Définition dans Smith

Langues, Don des

Tongues, Gift Of

I. glotta, ou glossa, le mot employé dans tout les Évangiles et écrits apostoliques pour le don ici considéré, est utilisé : (1) pour l'organe corporel de la parole ; (2) pour un mot étranger importé et à demi naturalisé en grec ; (3) en grec hellénistique, pour « parole » ou « langage ». La vision traditionnelle reçue, qui part du troisième sens, et voit dans le don des langues un pouvoir distinctement linguistique, est la plus correcte. II.Les passages principaux dont nous devons tirer notre conclusion quant à la nature et au but du don en question sont : (Marc 16:17) (Act. 2:1-13 ; 10:46 ; 19:6) (2 Cor. 12:1 ; 1 Cor. 14:1)... III. La promesse d'un nouveau pouvoir venant de l'Esprit divin, donnant non seulement le réconfort et la perspicacité dans la vérité, mais de nouveaux pouvoirs d'expression de quelque sorte, apparaît plus d'une fois dans l'enseignement de notre Seigneur. Les disciples ne doivent pas se soucier de ce qu'ils diront, car l'esprit de leur Père parlera en eux. (Matt. 10:19,20 ; Marc 13:11) Les lèvres de paysans galiléens doivent parler librement et hardiment devant les rois.

La promesse de notre Seigneur à ses disciples, « Ils parleront de nouvelles langues », (Marc 16:17) fut accomplie le jour de la Pentecôte, quand des langues fendues comme du feu se posèrent sur les disciples, et « chacun les entendait parler dans sa propre langue ». (Act. 2:1-12) IV. La merveille du jour de la Pentecôte est, dans ses grands traits, assez familière. Quelles vues les hommes ont-ils réellement prises d'un phénomène si merveilleux et exceptionnel ? La croyance dominante de l'Église a été que dans le don pentecostal les disciples reçurent une connaissance surnaturelle de toutes les langues dont ils avaient besoin pour leur travail d'évangélistes. La connaissance était permanente. Aussi répandue que cette croyance ait été, il faut se rappeler qu'elle va au-delà des données que les Évangiles et écrits apostoliques nous fournit.

Chaque exemple du don rapporté dans les Actes le relie non au travail d'enseignement, mais à celui de louange et d'adoration ; non à l'ordre normal de la vie des hommes mais à des époques exceptionnelles en eux. Le discours de saint Pierre qui suit, comme la plupart des autres discours adressés à un auditoire de Jérusalem, fut apparemment prononcé en araméen. Quand saint Paul, qui « parlait en langues plus que tous », était à Lystre, il n'est fait aucune mention de son utilisation de la langue de Lycaonie. Il est presque impliqué qu'il ne la comprenait pas. (Act. 14:11) Pas un mot dans la discussion des dons spirituels de 1 Cor. 12-14 n'implique que le don était de cette nature, ou donné dans ce but. Et, on peut l'ajouter, dans les limites assignées par la providence d'Elohîm au fonctionnement de l'Église apostolique, un tel don n'était pas nécessaire. L'araméen, le grec, le latin, les trois langues de l'inscription sur la croix, étaient des moyens de communication à travers tout l'empire.

Certains interprètes ont trouvé leur voie vers une autre solution de la difficulté en changeant le caractère du miracle. Il ne résidait pas dans un nouveau caractère conféré aux orateurs, mais dans l'impression produite sur les auditeurs. Des mots que les disciples galiléens prononçaient dans leur propre langue étaient entendus comme dans leur langue maternelle par ceux qui écoutaient. Il y a, croit-on, de solides raisons contre les formes tant anciennes que récentes de cette hypothèse. Elle est en désaccord avec la déclaration distincte de (Act. 2:4) : « Ils commencèrent à parler en d'autres langues. » Elle multiplie à la fois le miracle et en dégrade le caractère. Non les 120 disciples, mais toute la multitude de plusieurs milliers, sont dans ce cas les sujets du miracle. Elle comporte un élément de fausseté.

Le miracle, selon cette vue, fut opéré pour faire croire aux hommes ce qui n'était pas réellement le fait. Elle est absolument inapplicable aux phénomènes de (1 Cor. 14:1)... Les critiques d'une école négative ont, comme on pouvait s'y attendre, adopté la voie plus facile de rejeter le récit soit entièrement soit en partie. Quels sont alors les faits réellement portés devant nous ? Quelles inférences peuvent en être légitimement tirées ? (a) L'énonciation de paroles par les disciples, dans d'autres langues que leur araméen galiléen, est distinctement affirmée. (b) Les paroles prononcées semblent avoir été déterminées, non par la volonté des orateurs, mais par l'Esprit qui « leur donnait de s'exprimer ».

(c) Le mot utilisé, apoftheggesthai, a dans la LXX une association spéciale avec le discours oraculaire des vrais ou faux prophètes, et semble impliquer une intonation particulière, peut-être physique, solennelle. Comp. (1 Chr. 25:1 ; Éz. 13:9) (d) Les « langues » furent utilisées comme instrument non d'enseignement, mais de louange. (e) Ceux qui les parlaient semblaient aux autres être sous l'influence de quelque forte excitation, « pleins de vin doux ». (f) Les questions quant au mode d'opération d'un pouvoir au-dessus des lois communes de la vie corporelle ou mentale nous conduisent dans une région où nos paroles doivent être « prudentes et rares ». Il faut se rappeler alors que selon toute vraisemblance des mots tels qu'ils prononcèrent alors avaient été entendus par les disciples auparavant. La différence était qu'avant, les paysans galiléens se tenaient dans cette foule sans prêter attention ni comprendre ni retenir ce qu'ils entendaient, encore moins capables de le reproduire ; maintenant ils avaient le pouvoir de le parler clairement et librement.

L'œuvre divine aurait dans ce cas pris la forme d'une exaltation surnaturelle de la mémoire, et non de la communication d'une connaissance miraculeuse de mots jamais entendus auparavant. (g) Le don des langues, la manifestation extatique de louange, est positivement affirmé être un accomplissement de la prédiction de (Joël 2:28). Nous sommes donc conduits à chercher ce qui correspond au don des langues dans l'autre élément de la prophétie qui est inclus dans l'usage vétérotestamentaire du mot ; et cela se trouve dans la louange extatique, le jaillissement du chant. (1 Sam. 10:5-13 ; 19:20-24 ; 1 Chr. 25:3) (h) Les autres exemples dans les Actes offrent essentiellement les mêmes phénomènes. Par implication dans ch. (Act. 14:16-10), par déclaration expresse dans ch. (Act. 10:47 ; 11:15,17 ; 19:6), il appartient à des époques critiques spéciales.

V. La Première Épître aux Corinthiens fournit des données plus complètes. Les dons spirituels sont classés et comparés, arrangés, apparemment, selon leur valeur. Les faits qui peuvent être rassemblés sont brièvement ceux-ci : Les phénomènes du don des langues n'étaient pas limités à une seule église ou section d'église. La comparaison des dons, dans les deux listes données par saint Paul — (1 Cor. 12:8-10,28-30) — place celui des langues et l'interprétation des langues au dernier rang de l'échelle. La caractéristique principale de la « langue » est qu'elle est inintelligible. L'homme « parle en mystères », prie, bénit, rend grâces, en la langue, (1 Cor. 14:15,16) mais personne ne le comprend. La nature particulière du don amène l'apôtre à ce qui paraît d'abord une contradiction. « Les langues sont un signe », non pour les croyants, mais pour ceux qui ne croient pas ; pourtant l'effet sur les incroyants n'est pas d'attirer, mais de repousser.

Elles impliquent nécessairement un déséquilibre entre l'entendement et le sentiment. C'est pourquoi, pour ceux qui croient déjà, la prophétie est le plus grand don. Les « langues », cependant, doivent être considérées comme de vraies langues. Les « diverses sortes de langues », (1 Cor. 12:28) les « langues des hommes », (1 Cor. 13:1) pointent vers des différences de quelque sorte, et il est plus facile de les concevoir comme des différences de langage que comme appartenant à des paroles toutes également confuses et inarticulées. En rapport avec les « langues », il y avait le pouvoir correspondant d'interprétation.. VI.es traces du don se trouvent dans les Épîtres aux Romains, aux Galates, aux Éphésiens. Des Épîtres pastorales, de celles de saint Pierre et de saint Jean, elles sont totalement absentes, et cela est en soi significatif.

Il est probable, cependant, que la disparition des « langues » fut graduelle. Il dut y avoir un temps où les « langues » étaient encore entendues, quoique moins fréquemment et avec des résultats moins frappants. Pour la plupart, cependant, la place qu'elles avaient occupée dans le culte de l'Église fut comblée par les « hymnes et cantiques spirituels » de l'âge suivant, après quoi, au sein de l'Église, nous en perdons presque toute trace. Le don du jour de la Pentecôte appartenait à une époque critique, non à la vie continue de l'Église. Il impliquait un déséquilibre de l'état normal de l'homme mais il n'était pas l'instrument pour édifier l'Église.

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Source

Smith's Bible Dictionary (1863), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.