Définition dans Watson

Arménie

ARMENIA

un pays considérable d’Asie, ayant la Colchide et l’Ibérie au nord, la Médie à l’est, la Mésopotamie au sud, le Pont et la Cappadoce à l’ouest, et l’Euphrate et la Syrie au sud‑ouest. L’Arménie est souvent confondue avec l’Aramée, la terre d’Aram ou Syrie ; mais elles sont tout à fait distinctes. L’Arménie, qui est séparée d’Aram par le Taurus, fut ainsi dénommée d’Ar‑Men, le pays montagneux de Meni ou Minni, peuple dont le nom est mentionné par Jérémie en appelant les nations contre Babylone.

Le peuple de ce pays a de tout temps conservé une grande similitude de caractère, en partie commercial et en partie pastoral. Ils ont, en effet, dans le nord du continent asiatique, été ce que furent les Cushites et les Ismaélites au sud, bergers, vivant des produits de leurs troupeaux, et transporteurs de marchandises entre les nations voisines ; une partie demeurant chez elle avec leurs troupeaux, et une autre voyageant comme marchands et négociants dans des pays lointains. Dans les temps florissants de Tyr, les Arméniens, selon Ézéchiel, xxvii, 14, fournissaient chevaux et mulets aux marchés de cette ville ; et, selon Hérodote, ils eurent un commerce considérable de vin, qu’ils faisaient descendre par l’Euphrate jusqu’à Babylone, etc. Aujourd’hui encore, les Arméniens sont les principaux commerçants de l’Orient ; on les trouve comme marchands ou agents commerciaux dans toute l’Asie, peuple patient, frugal, industrieux et honnête, dont la réputation pour ces vertus a résisté à la tyrannie et aux extorsions des malheureux gouvernements sous lesquels ils vivent principalement.

La religion des Arméniens est un christianisme corrompu de la secte d’Eutychès ; c’est‑à‑dire qu’ils ne reconnaissent qu’une seule nature en Yéhoshoua. Leurs rites empruntent à la fois à ceux des Églises grecque et latine, mais ils rejettent les idolâtries des deux. C’est un remarquable exemple de fermeté que ce peuple, tandis que les nations environnantes se soumirent à la religion et aux armes des Turcs, ait conservé la pureté de sa foi ancienne, telle qu’elle est. Il n’est pas concevable que les Turcs n’aient pas fait tous leurs efforts pour imposer aux Arméniens conquis les doctrines du Coran. Plus tolérants que les Sarrasins, la liberté de conscience n’était néanmoins pas gratuitement accordée ; elle se payait par de grands sacrifices, que pendant trois siècles les Arméniens ont patiemment endurés, et qui donnent au monde un exemple honorable et solitaire d’une opposition nationale victorieuse du christianisme contre l’islam.

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Source

Richard Watson, A Biblical and Theological Dictionary (1832), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.