de vingt en l’espace de très-peu d’années) : il suffit de dire que, tout en s’accordant en général dans la substance, surtout en rejetant le terme nicéen ὁμοούσιος appliqué au Fils, leurs variations d’expression concernant la nature de sa subordination au Père étaient si minutieuses qu’elles défiaient presque toute tentative, à cette distance de temps, de déterminer en quoi consistaient leurs différences réelles et essentielles.

4. « Le Livre d’Armagh », une très-ancienne collection de documents nationaux intéressants, publiée récemment par Sir William Betham dans la seconde partie de ses curieuses « Irish Antiquarian Researches », contient la Confession de saint Patrick ; lequel a été supposé, d’après plusieurs circonstances collatérales, avoir vécu quelques années avant saint Jérôme, ou vers le commencement du quatrième siècle. Les deux premiers paragraphes qui suivent en sont une reproduction, et seront admirés pour l’orthodoxie, la naïveté et l’expérience chrétienne qu’ils manifestent : — « Moi, PATRICK, un pécheur, le plus rustre, le plus petit, et le plus insignifiant des fidèles, eus pour père Calphurnius, un diaconus, qui était fils de Potitus, autrefois prêtre, fils d’Odissus, qui vivait dans le village de Banavem Taberniæ. Car il avait une petite ferme voisine, où j’ai été enlevé. J’avais alors presque seize ans ; mais je ne connaissais pas Elohîm, et j’ai été mené en captivité par les Irlandais, avec beaucoup de milliers d’hommes, comme nous le méritions, parce que nous nous étions détournés d’Elohîm, et n’avions pas gardé ses lois, et avions été désobéissants envers nos pasteurs qui nous admonestaient quant à notre salut : et le Seigneur fit descendre sur nous la colère de son Esprit, et nous dispersa parmi beaucoup de nations, jusque’aux extrémités de la terre, où ma bassesse fut manifeste parmi les étrangers, et où le Seigneur me révéla le sentiment de mon incroyance ; que tard je me souvins de mes transgressions, et que je me convertirais de tout cœur au Seigneur mon Elohîm, qui considéra mon humiliation, et eut pitié de ma jeunesse et de mon ignorance, même avant que je le connusse, et avant que je fusse sage, ou pusse distinguer entre le bien et le mal, et me fortifia, et me nourrit, comme un père nourrirait un fils. Dès ce temps je ne pus rester silencieux ; et, en vérité, il ne cessa de me combler de bienfaits ; et si grand fut la faveur qui me fut accordée dans la terre de ma captivité. Car telle est ma récompense, que, après ma réprimande, ma punition, et ma confession à Elohîm, je l’exalte, et confesse ses actes merveilleux devant toute nation qui est sous le ciel entier ; parce qu’il n’y a point d’autre Elohîm, ni jamais il n’y en eut avant, ni n’y en aura après lui, excepté Elohîm, le Père non engendré, sans commencement, possédant toutes choses, comme nous l’avons dit, et son Fils Yéhoshoua Mashiah, que nous attestons avoir toujours été avec le Père, avant la formation du monde, en esprit (ou spirituellement) avec le Père, ineffablement engendré avant tout commencement, par qui les choses visibles furent faites : il devint homme, ayant vaincu la mort, et fut reçu au ciel. Et Elohîm lui a donné tout pouvoir « au-dessus de tout nom, tant des habitants des cieux que de la terre et des puissances d’en bas, afin que toute langue confesse que Yéhoshoua Mashiah est Seigneur et Elohîm ; » que nous croyons, et dont nous attendons la venue, comme étant sur le point de paraître pour juger les vivants et les morts, qui rendra à chaque homme selon ses œuvres, et a répandu sur nous abondamment le don de son Saint-Esprit, et le gage de l’immortalité ; qui fait de nous, qui croyons et sommes obéissants, les enfants d’Elohîm et cohéritiers de Mashiah ; que nous croyons et adorons, un seul Elohîm dans la Trinité du nom sacré. Car il parla par le Prophète : « Invoque-moi au jour de la tribulation, et je te délivrerai, et tu me glorifieras. » Et encore il dit : « Il est agréable de révéler et de confesser les œuvres d’Elohîm. » »

5. Macedonius ayant nié non seulement la divinité mais la personnalité du Saint-Esprit, soutenant qu’il n’est qu’une énergie divine répandue dans l’univers, une énergie générale, un concile général fut convoqué à Constantinople (apr. J.-C. 381), afin d’écraser cette hérésie montante. La confession promulguée à cette occasion, et qui « donna la touche finale à ce que le concile de Nicée avait laissé imparfait, et fixa, d’une manière pleine et déterminée, la doctrine de la Trinité, telle qu’elle est encore reçue parmi la plupart des chrétiens », coïncide exactement avec la confession nicéenne, sauf dans l’article relatif à l’Esprit, qu’elle étend ainsi : « Et je crois au Saint-Esprit, le Seigneur et Donneur de vie, qui procède du Père et du Fils, qui, avec le Père et le Fils, est adoré et glorifié. »

6. Postérieurement à cela, et probablement vers le milieu du Ve siècle, le credo qui porte le nom d’Athanase paraît avoir été composé. Que ce ne soit pas l’œuvre de ce remarquable opposant de l’arianisme est établi par les preuves les plus satisfaisantes. Aucune trace de ce texte n’est à trouver dans aucun de ses écrits, quoique ceux-ci traitent principalement du même sujet dont il est une exposition ; et loin qu’on l’attribue à lui, pas la moindre mention n’en est faite par aucun de ses contemporains. Son langage, d’ailleurs, concernant l’Esprit est si semblable à celui du concile de Constantinople, mais encore plus précis et explicite, qu’il ne peut y avoir de doute qu’il ait été écrit postérieurement à cette assemblée. Or Athanase mourut en l’an 373. En conséquence, il a été, avec grande probabilité, attribué, particulièrement par le Dr. Waterland, à Hilaire, évêque d’Arles, que l’un de ses biographes dit avoir composé une Exposition du Credo : un titre qui convient sans doute mieux et caractérise davantage cet écrit que celui de Crédo simplement, sous lequel il est maintenant universellement connu. Les clauses damnant de ce credo ont souvent été l’objet de réprobation ; et quelques ecclésiastiques de l’Église d’Angleterre ont eu des scrupules à les lire comme prescrit par la Rubrique. Voici une apologie pour ces clauses, par le révérend vénérable archidiacre Dodwell, qui semble n’avoir éprouvé aucune des inquiétudes qui tourmentaient ses frères douteurs : — « La forme, autant que la substance, de ce credo, et même l’introduction à l’article principal, ont été objectées : ‘Quiconque veut être sauvé, avant toutes choses il est nécessaire qu’il conserve la foi catholique ;’ à quoi est ajouté, ‘Laquelle foi, si quelqu’un ne la garde entière et sans tache, sans aucun doute il périra éternellement.’ Ceci, avec une sentence condamnatoire semblable à la conclusion du credo, dans laquelle on nie la possibilité de salut à celui qui n’embrasse pas cordialement cette doctrine, est déclaré _déraisonnable_, _incapable de charité_, _inchrétien_, avec toutes les autres appellations aggravantes qui peuvent être employées. Mais le fond de cette accusation, et toute la difficulté soulevée par elle, selon la variété des circonstances de différentes personnes, dépend de l’interprétation de la phrase ‘être sauvé’. Le sens de ce terme dans sa signification première, et comme il est appliqué aux sujets communs dans le discours commun, signifie une préservation d’un péril menaçant, ou d’une punition menaçante. Mais, en sens évangélique, et comme il se trouve dans le Nouveau Testament, il inclut bien plus : il signifie tout l’ensemble chrétien de la rédemption et de la justification par le Fils d’Elohîm, avec toutes les magnifiques privilèges et promesses contenus dans cet ensemble. Il signifie non seulement l’espérance d’une délivrance du danger ou de la vengeance, mais un titre fédéral au bonheur positif, acheté par les mérites, et déclaré à l’humanité par l’Évangile du Mashiah Yéhoshoua notre Seigneur. Saint Paul l’appelle « _l’obtention du salut qui est en Mashiah (Christ) Jésus avec gloire éternelle_ », 2 Tim. ii, 10. ‘Quiconque’, donc, dit le credo, ‘voudra’ ainsi ‘être sauvé’, c’est-à-dire désireux de s’assurer les promesses glorieuses de l’Évangile, doit y pourvoir selon les conditions que cet Évangile propose, et particulièrement doit embrasser les doctrines qu’il révèle. Le credo parle de ceux seulement à qui la preuve de l’Évangile a été pleinement exposée, et de l’importance de celui-ci pleinement expliquée. Nous devons le justifier seulement envers des croyants professés, et parmi eux seulement. L’état et le sort du monde païen sont tout à fait hors de question. Ni le sens commun ni l’Écriture ne permettent que l’on l’interprète de ceux qui « _sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort_ », et qui n’ont jamais eu les moyens de grâce et l’espérance de la gloire proposées à eux. Même à l’égard de ceux à qui l’Évangile est prêché, il n’est pas nécessaire d’interpréter ici les mots dans le sens le plus dur et le plus strict. Il y a beaucoup de distinctions et de limitations qui sont toujours entendues et supposées dans de tels cas, quoique non énoncées expressément. Des règles générales sont posées comme telles, sont vraies comme telles ; tandis que les cas exceptés sont renvoyés au jugement de ceux qui sont qualifiés pour en juger, et ne sont pas particulièrement indiqués ; ainsi, pour d’autres raisons, afin qu’ils ne fussent pas étendus excessivement et ne rendaient nulle la règle générale. Une capacité suffisante chez les personnes auxquelles elle s’applique, et les moyens suffisants d’information et de conviction, sont toujours présupposés, lorsqu’on parle de la foi comme nécessaire. Lorsqu’il manque l’un ou l’autre, le cas est (là où il doit être) entre les mains d’Elohîm. Le credo est posé comme une règle de jugement pour les hommes, non pour leur Créateur. Nous pouvons en apprendre de quelle manière seulement nous pouvons maintenant réclamer un titre aux promesses, et, avec sa promesse pleine et gracieuse, dire que ‘_Elohîm est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés_.’ Le credo se rapporte uniquement à l’alliance du salut ; et toute expression qui, utilisée séparément sans cette vue et cette connexion, pourrait être supposée porter un sens plus fort et plus absolu, est cependant limitée par cette cohérence relative, et doit en être interprétée. ‘Périr éternellement’, dans d’autres discours, peut quelquefois être entendu de damnation éternelle ; mais ici cela signifie d’être pour jamais exclu du seul titre établi de miséricorde promise. Et ‘sans aucun doute’, celui qui n’embrasse pas les vérités proposées par la révélation, n’a pas titre à ces espérances que cette révélation, et elle seule, offre à l’humanité. Et même quand de telles expressions de terreur sont employées dans le sens le plus fort, et menacées à l’incrédulité ou à la désobéissance, elles impliquent universellement des exceptions telles que celles-ci : ‘Sauf que des incapacités personnelles diminuent la culpabilité, ou que la repentance intervienne pour prévenir le châtiment.’ En bref, aucune objection ne peut être faite contre cette affirmation du credo, qui ne vaudrait aussi puissamment contre cette déclaration de notre bienheureux Seigneur : ‘_Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera damné_’, Marc xvi, 15. En effet, cette sentence condamnatrice, sous cette forme par l’autorité humaine, est manifestement fondée sur et empruntée à cette autorité divine de l’Évangile ; et quelles que soient les distinctions et limitations permises dans ce cas, elles sont également applicables ici, et justifieront pleinement les deux. La nécessité d’une vraie foi chez tous ceux à qui la Providence a donné les moyens et les occasions d’apprendre, afin de leur donner un titre fédéral au salut éternel, étant ainsi établie sur la preuve scripturaire, le credo va ensuite très régulièrement déclarer quelle est cette vraie foi si indispensablement nécessaire. » Cela est peut-être tout ce qu’on peut dire en faveur de ces comminations ; mais peu en seront entièrement satisfaits. Leur effet a sans doute été d’engendrer chez beaucoup l’extrême opposé de la laxité sur la question des doctrines fondamentales.

Avant de quitter les formules anciennes de la doctrine chrétienne, il peut être déclaré qu’à la fois au concile d’Éphèse contre les nestoriens, tenu apr. J.-C. 431, et à celui de Chalcédoine contre les eutychéens, en 451 apr. J.-C., il fut solennellement déclaré et décrété que « le Mashiah était une personne divine unique, en qui deux natures, l’humaine et la divine, étaient unies de la manière la plus étroite, mais sans se mélanger ni se confondre. »

7. Au milieu des variances et oppositions de concile à concile, et de pape à pape (apr. J.-C. 1553), qui régnèrent pendant des siècles dans l’Église romaine, il ne serait pas aisé d’établir les véritables articles de sa confession. Les décrets du concile de Trente cependant, ainsi que le credo du pape Pie IV, sont maintenant communément entendus comme les normes faisant autorité de sa foi et de son culte. Ceux-ci, outre qu’ils reconnaissent l’autorité des symboles des Apôtres et de Nicée, embrassent une multitude de dogmes qu’il est inutile d’énumérer particulièrement, relatifs aux traditions, aux sacrements du baptême, de la confirmation, de l’eucharistie, de la pénitence, de l’extrême-onction, de l’ordre et du mariage, à la transsubstantiation, au sacrifice de la messe, à l’adoration des images, au purgatoire, aux indulgences, &c., &c.

8. L’Église grecque n’a pas de confession publique ou établie ; mais son credo, pour autant qu’on peut le recueillir de ses catéchismes autorisés, admet les doctrines des symboles nicéen et athanasien, à l’exception de l’article de chacun concernant la procession du Saint-Esprit, qu’elle affirme être « du Père seulement, et non du Père et du Fils. » Elle renie la suprématie et l’infaillibilité du pape, le purgatoire par le feu, les images taillées, et la restriction du sacrement à une seule espèce ; mais elle reconnaît les sept sacrements des catholiques, l’usage religieux des images, l’invocation des saints, la transsubstantiation, et les messes et prières pour les morts.

9. Bien que l’Église romaine se soit tôt approprié le titre exclusif de catholique, ou universelle ; et que, pendant de nombreux siècles, ses doctrines non bibliques aient pénétré la plus grande partie de l’Europe ; non-seulement il y eut toujours quelques individus qui adhérèrent aux doctrines du christianisme authentique, mais, longtemps avant la Réforme protestante, il semble avoir existé des congrégations entières qui soutenaient, avec une pureté considérable, la substance de la foi contenue dans l’Écriture. Telles furent les Églises des Vaudois dans les vallées du Piémont, dont la confession, d’une date aussi ancienne que le commencement du XIIe siècle, est encore conservée. Elle consiste en quatorze articles, dont voici une copie, tirée des manuscrits de Cambridge et datée de l’an 1120 apr. J.-C. : — « (1.) Nous croyons et tenons fermement tout ce qui est contenu dans les douze articles du symbole appelé le Symbole des Apôtres, jugeant hérésie tout ce qui diffère et n’est pas conforme auxdits douze articles. (2.) Nous croyons qu’il y a un seul Elohîm, Père, Fils, et Saint-Esprit. (3.) Nous reconnaissons pour les saintes Écritures canoniques les livres de la Sainte Bible. [Suit ici une liste des livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, exactement la même que celle que nous avons dans notre Version Autorisée King James. Puis suit une liste des “livres apocryphes, qui,” avec admirable simplicité disent-ils, “ne sont pas reçus des Hébreux. Mais nous les lisons, comme dit saint Jérôme dans sa Préface aux Proverbes, ‘pour l’instruction du peuple, non pour confirmer l’autorité de la doctrine de l’Église.’”] (4.) Les livres susdits enseignent que l’on croit en un seul Elohîm, tout-puissant, tout-sage, et tout-bon, qui a fait toutes choses par sa bonté ; car il forma Adam à son image et ressemblance, mais que par l’envie du diable, et la désobéissance dudit Adam, le péché est entré dans le monde, et que nous sommes pécheurs en Adam et par Adam. (5.) Que le Mashiah fut promis à nos pères qui reçurent la loi, afin que, connaissant par la loi leur péché, leur injustice, et leur insuffisance, ils désirassent la venue du Mashiah, pour satisfaire pour leurs péchés, et accomplir la loi par lui-même. (6.) Que le Mashiah naquit au temps que Elohîm avait destiné ; c’est-à-dire, au temps où l’iniquité abondait, et non pour la cause des œuvres bonnes, car tous étaient pécheurs ; mais afin qu’il nous montrât grâce et miséricorde, étant fidèle. (7.) Que le Mashiah est notre vie, vérité, paix, et justice ; aussi notre pasteur, avocat, sacrifice, et prêtre ; qui mourut pour le salut de tous ceux qui croient, et ressuscita pour notre justification. (8.) De même, nous tenons fermement qu’il n’y a pas d’autre Médiateur et Avocat auprès d’Elohîm le Père, si ce n’est Mashiah Yéhoshoua seul. Et quant à la vierge Marie, qu’elle fut sainte, humble, et comblée de grâce. Et de même croyons-nous à l’égard de tous les autres saints ; savoir, qu’étant au ciel, ils attendent la résurrection de leurs corps au jour du jugement. (9.) _Item_, Nous croyons qu’après cette vie il n’y a que deux lieux, l’un pour les sauvés, et l’autre pour les damnés ; ces deux lieux que nous appelons paradis et enfer, niant absolument le purgatoire inventé par l’antéchrist, et forgé contrairement à la vérité. (10.) _Item_, Nous avons toujours regardé comme une abomination indicible devant Elohîm toutes ces inventions des hommes ; à savoir, les fêtes et les veilles des saints, l’eau qu’ils appellent sainte : ainsi qu’aucune abstinence de chair à certains jours, et semblables choses ; mais surtout leurs messes. (11.) Nous estimons pour une abomination, et comme antichrétien, toutes ces inventions humaines qui sont un trouble ou un préjudice à la liberté de l’esprit. (12.) Nous croyons que les sacrements sont des signes de la chose sainte, ou des formes visibles de la grâce invisible ; jugeant bon que les fidèles emploient parfois lesdits signes ou formes visibles, si cela peut se faire. Cependant, nous croyons et tenons que lesdits fidèles peuvent être sauvés sans recevoir les signes susdits, dans le cas où ils n’auraient pas de lieu ni de moyens pour les employer. (13.) Nous ne connaissons d’autre sacrement que le baptême et la Cène du Seigneur. (14.) Nous devons honorer les pouvoirs séculiers par soumission, obéissance prête, et paiement des tributs. » Ces Églises eurent, en temps modernes, une autre confession imposée après qu’elles commencèrent à recevoir des pasteurs de Genève, laquelle est fortement teintée de calvinisme. Elle date de l’an 1655 apr. J.-C.

10. La première confession protestante fut celle présentée en 1530 au diète d’Augsbourg, par la suggestion et sous la direction de Jean, électeur de Saxe. Ce prince sage et prudent, ayant pour but d’exposer les principaux motifs pour lesquels les protestants s’étaient séparés de la communion romaine, confia à des théologiens de Wittemberg la rédaction d’un résumé de ceux-ci. Et la tâche n’était pas difficile ; car les doctrines réformées avaient déjà été digérées en dix-sept articles, qui avaient été proposés aux conférences de Sultzbach et de Smalcalde, comme confession de foi à adopter par les confédérés protestants. Ceux-ci furent donc remis à l’électeur par Luther, et servirent de base à la célèbre confession d’Augsbourg, écrite « par la plume élégante et exacte de Melanchthon » : œuvre admirée par beaucoup même de ses ennemis pour sa perspicacité, sa piété et son érudition. Elle contient vingt-huit chapitres, dont les sujets principaux sont la vraie et essentielle divinité du Mashiah ; sa substitution et son sacrifice vicaire ; le péché originel ; l’incapacité humaine ; la nécessité, la liberté, et l’efficacité de la grâce divine ; la consubstantiation ; et particulièrement la justification par la foi, dont l’établissement de la vérité et de l’importance fut l’un de ses objectifs principaux. Les sept derniers articles condamnent et confutent les tenets papistes de la communion en une seule espèce, le célibat clérical, les messes privées, la confession auriculaire, les traditions légendaires, les vœux monastiques, et le pouvoir exorbitant de l’Église. Cette confession est muette sur la doctrine de la prédestination. Elle constitue la norme universelle de la doctrine orthodoxe parmi ceux qui se disent luthériens, à laquelle aucune modification autoritaire n’a jamais été apportée.

11. La confession de Bâle, présentée à l’origine, comme la précédente, à la diète d’Augsbourg, mais non publiée avant 1534, ne consiste que de douze articles, qui, en tout point essentiel, s’accordent avec ceux de la confession d’Augsbourg, sauf qu’elle rejette la doctrine de la consubstantiation ; affirmant que le Mashiah est seulement présent spirituellement dans la Cène, _sacramentaliter nimirum, et per memoriam fidei_ ; [c’est-à-dire sacramentalement, et par la mémoire de la foi ;] et qu’elle affirme la doctrine de la prédestination et du baptême des enfants. Mais le credo plus détaillé de l’ensemble des Églises protestantes suisses est contenu dans les Confessions helvétiques, première et seconde. La première fut rédigée en 1536 par Bullinger, Myconius et Grynæus, au nom des Églises d’Helvetia, et présentée à une assemblée de théologiens à Wittemberg, par lesquels elle fut cordialement approuvée. Mais, étant jugée trop concise, une seconde fut préparée en 1556 par les pasteurs de Zurich ; qui fut souscrite non seulement par tous les protestants suisses, mais par les Églises de Genève et de Savoie, et par beaucoup de celles de Hongrie et de Pologne. Elles s’harmonisent pleinement entre elles, avec seulement cette différence que la doctrine de la prédestination, et une approbation de l’observance de certaines fêtes religieuses, telles que la Nativité, &c., se trouvent seulement dans la dernière confession.

12. La confession bohémienne fut compilée à partir de diverses anciennes confessions des Vaudois qui s’étaient établis en Bohême, et approuvée par Luther et Melanchthon en 1532 ; mais elle ne fut pas publiée avant 1535 ; quand elle fut présentée par les barons et autres nobles au roi Ferdinand. Elle s’étend à vingt articles, semblables à ceux de la confession vaudoise, avec l’ajout d’autres sur la divinité du Mashiah, la justification par la foi en lui « sans aucune aide ou mérite humain », la prédestination, et la nécessité absolue de la sanctification et des bonnes œuvres.

13. La confession des Églises saxonnes fut composée en 1551 par Melanchthon, à la demande des pasteurs de Saxe et de Misnie réunis en assemblée à Wittemberg, afin d’être présentée au concile de Trente. Elle est contenue en vingt-deux articles ; et, tout en mettant, comme celle d’Augsbourg, un grand silence sur la prédestination, elle attache autant d’importance à la doctrine de la justification par la foi ; et a un article séparé intitulé « Récompenses », dans lequel la doctrine du mérite humain, particulièrement en rapport avec la béatitude future, est condamnée et réfutée.

14. Quelque histoire de la formation de la Confession de foi anglaise a déjà été donnée sous l’article _Église d’Angleterre et d’Irlande_. Les « Articles de la Religion » y sont dits avoir été amendés et complétés en 1571 ; et le rév. Henry J. Todd, dans son travail fort habile sur ce sujet, a démontré leur origine et caractère mélanchthoniens par des extraits des « _Articles de la Religion_ », « publiés par la Convocation et autorisés par le roi », en 1536 ; — de ceux de 1540 ; — de la « Nécessaire Instruction de tout Chrétien » de Cranmer, publiée en 1543 ; — des _Homélies sur le Salut, la Foi, et les Bonnes Œuvres_, en 1547, lesquelles trois furent, selon le témoignage irréfutable de l’évêque Woolton (en 1576), composées par l’archevêque Cranmer ; — de la « Reformatio Legum Ecclesiasticarum », « composée sous la surveillance du même vigilant primat, en 1551 ; » — des « Articles de la Religion » formés en 1552, presque entièrement par Cranmer ; — du « Catechismus Brevis, Christianæ Disciplinæ Summam continens », en 1553, qui fut publié en anglais et en latin, et appelé communément le Catéchisme d’Édouard VI ; — et de la célèbre « Apologie de l’Église d’Angleterre » de l’évêque Jewel, publiée en 1562 par autorité de la reine, et ainsi reconnue comme une Confession de foi nationale, et comme telle imprimée dans le _Corpus Confessionum Fidei_. « Tels, » dit M. Todd, « sont les divers documents publics ou déclarations, produits ou faits avant l’établissement des Trente-neuf Articles de la Religion, d’où j’ai donné des extraits, auxquels les rédacteurs de ces Articles ont dirigé leur attention, dont l’esprit ils approuvaient, et dont les mots ils adoptent presque littéralement. On y trouvera aussi, antérieurement dans la chronologie, des extraits considérables de la Confession d’Augsbourg, l’article entier de la Confession saxonne, _De Remissione Peccatorum, et Justificatione_, [relatif à la rémission des péchés et à la justification], et de tels passages dans notre Liturgie que les Articles et Homélies exposent. » Nul qui ait parcouru ces documents n’aura besoin d’un argument supplémentaire pour le convaincre que, dans ses fondements mêmes, la Confession de foi anglaise était très-explicitement en faveur de la rédemption universelle. Nous ne pouvons donc être surpris de voir tous les anciens divins orthodoxes de l’Église d’Angleterre, de 1610 à 1660, refuser d’être appelés ARMINIENS ; car ils déclarèrent à plusieurs reprises que leur propre Église professait ouvertement des doctrines semblables à celles promulguées par le professeur hollandais, bien avant que son nom fût connu dans le monde. Dans cette assertion ils avaient parfaitement raison ; et par chaque fait important de notre histoire ecclésiastique, en rapport avec les matières doctrinales, leurs vues sont confirmées. Si les Articles étaient réellement d’une complexion calviniste, comme on les représente souvent aujourd’hui, qu’est-ce qui aurait pu induire Whitaker et d’autres érudits calvinistes à perdre tant de temps et de travail précieux à fabriquer les Articles de Lambeth en 1595 ? Ces dignes hommes avouèrent que les Trente-neuf Articles originaux n’étaient pas doctrinalement assez fermes pour leur dessein. — Quand quatre prélats choisis, dont deux professeurs de théologie à Cambridge, furent envoyés au synode de Dort comme députés de l’Église d’Angleterre, et un de l’Église d’Écosse, bien que leurs instructions politiques allassent jusqu’à aider à la condamnation et à l’oppression des Arminiens, eux considérés comme une faction gênante dans la république, ils eurent des instructions différentes quant à leurs doctrines. Sur le second article, discuté en ce synode, « l’étendue de la rédemption du Mashiah », Balcanqual, le député de l’Église d’Écosse, informa l’ambassadeur anglais à la Haye qu’une différence était née parmi les députés britanniques : « La question parmi nous est de savoir si les paroles de l’Écriture, qui sont aussi les paroles de notre confession, doivent être entendues de tous les hommes particuliers, ou seulement des élus qui consistent en toutes sortes d’hommes ? Le Dr Davenant et le Dr Ward sont de l’avis de Martinius de Brême, _qu’il faut l’entendre de tous les hommes particuliers_ : les trois autres [l’évêque Carleton, le Dr Goad, et le Dr Balcanqual] prennent l’autre exposition, qui est celle des écrivains des Églises réformées. » L’ambassadeur écrivit chez lui pour des instructions, et reçut l’ordre pour les députés britanniques « d’énoncer ces conclusions concernant la mort du Mashiah, et son application à nous, en termes aussi proches que possible de ceux employés dans l’Église primitive, par les Pères de ce temps, contre les Pélagiens et semi-pélagiens, et non dans quelque phrase nouvelle de l’âge moderne ; et que cela soit aussi conforme que possible aux confessions de l’Église d’Angleterre et des autres Églises réformées, et avec le moins de déplaisir et d’alarme possible pour les Églises luthériennes. » L’archevêque Abbott exprima son approbation de leur « prudente modération » à s’abstenir de presser en public des propositions rigoureuses et exclusives sur la doctrine de l’étendue de l’oblation de notre Sauveur Mashiah. L’histoire de cette affaire, qui ne peut être détaillée ici, montre que, si les trois députés étaient disposés à condamner les remontrants, la résistance des deux divins plus modérés fut approuvée par les autorités à la maison, et que leurs opinions sur ce sujet furent consignées en des thèses auxquelles aucun vrai calviniste n’aurait pu souscrire. Pendant nos troubles civils en 1643, l’Assemblée des Divins à Westminster révisa les quinze premiers des Trente-neuf Articles « dans le dessein », comme Neal l’avoue dans son « Histoire des Puritains », « de rendre leur sens plus explicite et déterminé en faveur du calvinisme. » Ils trouvèrent cela tâche vaine, car l’ancien credo était trop incorruptible pour être fléchi à leurs vues ; et ils trouvèrent beaucoup plus aisé d’en composer un de leur cœur, dont le lecteur trouvera quelque compte dans un paragraphe suivant. — Tous ces faits tendent à prouver que les calvinistes les mieux informés ont toujours considéré les articles anglais comme n’étant pas assez élevés en doctrine, sauf si, comme dans le cas du dix-septième, on leur permet de s’interpréter par des interpolations ou épithètes qualificatives.

15. La confession des Églises réformées gallicanes fut préparée par ordre d’un synode à Paris en 1559 ; et présentée à Charles IX en 1561 par le célèbre Théodore de Bèze, lors d’une conférence avec ce monarque à Poissy. Elle fut publiée pour la première fois en 1566, avec une préface du clergé français aux pasteurs de toutes les Églises protestantes ; et fut ensuite, en 1571, solennellement ratifiée et souscrite au synode national de La Rochelle. Elle s’étend à quarante articles ; mais ils sont en général concis, et embrassent les sujets ordinaires des autres confessions protestantes, y compris les doctrines de l’élection et de la justification par la foi seulement.

16. Les protestants d’Écosse, ayant présenté une pétition au parlement en 1560 demandant la condamnation publique du papisme et la reconnaissance légale de la doctrine et du culte réformés, furent requis de rédiger un résumé des doctrines qu’ils pouvaient prouver conformes aux Écritures, et qu’ils désiraient voir établies. Les ministres chargés de cette tâche, bien versés dans la matière, préparèrent le résumé demandé en quatre jours, et le soumirent au parlement, où, après avoir été lu d’abord devant les Lords of the Articles, puis deux fois (la seconde fois article par article) devant l’ensemble du parlement, il reçut leur sanction comme système établi de croyance et de culte. Il se compose de vingt-cinq articles, et coïncide avec toutes les autres confessions protestantes qui affirment la doctrine de l’élection et rejettent la consubstantiation ; car, quoique moins explicite que certaines d’entre elles quant au caractère inconditionnel de l’élection, une reconnaissance distincte de cette doctrine le parcourt ; et bien qu’il n’ait pas d’article séparé sur la justification, il reconnaît non moins clairement ce principe fondamental de la foi protestante.

17. Les principes d’Arminius ayant acquis une prévalence considérable en Hollande vers le commencement du dix-septième siècle, les calvinistes, ou gomaristes comme on les appelait alors, firent appel à un synode national, qui fut convoqué à Dort en 1618 par ordre des États-Généraux ; et auquel assistèrent des députés ecclésiastiques d’Angleterre, de Suisse, de Brême, de Hesse et du Palatinat, outre les représentants cléricaux et laïques des Églises réformées dans les Provinces-Unies. Les canons de ce synode, contenus en cinq chapitres, se rapportent à ce qu’on appelle communément les _cinq points_ ; savoir : l’élection particulière et inconditionnelle ; la rédemption particulière, ou la limitation des effets salutares de la mort du Mashiah aux seuls élus ; la corruption totale de la nature humaine, et l’incapacité morale totale de l’homme dans son état déchu ; l’irrésistibilité de la grâce divine ; et la persévérance finale des saints ; qui sont tous déclarés être les doctrines seules et véritables des Écritures.

18. Les Remonstrants, ainsi que l’on appelle généralement les Arminiens hollandais, ne présentèrent pas une confession de foi au synode de Dort, mais seulement leurs sentiments sur les cinq points énumérés au paragraphe précédent, avec des _rejets d’erreurs_ correspondants sous chacun de ces points. Toutefois, dans la première année de leur exil, ils se donnèrent diligemment à cette tâche, et produisirent bientôt une ample confession, principalement composée par le célèbre Episcopius. Dans la préface ils donnent des raisons copieuses de tenir un tel enregistrement de leurs opinions ; ce que Courcelles a ainsi exprimé plus sommairement : — « Ils ne la publiaient point dans le dessein d’en faire une règle de schisme, par laquelle ils se sépareraient d’hommes qui tenaient d’autres opinions ; ni dans le dessein de l’avoir estimée par ceux qui sont sous leur charge pastorale comme une règle secondaire de foi ; — ce qui aujourd’hui, chez beaucoup de personnes, est un abus des plus pernicieux de ce genre de confessions. Mais elle fut publiée uniquement dans l’intention de faire taire ceux qui calomnient en assurant que les Remonstrants nourrissent dans leurs entrailles des dogmes redoutables qu’ils n’osent divulguer. Car il n’y a point de cause pour douter, sous de telles circonstances et à cette fin, qu’il ne soit licite pour des hommes de publier une confession de leur foi, surtout comme saint Pierre nous admoneste d’‘être toujours prêts à répondre à quiconque nous demande raison de l’espérance qui est en nous, avec douceur et crainte.’ » Cette confession est d’un caractère plus pratique que toutes celles qui l’ont précédée : elle inculque, longuement, tous les devoirs les plus importants du christianisme, et, selon les mots de la préface, « oriente toutes choses vers la pratique de la piété chrétienne. Car nous croyons que la vraie divinité est purement pratique, et non ni simplement ni pour la plus grande ou principale partie speculative ; et par conséquent quelles que soient les choses qui y sont délivrées doivent y être rapportées seulement, — afin que l’on puisse être plus fortement et plus utilement inflâmé et encouragé à l’exécution diligente de son devoir, et à l’observance des commandements de Yéhoshoua Mashiah. » Dans l’adresse du traducteur anglais au lecteur en 1676, il est dit : « Quant à la valeur de ce livre, comme résumé de la religion chrétienne, si le jugement du docteur Jeremy Taylor a quelque crédit auprès de toi, il m’a été crû qu’il le préférerait comme l’un de ces deux ou trois qui, à côté de la Sainte Bible, il voudrait voir conservés de la supposée destruction totale des livres. » Éloge élevé de la bouche d’un si savant et pieux divin ! Mais, quoique son contenu fût principalement pratique, une expression en elle, relative à la convenance de tolérer dans une communauté chrétienne un homme qui niait l’engendrement éternel de Yéhoshoua, produisit une controverse en Hollande, ainsi que dans ce pays, où l’éminent évêque Bull se distingua notablement. Voir DORT et REMONSTRANTS.

19. La seule autre confession dont nous prendrons note est celle de l’Assemblée de Westminster, qui se réunit en 1643, et à laquelle cinq ministres et trois anciens, en qualité de commissaires de l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse, assistèrent, conformément aux engagements entre la convention des États d’Écosse et les deux chambres du Parlement d’Angleterre. Cette confession est contenue en trente-trois chapitres, et, en tout point de doctrine, s’accorde pleinement avec les sentiments du synode de Dort ; et sur quelques points va même au-delà de celui-ci, par exemple à l’égard d’une supposée élection des anges. Elle fut approuvée et adoptée par l’Assemblée générale en 1647 ; et deux ans après, ratifiée par acte du Parlement, comme « la confession publique et avouée de l’Église d’Écosse. » Par un acte du Parlement en 1690, elle fut de nouveau déclarée norme nationale de foi en Écosse ; et la souscription à celle-ci comme « la confession de sa foi » fut spécialement exigée de toute personne qui serait admise « ministre ou prédicateur au sein de cette Église. » La souscription y fut aussi prescrite par l’acte d’union de 1707, à tous les « professeurs, principaux, régents, maîtres, et autres portant office » dans l’une quelconque des universités écossaises.

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Source

Richard Watson, A Biblical and Theological Dictionary (1832), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.