Définition dans Watson

Baal

BAAL, BEL, or BELUS

dénomination signifiant lord, une divinité parmi plusieurs nations antiques : Cananéens, Phéniciens, Sidoniens, Carthaginois, Babyloniens, Chaldéens et Assyriens. Le terme Baal, qui est lui-même un appellatif, servit d’abord à désigner le vrai Dieu parmi ceux qui adhéraient à la vraie religion. Ainsi, les Phéniciens, originaires des Cananéens et ayant jadis, comme leurs semblables, la connaissance du vrai Dieu, l’auraient probablement appelé Baal, ou seigneur. Mais, comme d’autres nations, dégénérant graduellement en idolâtrie, ils appliquèrent cet intitulé à leurs idoles ; et il se produisit par là une variété de divinités appelées Baalim, ou Baal avec quelque épithète annexée, comme Baal Berith, Baal Gad, Baal Moloch, Baal Peor, Baal Zebub, etc. Quelques-uns ont supposé que les descendants de Cham adorèrent d’abord le soleil sous le titre de Baal, 2 Rois xxiii, 5, 11 ; et qu’ils l’attribuèrent ensuite au patriarche qui était la tête de leur lignée, faisant du soleil seulement l’emblème de son influence ou de sa puissance. Il est certain cependant que, lorsque la coutume se répandit de déifier et d’adorer ceux qui étaient en quelque manière distingués parmi les hommes, l’appellation de Baal ne fut pas restreinte au soleil, mais étendue à ces personnages éminents qui furent déifiés et devinrent objets de culte dans différentes nations. Les Phéniciens eurent plusieurs divinités de ce genre qui n’avaient pas pour objet de représenter le soleil. Il est probable que Baal, Belus ou Bel, grand dieu des Carthaginois et aussi des Sidoniens, Babyloniens et Assyriens, qui, d’après le témoignage des Écritures, paraît avoir été ravi d’offrandes humaines, était Moloch des Ammonites ; Kronos des Grecs, qui fut l’objet principal d’adoration en Italie, en Crète, à Chypre et à Rhodes, et dans tous les pays où on lui rendait des honneurs divins ; et Saturne des Latins. Avec le temps, beaucoup d’autres divinités, outre celles principales mentionnées, furent distinguées du titre de Baal parmi les Phéniciens, particulièrement celles de Tyr, et par suite chez les Carthaginois et autres nations. Tels furent Jupiter, Mars, Bacchus et Apollon, ou le soleil.

Les temples et autels de Baal étaient généralement placés sur des hauteurs : ils formaient des lieux clos par des murs, à l’intérieur desquels on entretenait un feu perpétuel ; et quelques-uns avaient des statues ou images, appelées dans l’Écriture Chamanim. Maundrell, dans son voyage d’Alep à Jérusalem, observa des restes de ces enclos en Syrie. Baal eut de nombreux prophètes et prêtres ; nous lisons ainsi qu’on en nourrit quatre cent cinquante seulement à la table d’Izabel ; et ils conduisaient le culte de cette divinité par des sacrifices, en dansant autour de son autel avec des gestes et exclamations violents, en se tailladant le corps avec des couteaux et lancettes, et en furibondant et prétendant prophétiser, comme s’ils étaient possédés d’une puissance invisible.

Il est remarquable que le nom Baal n’apparaisse guère en usage populaire à l’est de Babylone ; mais il fut général à l’ouest de Babylone et jusqu’à l’extrémité occidentale de l’Europe, y compris les îles Britanniques. Le culte de Bel, Belus, Belenus ou Belinus fut général dans les îles britanniques ; et certains de ses rites et observances se conservent encore parmi nous, malgré l’établissement du Christianisme depuis tant de siècles. Un bourg du Perthshire, en lisière des Highlands, s’appelle Tilliebeltane ou Tulliebeltane ; c’est-à-dire la hauteur, ou l’élévation du feu de Baal. Dans l’intervalle se trouve un temple druidique de huit pierres levées, où l’on suppose que le feu était allumé. À quelque distance un autre temple du même genre, mais plus petit ; et près de lui un puits encore très vénéré. Le matin de Beltane, les superstitieux vont boire à ce puits ; puis ils font une procession autour de lui neuf fois. Ensuite ils font de même autour du temple. Si profondément enracinée est cette superstition païenne dans beaucoup qui se croient de bons protestants qu’ils ne négligeraient pas ces rites, même quand Beltane tombe le jour du Sabbath.

En Irlande, Bel-tein se célèbre le 21 juin, au moment du solstice. Là, comme on allume des feux au sommet des collines, chaque membre de la famille doit passer à travers le feu ; on croit que cette cérémonie est nécessaire pour assurer la bonne fortune durant l’année suivante. Cela ressemble aux rites usités par les Romains dans la Palilia. Bel-tein s’observe aussi dans le Lancashire.

Au Pays de Galles, ce feu annuel s’allume en automne, le premier novembre ; ce qui, n’étant ni au solstice ni à l’équinoxe, mérite attention. On peut l’expliquer en supposant que le cours des âges en a ôté la date ancienne, et que l’observance est gardée au même jour, nominalement, quoique celui-ci soit maintenant éloigné de quelques semaines de sa position primitive. Quoi qu’il en soit, en North Wales particulièrement, ce feu est accompagné de nombreuses cérémonies, telles que courir à travers le feu et la fumée, chaque participant jetant une pierre dans le feu.

Les Hébreux imitèrent souvent l’idolâtrie des Cananéens en adorant Baal. Ils lui offrirent des sacrifices humains dans les bosquets, sur les hauteurs et sur les terrasses des maisons. Baal eut ses prêtres et prophètes consacrés à son service. Toutes sortes d’actes infâmes et impudiques furent accomplis lors des fêtes de Baal et d’Astarté. Voir Jér. xxxii, 35 ; 2 Rois xvii, 16 ; xxiii, 4, 5, 12 ; 1 Rois xviii, 22 ; 2 Rois x, 19 ; 1 Rois xiv, 24 ; xv, 12 ; 2 Rois xxiii, 7 ; Osée iv, 14. Cette divinité fausse est fréquemment mentionnée au pluriel, Baalim, ce qui peut indiquer que le nom Baal fut donné à plusieurs divinités différentes.

Il y eut de nombreuses villes en Palestine dont les noms étaient composés de Baal et d’un autre mot : que ce fût parce que le dieu Baal y était adoré, ou que ces lieux étaient considérés comme les villes principales — seigneurs — de leurs provinces, il n’est pas certain.

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Source

Richard Watson, A Biblical and Theological Dictionary (1832), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.