Définition dans McClintock & Strong

Version géorgienne de la Bible

Georgian Version

Version géorgienne. C'est une des plus anciennes versions de la Bible qui subsistent.

I. Nom, date et origine de cette version. — Les Géorgiens appellent leur Bible par différents noms —

1. Bibbia, i.e., la Bible ;

2. Zminda Zerili, la sainte Écriture ;

3. Samkto Zerili, les Saintes Écritures divines ;

4. Zighnsi Zuelisa da akalio aghlkmisa, les livres de l'O.T. et du N.T. ; et,

5. Dabadeba, Genesis, d'après le premier livre de la Bible.

On suppose que la version a été faite vers 570 apr. J.-C., lorsque les Géorgiens, stimulés par l'exemple des Arméniens VOIR ARMENIAN VERSION, envoyèrent de jeunes hommes doués en Grèce pour étudier la langue grecque qui, à leur retour, traduisirent les Écritures et les livres liturgiques de l'Église grecque. La traduction de l'O.T. est faite d'après la Sept., et celle du N.T. d'après des manuscrits grecs de la famille constantinopolitaine, et est composée dans le dialecte ecclésiastique ou ancien. VOIR GEORGIAN LANGUAGE.

II. Texte et éditions de la version. — Cette vénérable version a partagé tous les malheurs auxquels la Géorgie a été sujette. Les livres entiers des Maccabées et de l'Ecclésiastique furent perdus dans les nombreuses résolutions du pays, des passages disparurent dans différentes parties du volume, et l'ensemble du texte tomba dans un état de confusion. Ce n'est qu'au début du XVIIIe siècle que le prince Vaktangh publia à Tiflis les Psaumes, les Prophètes et le Nouveau Testament, et répartit le texte en chapitres et en versets. Peu après, le prince Arcil, oncle du prince Vaktangh, qui s'était enfui de Kartel en Russie, entreprit une révision de cette version, la rendant conforme à la traduction russe telle qu'elle était alors, et la divisa seulement en chapitres, parce que la traduction russe n'était divisée qu'en chapitres. Mais ce prince ne vécut que pour mener la révision depuis la Genèse jusqu'aux Prophètes, et pour traduire à partir de la Bible russe les livres perdus des Maccabées et de l'Ecclésiastique. Son fils, le prince Vakuset, fut cependant poussé par les sollicitations de son frère, le prince Bachar, et du clergé géorgien résidant en Russie, à poursuivre l'œuvre de révision. Il conforma encore davantage le texte à la traduction russe, nouvellement révisée ordonnée par Pierre le Grand, suppléa à partir de cette traduction tous les passages qui manquaient dans la version géorgienne, rendit aussi les parties que son père avait publiées conformes à cette traduction, et divisa l'ensemble en chapitres et en versets. Il fit fondre des caractères géorgiens à Moscou, et commença sur-le-champ l'impression dans cette ville ; la correction d'épreuve il la confia à quatre Géorgiens natifs, et la première édition de la Bible géorgienne entière parut en 1743, fol., le prince Bachar, frère de l'éditeur, en supportant toutes les dépenses. De cette édition la Société biblique de Moscou réimprima le N.T. en 1816, 4to, sous la direction du métropolite géorgien Ion et de l'archevêque Pafnut, avec des caractères fondus d'après les mêmes matrices qui avaient servi pour l'édition précédente et qui avaient échappé à la conflagration de la ville au moment de l'invasion de Napoléon. Une autre édition parut en 1818, en caractère civil, 4to. On assure que des éditions plus récentes de diverses parties de cette version sont apparues tant à Tiflis qu'en Russie, mais il n'en existe pas de compte rendu particulier.

III. Valeur critique de la version. — La valeur de cette version, du point de vue critique, a été grandement diminuée par les corruptions qu'elle a subies durant les siècles de changements politiques auxquels le pays a été exposé, et surtout par l'effort de ses éditeurs pour la rendre conforme à la traduction russe. Il ne faut toutefois pas supposer que sa valeur soit entièrement perdue. Tant Tischendorf (N.T. Graec. 2d ed. praef. Page 78) que M. Malan la considèrent comme un bon auxiliaire pour la critique du texte grec. En effet, M. Malan, qui a publié une traduction anglaise de la version géorgienne de l'Évangile selon Jean, va jusqu'à dire qu'« elle diffère du slavon en beaucoup d'endroits où on pourrait s'attendre à une concordance, elle a un caractère qui lui est propre, est une version fidèle, et précieuse pour la critique » ("The Gospel according to St. John, translated from the eleven oldest Versions, etc.", par le Reverend S.C. Malan, M.A., Lond. 1862, page 9, note 3).

IV. Littérature. — Un traité fort intéressant sur cette version, contenant un bref récit de son histoire et de sa publication, extrait de la préface du prince Vaktangh, fut communiqué par le professeur Adler, de Copenhague, à Eiebborn, qui le publia dans son Allgemeine Bibliothek der biblischen Literatur, 4:153 sq., et le réimprima ensuite dans son Einleitung in das Alte Testament, volume 2, sec. 318, b, etc. Le Dr. Henderson, qui avait visité à la fois la Géorgie et la Russie, ne put faire davantage dans ses Biblical Researches and Travels in Russia (London, 1826, page 518, etc.) que de donner une traduction littérale de ce rapport. Un ouvrage de valeur a aussi été publié par Franz Carl Alter, intitulé Ueber Georgianische Literatur (Wien, 1798), dans lequel est donnée une collation étendue des différentes lectures tant de l'O.T. que du N.T.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.