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Antiochus
ANTIOCHUS
Il y eut plusieurs rois de ce nom en Syrie, fort célèbres dans les histoires grecque, romaine et juive, depuis l’époque de Séleucus Nicanor, père d’Antiochus Soter, que l’on compte pour le premier roi de Syrie après Alexandre le Grand.
1. ANTIOCHUS SOTER était le fils de Séleucus Nicanor, et obtint le surnom de Soter, ou Sauveur, parce qu’il empêcha l’invasion de l’Asie par les Gaulois. Quelques-uns pensent que ce fut à l’occasion suivante : les Gaulois étant allés attaquer les Juifs à Babylone, dont l’armée ne consistait que de huit mille hommes, renforcés par quatre mille Macédoniens, les Juifs se défendirent avec tant de bravoure qu’ils tuèrent cent vingt mille hommes, 2 Mac. viii, 20. C’est peut‑être encore à cette occasion qu’Antiochus Soter affranchit les Juifs d’Asie des cités appartenant aux Gentils, et leur permit de vivre selon leurs propres lois.
2. ANTIOCHUS THEOS, ou le Dieu, fut le fils et le successeur d’Antiochus Soter. Il épousa Bérénice, fille de Ptolémée Philadelphe, roi d’Égypte. Laodicé, sa première femme, se voyant méprisée, empoisonna Antiochus, Bérénice et leur fils, destiné à lui succéder sur le trône. Après cela, Laodicé fit reconnaître Séleucus Callinicus, son fils d’Antiochus, pour roi de Syrie. Ces événements furent annoncés par Daniel : « Et à la fin des années, » le roi d’Égypte, ou du midi, et le roi de Syrie, ou du septentrion, « s’uniront ; car la fille du roi du midi viendra auprès du roi du septentrion pour faire alliance : mais elle ne conservera pas la puissance de la main ; et il ne tiendra point, ni sa main ; mais elle sera livrée, et ceux qui l’avaient amenée, et celui qui l’engendra, et celui qui l’affermit en ces temps, » Dan. xi, 6.
3. ANTIOCHUS LE GRAND était le fils de Séleucus Callinicus, et frère de Séleucus Céraunus, auquel il succéda l’an du monde 3781, et 223 av. J.-C. Il fit la guerre à Ptolémée Philopator, roi d’Égypte, mais fut battu près de Raphia, 3 Mac. i. Treize ans après, Ptolémée Philopator étant mort, Antiochus résolut de devenir maître de l’Égypte. Il saisit immédiatement la Cœlosyrie, la Phénicie et la Judée ; mais Scopas, général de l’armée égyptienne, entra en Judée tandis qu’Antiochus était occupé par la guerre contre Attale, et reprit ces places. Cependant il les perdit bientôt de nouveau au profit d’Antiochus. C’est à cette occasion qu’arrive ce que rapporte Josèphe du voyage de ce prince à Jérusalem. Après une victoire qu’il eut obtenue sur Scopas, près des sources du Jourdain, il devint maître des places fortes de la Cœlosyrie et de la Samarie ; et les Juifs se soumirent librement à lui, le reçurent dans leur ville et pourvoyèrent abondamment aux vivres de son armée. En récompense de leur fidélité, Antiochus leur accorda, selon Josèphe, vingt mille pièces d’argent pour acheter des bêtes pour le sacrifice, mille quatre cent soixante mesures de farine, et trois cent soixante quinze mesures de sel à offrir avec les sacrifices, et du bois pour rebâtir les portiques de la maison du Seigneur. Il exempta les sénateurs, les scribes et les chantres du temple de la capitation ; et il permit aux Juifs de vivre selon leurs propres lois dans toutes les parties de ses dominations. Il remit aussi le tiers de leur tribut, pour les indemniser de leurs pertes pendant la guerre ; il défendit aux païens d’entrer dans le temple sans être purifiés, et d’apporter en ville la chair des mulets, des ânes et des chevaux pour la vendre, sous peine sévère.
L’an du monde 3815, Antiochus fut vaincu par les Romains, et obligé de céder toutes ses possessions au delà du mont Taurus, de livrer vingt otages, parmi lesquels se trouvait son propre fils Antiochus, appelé depuis Épiphanès, et de payer un tribut de douze mille talents eubéens, chaque talent pesant quatorze livres romaines. Pour faire face à ces charges, il résolut de saisir les trésors du temple de Bélus, à Élymaïs ; mais les habitants de ce pays, informés de son dessein, le surprirent et le détruisirent, avec toute son armée, l’an du monde 3817, et 187 av. J.-C. Il laissa deux fils, Séleucus Philopator et Antiochus Épiphanès, qui lui succédèrent.
4. ANTIOCHUS ÉPIPHANÈS, fils d’Antiochus le Grand, ayant été otage à Rome pendant quatorze ans, son frère Séleucus résolut de procurer son retour en Syrie, et envoya son propre fils Démétrius à Rome à la place d’Antiochus. Pendant qu’Antiochus faisait route pour la Syrie, Séleucus mourut, l’an du monde 3829. Quand donc Antiochus débarqua, le peuple le reçut comme une divinité propice venue assumer le gouvernement et s’opposer aux entreprises de Ptolémée, roi d’Égypte, qui menaçait d’envahir la Syrie. C’est pour cette raison qu’Antiochus obtint le surnom d’Épiphanès, l’illustre, ou d’un homme apparaissant comme un dieu.
Antiochus tourna promptement son attention vers la possession de l’Égypte, qui était alors tenue par Ptolémée Philométor, son neveu, fils de sa sœur Cléopâtre, que l’Antiochus le Grand avait mariée à Ptolémée Épiphanès, roi d’Égypte. Il envoya Apollonius, un de ses officiers, en Égypte, apparemment pour honorer la cérémonie du couronnement de Ptolémée, mais en réalité pour obtenir des renseignements pour savoir si les grands du royaume étaient disposés à placer le gouvernement de l’Égypte entre ses mains durant la minorité du roi son neveu, 2 Mac. iv, 21, etc. Apollonius, cependant, ne les trouva pas disposés à favoriser son maître ; et cela força Antiochus à faire la guerre contre Philométor. Il vint à Jérusalem en 3831, et y fut reçu par Jason, à qui il avait vendu le grand-prêtre. Il conçut l’intention d’attaquer l’Égypte, mais s’en retourna sans rien effectuer. L’ambition de ces Juifs qui cherchaient ou achetaient le grand-prêtrise fut le commencement des calamités qui accablèrent leur nation sous ce prince. Jason se fit constituer dans cette dignité au lieu d’Onias III ; mais Ménélée offrant un prix plus élevé, Jason fut privé de sa charge, et Ménélée fut nommé à sa place. Ces usurpateurs de la dignité sacrée, pour faire plaisir aux Syriens, adoptèrent les mœurs des Grecs, leurs jeux et exercices, et négligèrent le culte du Seigneur et le service du temple.
La guerre éclata entre Antiochus Épiphanès et Ptolémée Philométor. Antiochus entra en Égypte l’an du monde 3833, et réduisit presque toute l’Égypte à son obéissance, 2 Mac. v, 3–5. L’année suivante il rentra ; et tandis qu’il était engagé dans le siège d’Alexandrie, un faux bruit de sa mort se répandit. Les habitants de Jérusalem, témoignant leur joie à cette nouvelle, Antiochus, revenant d’Égypte, entra par force dans cette ville, traita les Juifs en rebelles, et ordonna à ses troupes de tuer tous ceux qu’elles rencontreraient. Quatre‑vingts mille furent tués, faits prisonniers ou vendus en cette occasion. Antiochus, conduit par le grand-prêtre corrompu Ménélée, entra dans le saint des saints, d’où il prit et emporta les vases les plus précieux de ce lieu saint, pour une valeur de mille huit cents talents. L’an 3835, Antiochus fit une troisième expédition contre l’Égypte, qu’il soumit entièrement. L’année suivante, il envoya Apollonius en Judée, avec une armée de vingt-deux mille hommes, et lui commanda de tuer tous les Juifs ayant atteint l’âge viril, et de vendre les femmes et les jeunes gens, 2 Mac. v, 24, 25. Ces ordres furent exécutés avec trop de ponctualité. C’est à cette occasion que Judas Maccabée se retira dans le désert avec son père et ses frères, 2 Mac. v, 29. Ces malheurs n’étaient que des préludes de ce qu’ils devaient souffrir ; car Antiochus, craignant que les Juifs ne lui obéissent durablement, à moins qu’il ne les eût contraints à changer de religion et à adopter celle des Grecs, émit un édit les enjoignant de se conformer aux lois des autres nations, et défendant leurs sacrifices habituels au temple, leurs fêtes et leur sabbat. La statue de Jupiter Olympien fut placée sur l’autel du temple, et ainsi l’abomination de la désolation fut vue dans le temple d’Elohîm. Beaucoup de Juifs corrompus se conformèrent à ces ordres ; mais d’autres y résistèrent. Mattathias et ses fils se retirèrent dans les montagnes. Le vieux Éléazar et les sept frères souffrirent la mort avec un grand courage à Antioche, 2 Mac. vii. Mattathias étant mort, Judas Maccabée prit la tête des Juifs qui restaient fidèles, et s’opposa avec succès aux généraux que le roi Antiochus envoya en Judée. Informé de la valeur et de la résistance de Judas, le roi envoya de nouvelles forces ; et, trouvant ses trésors épuisés, il résolut d’aller en Perse lever des tributs, et de réunir de grandes sommes qu’il avait convenu de payer aux Romains, 1 Mac. iii, 5–31 ; 2 Mac. ix, 1, etc. Sachant que des richesses fort considérables étaient renfermées dans le temple d’Élymaïs, il détermina de l’emporter ; mais les habitants du pays opposèrent une résistance si vigoureuse qu’il fut forcé de se retirer vers la Babylonie. Arrivé à Écbatane, on l’informa de la défaite de Nicanor et de Timothée, et que Judas Maccabée avait repris le temple de Jérusalem et rétabli le culte du Seigneur et les sacrifices ordinaires. En recevant cette nouvelle, le roi fut saisi d’indignation ; et, menaçant de faire de Jérusalem une fosse pour les Juifs, commanda au conducteur de son char d’exciter davantage les chevaux et d’accélérer sa marche. Cependant la vengeance divine l’atteignit bientôt : il tomba de son char et se bruisa tous les membres. Il fut aussi tourmenté de douleurs intestinales qui ne lui laissaient aucun repos ; et sa maladie fut aggravée par le chagrin et la vexation. Dans cet état il écrivit aux Juifs avec beaucoup d’humilité, leur fit diverses promesses, et s’engagea même à se faire Juif si Dieu le rétablissait en santé. Il recommanda instamment son fils Antiochus, qui devait lui succéder, et les exhorta à favoriser le jeune prince et à continuer fidèles envers lui. Il mourut, accablé de douleurs et de chagrin, dans les montagnes de Paratacène, dans la petite ville de Tabes, l’an du monde 3840, et 164 av. J.-C.
5. ANTIOCHUS EUPATOR, fils d’Antiochus Épiphanès, n’avait que neuf ans lorsque son père mourut et lui laissa le royaume de Syrie. Lysias, qui gouvernait le royaume au nom du jeune prince, mena contre la Judée une armée de cent mille fantassins, vingt mille cavaliers et trente éléphants, 1 Mac. vi ; 2 Mac. xiii. Il assiégea et prit la forteresse de Béthsur, et de là marcha contre Jérusalem. La ville était près de tomber en son pouvoir lorsque Lysias reçut la nouvelle que Philippe, que Antiochus Épiphanès avait chargé de la régence du royaume, était venu à Antioche prendre le gouvernement, conformément aux dispositions du roi défunt. Il proposa donc une accommodation avec les Juifs, afin de pouvoir retourner promptement à Antioche et s’opposer à Philippe. Après avoir conclu la paix, il rentra immédiatement en Syrie, avec le jeune roi et son armée.
Pendant ce temps, Démétrius Soter, fils de Séleucus Philopator et neveu d’Antiochus Épiphanès, à qui par droit appartenait le royaume, s’étant échappé de Rome, arriva en Syrie. Trouvant le peuple disposé à la révolte, Démétrius prit la tête d’une armée et marcha directement sur Antioche contre Antiochus et Lysias. Cependant les habitants ne l’attendirent pas pour le siège ; ils ouvrirent les portes et livrèrent à Démétrius Lysias et le jeune roi Antiochus Eupator, que Démétrius fit mettre à mort, sans souffrir qu’ils parussent devant lui. Antiochus Eupator régna seulement deux ans, et mourut l’an du monde 3842, et 162 av. J.-C.
6. ANTIOCHUS THEOS, ou le Divin, fils d’Alexandre Balas, roi de Syrie, fut élevé par le prince arabe Elmachuel, ou, comme on l’appelle en grec, Simalcue, 1 Mac. xi, 39, 40, etc. Démétrius Nicanor, roi de Syrie, s’étant rendu odieux à ses troupes, un Diodote, autrement appelé Tryphon, s’en alla trouver Zabdiel, un roi d’Arabie, et le pria de lui confier le jeune Antiochus, qu’il promit de placer sur le trône de Syrie, alors possédé par Démétrius Nicanor. Après quelque hésitation, Zabdiel consentit ; et Tryphon porta Antiochus en Syrie et lui mit la couronne sur la tête. Les troupes congédiées par Démétrius vinrent rejoindre Tryphon, qui, ayant formé une armée puissante, battit Démétrius et le força à se retirer à Séleucie. Tryphon saisit ses éléphants et se rendit maître d’Antioche, l’an du monde 3859, et 145 av. J.-C. Antiochus Theos, pour se fortifier dans sa nouvelle acquisition, envoya des lettres à Jonathan Maccabée, grand-prêtre et prince des Juifs, le confirmant dans la grand-prêtrise, et lui concédant quatre toparchies, ou quatre places considérables en Judée. Il admit aussi Jonathan parmi ses amis, lui envoya des vases d’or, lui permit d’employer une coupe d’or, de porter la pourpre et une boucle d’or ; et il donna à son frère Simon Maccabée le commandement de toutes ses troupes sur la côte de la Méditerranée, depuis Tyr jusqu’en Égypte. Jonathan, lié par tant de faveurs, déclara résolument pour Antiochus, ou plutôt pour Tryphon, qui régnait sous le nom de ce jeune prince ; et il attaqua à plusieurs reprises les généraux de Démétrius, qui possédait encore beaucoup de places au delà du Jourdain et en Galilée, 1 Mac. xi, 63, etc. Tryphon, voyant le jeune Antiochus paisiblement en possession du royaume de Syrie, résolut d’usurper sa couronne. Il jugea nécessaire, en premier lieu, d’assurer Jonathan Maccabée, qui était un des soutiens les plus puissants du trône d’Antiochus. Il vint donc avec des troupes en Judée, invita Jonathan à Ptolemaïs, et là, sous de frivoles prétextes, le fit prisonnier. Cependant Simon, frère de Jonathan, prit la tête des troupes de Judée et s’opposa à Tryphon, qui voulait prendre Jérusalem. Tryphon, déçu, fit mourir Jonathan à Bassa ou Bascama, puis retourna en Syrie où, sans délai, il exécuta son dessein de tuer Antiochus. Il corrompit les médecins royaux qui, ayant publié qu’Antiochus souffrait de la pierre, le tuèrent en le coupant sans nécessité. Ainsi Tryphon resta maître de la Syrie, l’an du monde 3861, et 143 av. J.-C.
7. ANTIOCHUS SIDETES, ou Soter le Sauveur, ou Eusebes le pieux, était fils de Démétrius Soter et frère de Démétrius Nicanor. Tryphon, usurpateur du royaume de Syrie, s’étant rendu odieux à ses troupes, celles‑ci l’abandonnèrent et offrirent leurs services à Cléopâtre, épouse de Démétrius Nicanor. Elle vivait dans la ville de Séleucie, enfermée avec ses enfants, tandis que son mari Démétrius était prisonnier en Perse, où il avait épousé Rodégouna, fille d’Arsace roi de Perse. Cléopâtre écrivit donc à Antiochus Sidetes, son beau-frère, et lui offrit la couronne de Syrie s’il voulait l’épouser ; Antiochus y consentit. Ce prince se trouvait alors à Cnide, où son père Démétrius Soter l’avait placé chez un de ses amis. Il vint en Syrie, et écrivit à Simon Maccabée pour l’engager contre Tryphon, 1 Mac. xv, 1–3, etc. Il confirma les privilèges que les rois de Syrie avaient accordés à Simon, lui permit de frapper monnaie à son effigie, déclara Jérusalem et le temple exempts de la juridiction royale, et promit d’autres faveurs aussitôt qu’il aurait obtenu paisiblement la possession du royaume de ses ancêtres. Antiochus Sidetes, ayant épousé sa belle‑sœur Cléopâtre, l’an du monde 3865, les troupes de Tryphon affluèrent en foule vers lui. Tryphon, ainsi abandonné, se retira à Dora, en Phénicie, où Antiochus le poursuivit avec une armée de 120 000 fantassins, 800 cavaliers et une puissante flotte. Simon Maccabée envoya à Antiochus deux mille hommes choisis ; mais ce dernier les refusa et révoqua toutes ses promesses. Il envoya aussi Athénobius à Jérusalem pour obliger Simon à lui rendre Gazara et Joppé, avec la citadelle de Jérusalem ; et pour lui demander cinq cents talents de plus, en réparation des blessures que le roi avait reçues, et comme tribut pour ses propres cités. En même temps il menaça de faire la guerre s’il n’obtenait pas satisfaction. Simon montra à Athénobius tout l’éclat de sa richesse et de sa puissance, lui dit qu’il ne possédait aucun lieu qui appartînt à Antiochus, et déclara que les villes de Gazara et Joppé avaient grandement nui à son peuple, et qu’il en céderait la propriété au roi pour cent talents. Athénobius retourna avec grande indignation auprès d’Antiochus, qui fut extrêmement offensé de la réponse de Simon. Entre-temps, Tryphon ayant secrètement échappé de Dora, s’embarqua et prit la fuite. Antiochus le poursuivit, envoya Cendebeus avec des troupes dans les parties maritimes de la Palestine, et lui commanda de rebâtir Cédron et de combattre les Juifs. Jean Hyrcan, fils de Simon Maccabée, était alors à Gaza et avertit son père de la venue de Cendebeus. Simon fournit à ses fils, Jean Hyrcan et Judas, des troupes et les envoya contre Cendebeus, qu’ils mirent en fuite dans la plaine et poursuivirent jusqu’à Azotus.
Antiochus suivit Tryphon jusqu’à le forcer à se tuer en l’an du monde 3869. Après cela, Antiochus ne songea qu’à ramener sous son obéissance les cités qui, au commencement du règne de son père, s’étaient affranchies. Simon Maccabée, prince et grand-prêtre des Juifs, ayant été perfidement assassiné par Ptolémée, son gendre, dans le château de Docus, près de Jéricho, l’assassin envoya aussitôt à Antiochus Sidetes demander des troupes pour reprendre pour lui le pays et les cités des Juifs. Antiochus vint en personne avec une armée et assiégea Jérusalem, défendue vaillamment par Jean Hyrcan. Le siège fut long ; et le roi divisa son armée en sept corps et garda toutes les issues de la ville. C’était le temps de la fête des tabernacles ; les Juifs demandèrent au roi une trêve de sept jours. Le roi non seulement accorda cette demande, mais leur envoya des taureaux aux cornes dorées, et des vases d’or et d’argent remplis d’encens pour être offerts dans le temple. Il ordonna aussi que les vivres dont les soldats juifs avaient besoin leur fussent fournis. Cette courtoisie du roi gagna tant le cœur des Juifs qu’ils envoyèrent des ambassadeurs pour traiter de la paix et demander à vivre selon leurs propres lois. Antiochus exigea qu’ils déposassent leurs armes, qu’ils démolissent les murs de la ville, qu’ils payassent tribut pour Joppé et les autres villes qu’ils possédaient hors de la Judée, et qu’ils recevissent une garnison dans Jérusalem. À ces conditions, excepté la dernière, les Juifs consentirent ; car ils ne voulurent pas voir une armée étrangère dans leur capitale, et préférèrent donner des otages et cinq cents talents d’argent. Le roi entra dans la ville, fit tomber la palissade au‑dessus des murs, et retourna en Syrie, l’an du monde 3870, et 134 av. J.-C. Trois ans après, Antiochus marcha contre les Perses, ou Parthes, et demanda la liberté de son frère Démétrius Nicanor, qui avait été fait prisonnier depuis longtemps par Arsace et retenu afin d’être employé à exciter la guerre contre Antiochus. Antiochus jugea donc cette guerre propre à prévenir. Avec une armée de quatre‑vingt mille hommes, ou, comme dit Orose, de cent mille, il marcha vers la Perse, et dès son apparition aux frontières de ce pays plusieurs princes orientaux, détestant l’orgueil et l’avarice des Perses, vinrent se rendre. Antiochus vainquit ses ennemis en trois rencontres et prit Babylone. Jean Hyrcan, grand-prêtre des Juifs, l’accompagna dans ces expéditions ; on suppose qu’il obtint le surnom d’Hyrcan d’un acte de bravoure qu’il exécuta.
Comme l’armée d’Antiochus était trop nombreuse pour demeurer rassemblée en un même lieu, il fut obligé de la diviser et de la mettre en quartiers d’hiver. Ces troupes se conduisirent avec tant d’insolence qu’elles aliénèrent l’esprit de tous. Les cités où elles se trouvaient se rendirent en secret aux Perses ; et toutes résolurent d’attaquer, en un seul jour, les garnisons qu’elles contenaient, afin que les troupes séparées ne pussent s’entraider. Antiochus, à Babylone, eut connaissance de ce dessein et, avec les quelques soldats qui l’entouraient, chercha à secourir son monde. Il fut attaqué en chemin par Phraate, roi de Perse, qu’il combattit avec grand courage ; mais enfin abandonné de ses propres forces, selon la plupart des historiens, il fut accablé et tué par les Perses ou Parthes. Appien toutefois dit qu’il se donna la mort, et Élien qu’il se précipita du haut d’un précipice. Cet événement eut lieu l’an du monde 3874, et 130 av. J.-C. Après la mort de Sidètes, Démétrius Nicanor, ou Nicétor, remonta sur le trône de Syrie.
