Définition dans McClintock & Strong

Ursinus

Ursinus fut appelé peu après au Collegium Sapientiae à Heidelberg, et à ses fonctions fut plus tard ajouté le cours de dogmatique. Il commença ses prélections théologiques le 1er sept. 1562, et l'année suivante se chargea aussi de la prédication du dimanche après-midi sur le catéchisme. À ces divers devoirs il ajouta la formation d'une constitution pour les Églises du Palatinat, à laquelle il fut aidé par Olevian, mais dont la défense retomba sur lui seul. C'est dans la poursuite de cette œuvre qu'il entama sa vie littéraire active. Il écrivit une Verantwortung contre les critiques et les perversions du Catéchisme de Heidelberg, qui formaient l'élément principal de la nouvelle constitution, Antwort auf etlicher Theologen Censur, et d'autres ouvrages. Lorsque la Convention de Maulbronn résulta de ces discussions, VOIR MAULBRONN. Ursinus fut l'un des interlocuteurs pour le Palatinat, et demonstra par sa promptitude et sa finesse qu'il était l'un des plus habiles disputateurs de l'époque. Les Wirtembergeois ayant violé l'accord de s'abstenir de publier les procès-verbaux, les Heidelbergeois durent répondre ; et la tâche de corriger les perversions qui avaient été mises en circulation retomba de nouveau sur Ursinus. Dès lors il fut impliqué dans la controverse portant sur l'interprétation correcte de l'art. 10 de la Confession d'Augsbourg, dans laquelle les luthériens stricts insistaient pour que les écrits de Luther, surtout ses écrits polémiques, soient considérés comme le seul guide, et cherchaient à priver de toute position légale ceux qui ne partageaient pas leur vue malgré l'assurance de statut accordée à ceux qui acceptaient la Confession comme déclaration de foi. Las de la dispute sans fin, Ursinus mit fin à sa part de controverse en 1566, avec la résolution de n'écrire plus. Il était épuisé. Sa santé fut altérée, et il dut chercher un soulagement aux travaux excessifs en démissionnant de la chaire de dogmatique au profit d'Hieronymus Zanchius, le 10 févr. 1568. Quelques mois plus tard, toutefois, un nouveau conflit réclama son attention. George Withers, un Anglais, avait soutenu dans une disputation à Heidelberg la thèse que l'administration de la discipline ecclésiastique dans toute son étendue appartient proprement au ministerium ecclésiastique en connexion avec un presbytérat organisé ; Olevian avait approuvé cette opinion, tandis qu'Erastus s'y était opposé. Chaque camp gagna des partisans sans parvenir à intimider ses adversaires. Beza et Bullinger furent consultés, et finalement Ursinus fut requis par l'électeur d'exposer ses vues. Il le fit en 1569, d'une manière si franche et aimable qu'il obtint l'approbation même de ceux qui n'acceptaient pas ses conclusions. L'électeur décréta enfin l'édification de presbytères et l'exécution de la discipline.

L'avènement de l'électeur Louis inaugura un nouvel ordre des choses dans le Palatinat, sous lequel le luthéranisme put regagner sa prédominance. Le Collegium Sapientiae fut fermé en septembre 1577, et Ursinus fut congédié de son poste. Une chaire à Lausanne lui fut aussitôt offerte, mais il la refusa et accepta, au contraire, un appel à Neustadt, où la théologie de l'Église réformée trouva refuge dans le Collegium Illustre Casimirianum. Il avait auparavant publié, en latin et en allemand, la confession de foi jointe au testament du défunt électeur (1577), et fut bientôt commissionné, en liaison avec Zanchius, pour rédiger pour le synode de Francfort (septembre 1578) une confession qui devrait être acceptée dans les Églises réformées de toutes les contrées d'Europe. Il déclina cette charge pour motifs de santé et de méfiance envers sa capacité. Il commença ses leçons sur Isaïe le 26 mai 1578, et participa par la suite au conflit relatif à l'acceptation de la Formula Concordiae, ayant fourni l'argument le plus puissant en opposition à cette mesure. Il mourut le 6 mars 1583 à Neustadt. Ses restes littéraires furent confiés au Prof. Jungnitz, et celui-ci, avec d'autres amis du savant défunt, recueillit et publia nombre d'œuvres qui, jusque-là, n'existaient qu'en manuscrit, et donna à l'auteur son nom pour d'autres qui avaient paru anonymement. Le Catéchisme de Heidelberg, avec notes, et des Lectures sur l'Organon d'Aristote, etc., furent publiés à Neustadt. Pareus publia postérieurement une édition corrigée de l'Exposition du Catéchisme (Brem., 1623, 8vo) ; et une édition complète des œuvres d'Ursinus fut publiée par Reuter, son disciple et successeur immédiat à la Sapientiae.

Voir Adam, Vit. German. Theologorum ; Heppe, Gesch. d. deutsch. Protestantismus ; id., Dogmatik d. deutsch. Protestantismus, 1, 158-160 ; Sudhoff, Olevianus u. Ursinus (Culberfeld, 1857) ; id., Leben d. Vater d. reformirt. Kirche, vol. 8 ; Gillet, Cratos von Crafftheim (Frankf. 1860) ; Herzog, Real-Encyklop. s.v. ; Smith's Hagenbach, Hist of Doctrines, 2, § 222, and § 223 a, 4.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.