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Agrippa

AGRIPPA

surnommé Hérode, fils d’Aristobule et de Mariamne, et petit-fils d’Hérode le Grand, naquit A. M. 3997, trois ans avant la naissance de Yéhoshoua (Jésus), et sept ans avant l’ère vulgaire. Après la mort de son père Aristobule, Josephus nous apprend que Hérode, son grand-père, prit soin de son éducation, et l’envoya à Rome pour faire sa cour à Tibère. Agrippa, ayant une grande inclination pour Caius, fils de Germanicus, et petit-fils d’Antonia, choisit de s’attacher à ce prince, comme s’il eût eu quelque vue prophétique de l’élévation future de Caius, qui alors était aimé de tout le monde. La grande assiduité et la conduite agréable d’Agrippa gagnèrent tellement ce prince, qu’il ne put vivre sans lui. Agrippa, étant un jour en conversation avec Caius, fut entendu par un certain Eutychus, esclave que Agrippa avait affranchi, dire qu’il serait satisfait de voir le vieil empereur prendre congé de ce monde et laisser Caius maître de celui-ci, sans rencontrer d’obstacle de la part du petit-fils de l’empereur, Tibère Néron. Eutychus, quelque temps après, estimant avoir sujet d’être mécontent d’Agrippa, communiqua la conversation à l’empereur ; sur quoi Agrippa fut chargé de fers, et remis à la garde d’un officier. Peu après, Tibère mourant, et Caius Caligula lui succédant, le nouvel empereur accabla Agrippa de nombreux bienfaits et de grandes richesses, changea ses fers de fer en une chaîne d’or, posa sur sa tête un diadème royal, et lui donna la tétrarchie que Philippe, fils d’Hérode le Grand, avait possédée, c’est‑à‑dire la Batanée et la Trachonitide. Il y ajouta celle de Lysanias ; et Agrippa revint promptement en Judée pour prendre possession de son nouveau royaume. L’empereur Caius, désirant être adoré comme un dieu, ordonna que sa statue fût érigée dans le temple de Jérusalem. Mais les Juifs s’opposèrent à ce dessein avec tant de résolution que Pétronius fut forcé de suspendre ses opérations en cette matière, et d’exposer, dans une lettre à l’empereur, la résistance qu’il avait rencontrée de la part des Juifs. Agrippa, qui alors se trouvait à Rome, arrivant auprès de l’empereur au moment où il lisait la lettre, Caius lui dit que les Juifs étaient le seul peuple de toute la terre qui refusât de le reconnaître pour une divinité ; et qu’ils avaient pris les armes pour s’opposer à sa résolution. À ces paroles Agrippa s’évanouit, et, transporté chez lui, demeura dans cet état longtemps. Dès qu’il fut un peu repris, il écrivit une longue lettre à Caius, par laquelle il s’efforça de l’adoucir ; et ses raisons firent une telle impression dans l’esprit de l’empereur, que celui‑ci renonça, en apparence, au dessein qu’il avait formé d’ériger sa statue dans le temple. Caius étant tué au commencement de l’année suivante, apr. J.-C. 41, Agrippa, qui se trouvait alors à Rome, contribua beaucoup par ses avis à maintenir Claude dans la possession de la dignité impériale, à laquelle il avait été élevé par l’armée. L’empereur, en reconnaissance de ses services, lui donna toute la Judée, et le royaume de Chalcis, qui avait été possédé par Hérode son frère. Ainsi Agrippa devint subitement l’un des plus grands princes de l’Orient, et fut possesseur d’autant, sinon de plus de territoire, que n’en avait détenu Hérode le Grand, son grand‑père. Il retourna en Judée et la gouverna à la grande satisfaction des Juifs. Mais le désir de les plaire, et un zèle mal dirigé pour leur religion, le portèrent à faire mourir l’apôtre Jacques, et à jeter Pierre en prison dans la même intention ; et, sans une interposition miraculeuse qui, toutefois, n’exerça aucun effet sur l’esprit du tyran, ses mains eussent été imbibées du sang de deux Apôtres, dont la mémoire est conservée dans l’Écriture. À Césarée, il fit donner des jeux en l’honneur de Claude. Là les habitants de Tyr et de Sidon vinrent le trouver pour demander la paix. Agrippa étant entré de bonne heure le matin dans le théâtre, afin de les recevoir, s’assit sur son trône, vêtu d’un manteau de tissu d’argent, travaillé des plus admirables façons. Le soleil levant y jeta ses rayons d’or, et lui donna un éclat qui éblouit les yeux des spectateurs ; et lorsque le roi commença son discours aux Tyriens et aux Sidoniens, les flatteries qui l’entouraient commencèrent à dire que c’était «la voix d’un dieu et non d’un homme». Au lieu de repousser ces impies louanges, Agrippa les accueillit avec une physionomie de complaisance ; et l’ange du Seigneur le frappa parce qu’il ne rendait pas à Elohîm la gloire. Transporté donc chez lui au palais, il mourut, au bout de cinq jours, torturé par des douleurs intolérables à l’abdomen, et dévoré par des vers. Telle fut la mort d’Hérode Agrippa, apr. J.-C. 44, après un règne de sept ans. Il laissa un fils du même nom, et trois filles : Bernice, qui épousa son oncle Hérode, frère de son père ; Mariamne, fiancée à Julius Archelaus ; et Drusilla, promise à Épiphane, fils d’Archelaus, fils de Comagène.

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Source

Richard Watson, A Biblical and Theological Dictionary (1832), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.