Définition dans McClintock & Strong

Timotheos

Timothy

Tim'othy (Τιμόθεος, c.-à-d. Timotheus [q.v.], comme le nom est donné dans la Version Autorisée King James, Actes 16:1; Actes 17:14-15; Actes 18:5; Actes 19:22; Actes 20:4; Romains 16:21; 1 Corinthiens 4:17; 1 Corinthiens 16:10; 2 Corinthiens 1:19; Philippiens 1:1; 2:19; Colossiens 1:1; 1 Thessaloniciens 1:1; 3:2, 6; 2 Thessaloniciens 1:1), l’un des convertis de Paul les plus intéressants dont nous ayons un récit dans le Nouveau Testament. Heureusement nous disposons de détails assez copieux de son histoire et de ses relations dans les fréquentes allusions qui lui sont faites dans les lettres de cet apôtre aux diverses Églises, ainsi que dans celles qui lui sont adressées personnellement.

1. Sa jeunesse. — Le disciple ainsi nommé était le fils d’un de ces mariages mixtes qui, quoique condamnés par l’opinion juive la plus stricte, et plaçant leurs enfants à tout juste au‑dessus du dernier échelon dans l’ordre de préséance juif, n’étaient cependant pas rares aux dernières périodes de l’histoire juive. Les enfants de ces mariages étaient connus sous le nom de manmerim ("bâtards"), et se trouvaient juste au‑dessus des Nethinim. Cela était, toutefois, caeteris paribus. Un bâtard qui était un étudiant savant de la loi était, en théorie, au‑dessus d’un grand‑prêtre ignorant (Gem. Hieros. Horayoth, fol. 84, in Lightfoot, Hor. Heb. in Matthieu 23:14); et l’éducation de Timothée (2 Timothée 3:15) a pu dès lors contribuer à surmonter le préjugé que les Juifs auraient naturellement contre lui pour cette raison. La mère était juive, mais le nom du père est inconnu; il était Grec, c.-à-d. païen de naissance (Actes 16:1, 3). S’il fut, en quelque sens, un prosélyte, le fait que l’enfant du mariage n’ait pas reçu le signe de l’alliance rendrait probable qu’il appartenait à la classe des demi‑prosélytes, les prétendus Prosélytes de la Porte, et non à ceux de la Justice, si une telle classe que la première existait. VOIR PROSELYTE. L’absence de toute allusion personnelle au père dans les Actes ou les Épîtres suggère l’inférence qu’il dut mourir ou disparaître pendant l’enfance de son fils. La garde du garçon incomba ainsi à sa mère, Eunice, et à sa grand‑mère, Lois, qui sont toutes deux mentionnées comme croyantes sincères (2 Timothée 1:5). Sous leur éducation, son instruction fut résolument juive. «Dès l’enfance» il apprit (probablement dans la version des Septante) à «connaître les Saintes Écritures» quotidiennement. Le langage des Actes laisse incertain si Lystre ou Derbé fut la résidence de cette famille pieuse. On a voulu inférer la seconde, mais sans grande vraisemblance, d’une construction possible de Actes 20:4; la première paraît indiquée par Actes 16:1‑2 (voir Neander, Pflanz. und Leit. I, 288; Alford et Huther, ad loc.). En tout état de cause, l’absence de toute indication de l’existence d’une synagogue rend cette piété persistante plus remarquable. On peut ici penser, comme à Philippes, aux quelques femmes pieuses qui allaient accomplir leur culte quotidien au bord d’un fleuve (Conybeare et Howson, I, 211). La lecture παρὰ τίνων en 2 Timothée 3:14, adoptée par Lachmann et Tischendorf, indique que ce fut d’elles autant que de l’apôtre que le jeune disciple reçut sa première impression de la vérité chrétienne. Il serait naturel qu’un caractère ainsi façonné gardât toute sa vie quelque chose d’une piété féminine. Une constitution loin d’être robuste (1 Timothée 5:23), un recul morbide devant l’opposition et la responsabilité (1 Timothée 4:12‑16; 5:20‑21; 6:11‑14; 2 Timothée 2:1‑7), une sensibilité jusqu’aux larmes (1:4), une tendance à une rigueur ascétique qu’il n’avait pas la force de soutenir (1 Timothée 5:23), unie, comme cela arrive souvent, à un tempérament exposé à quelque risque (voir la dissertation approfondie De Νεωτερικαῖς Ε᾿πιθυμίαις, par Bosius, in Hase, Thesaurus, vol. 2) face aux «désirs de la jeunesse» (2 Timothée 2:22) et aux émotions plus douces (1 Timothée 5:2) — voilà ce que l’on peut légitimement imaginer comme caractérisant le jeune homme, de même qu’ils caractériseront l’homme par la suite.

2. Sa conversion et son ordination. — L’arrivée de Paul et de Barnabas en Lycaonie (Actes 14:6) porta le message de la bonne nouvelle à Timothée et à sa mère, et ils le reçurent avec «foi non feinte» (2 Timothée 1:5). Si c’est à Lystre, comme il semble probable d’après Actes 16:1, il put être témoin du sacrifice à demi‑achevé, du martyre à demi‑accompli de Paul (Actes 14:19). La prédication de l’apôtre, au retour de son court circuit, le prépara à une vie de souffrance (v. 22). Dès lors sa vie et son instruction durent être placées sous la surveillance directe du collège des anciens (v. 23). Pendant l’intervalle de trois ans entre le premier et le second voyage de l’apôtre, le jeune homme eut beaucoup mûri. Son zèle, probablement son ascétisme, devint connu tant à Lystre qu’à Iconium. La mention des deux Églises comme unies dans le témoignage de son caractère (Actes 16:2) nous conduit à croire que l’œuvre première fut prophétique; plus tard il avait déjà été employé dans ce qui devait devenir la grande tâche de sa vie, comme «messager des Églises», et c’est probablement sa compétence éprouvée pour cet office qui détermina le choix de Paul. Ceux qui avaient la plus profonde pénétration du caractère et parlaient avec une utterance prophétique le désignèrent (1 Timothée 1:18; 1 Timothée 4:14), comme d’autres avaient désigné auparavant Paul et Barnabas (Actes 13:2), comme particulièrement apte à l’œuvre missionnaire où l’apôtre était engagé. Un sentiment personnel porta Paul à la même conclusion (Actes 16:3), et il fut solennellement mis à part (l’assemblée entière des anciens posant leurs mains sur lui, comme le fit l’apôtre lui‑même) pour accomplir l’œuvre, et peut‑être pour porter le titre d’évangéliste (1 Timothée 4:14; 2 Timothée 1:6; 2 Timothée 4:5). Iconium a été suggérée par Conybeare et Howson (I, 289) comme le lieu probable de l’ordination.

Un grand obstacle, cependant, se présenta. Timothée, héritant, pour ainsi dire, du côté le plus noble (Wettstein, ad loc.) et dès lors compté comme l’un de la semence d’Abraham, avait été permis de grandir jusqu’à l’âge d’homme sans le signe de la circoncision, et sur ce point il pouvait sembler refuser le sang juif qui était en lui et choisir de se présenter comme païen. Si telle eût été sa position réelle, il eût été absolument contraire au principe d’action de Paul de lui recommander la nécessité de la circoncision (1 Corinthiens 7:18; Galates 2:3; 5:2). En l’état, sa condition était celle d’un Israélite négligent, presque apostat; et, quoique la circoncision ne fût rien et l’incirconcision ne fût rien, c’était une question grave de savoir si le scandale d’une telle position devait être permis de frustrer tous ses efforts comme évangéliste. Le fait qu’aucune offense ne semble avoir été ressentie jusque‑là s’explique par la prédominance de l’élément païen dans les Églises de Lycaonie (Actes 14:27). Mais son œuvre plus large l’aurait mis en contact avec les Juifs, qui s’étaient déjà montrés si prompts à attaquer, et alors le scandale éclaterait. Ils pouvaient tolérer un païen, en tant que tel, dans la synagogue ou dans l’Église, mais un Israélite non circoncis leur eût été une horreur et un prodige. En vue spéciale de leurs sentiments, sans sacrifier au principe, l’apôtre, qui avait refusé de permettre la circoncision de Titus, «prit et circoncit» Timothée (Actes 16:3); et ensuite, n’ayant conscience d’aucune inconsistance, continua son chemin en distribuant les décrets du concile de Jérusalem, grande charte de la liberté des païens (v. 4). Désormais Timothée fut l’un de ses compagnons les plus constants. Depuis qu’il s’était séparé de Barnabas il n’avait pas rencontré quelqu’un dont le cœur répondît si parfaitement au sien. Si Barnabas avait été comme le frère et l’ami des premiers jours, il avait maintenant trouvé un homme qu’il pouvait revendiquer comme sien par une paternité spirituelle (2 Timothée 1:2). Il l’appelle «fils Timothée» (1 Timothée 1:18); «mon propre fils dans la foi» (v. 2); «mon bien‑aimé fils» (1 Corinthiens 4:17); «mon compagnon d’œuvre» (Romains 16:21); «mon frère» (ce qui est probablement le sens de Τιμόθεος ὁ ἀδελφός en 2 Corinthiens 1:1).

3. Ses travaux évangéliques et ses voyages. — Poursuivant son deuxième voyage missionnaire, Paul prit alors Timothée avec lui, et, accompagné de Silas, et probablement de Luc aussi, il se rendit enfin à Philippes (Actes 16:12), où le jeune évangéliste devint aussitôt remarquable par sa dévotion filiale et par son zèle (Philippiens 2:22). Son nom n’apparaît pas dans le récit du travail de Paul à Thessalonique, et il est possible qu’il soit demeuré quelque temps à Philippes, agissant ensuite comme le messager par lequel les membres de cette Église envoyèrent ce qu’ils purent pour les besoins de l’apôtre (Philippiens 4:15). Il paraît cependant se trouver à Bérée, et y demeure quand Paul et Silas sont obligés de partir (Actes 17:14), se rendant ensuite pour rejoindre son maître en Grèce (1 Thessaloniciens 3:2). Entre‑temps il est renvoyé à Thessalonique (ibid.) ayant des dons particuliers pour consoler et instruire. Il revient de Thessalonique, non à Athènes, mais à Corinthe, et son nom apparaît uni à celui de Paul dans les mots d’ouverture des deux lettres écrites de cette ville aux Thessaloniciens (1 Thessaloniciens 1:1; 2 Thessaloniciens 1:1). Dr. Wordsworth infère de 2 Corinthiens 9:11 et Actes 18:5 que Timothée apporta des contributions pour le soutien de l’apôtre des Églises de Macédoine, et le délivra ainsi de son travail continu de tailleur de tentes. Ici encore il fut apparemment actif comme évangéliste (2 Corinthiens 1:19), et c’est probablement sur lui, à quelques exceptions près, que retomba le devoir de baptiser les nouveaux convertis (1 Corinthiens 1:14). Des quatre ou cinq années suivantes de sa vie nous n’avons aucun récit, et on ne peut rien déduire au‑delà d’une continuation de son service actif comme compagnon de Paul. Lorsque nous le retrouvons, c’est comme étant envoyé en avant pendant que l’apôtre projetait le long voyage qui devait inclure la Macédoine, l’Achaïe, Jérusalem et Rome (Actes 19:22). 54 apr. J.-C. Il fut envoyé pour «mettre les Églises en mémoire des voies» de l’apôtre (1 Corinthiens 4:17). Nous percevons dans les paroles du «père» un désir anxieux de préserver le fils des périls qui, pour son tempérament empressé mais sensible, seraient les plus éprouvants (1 Corinthiens 16:10). Sa route devait le conduire à travers les Églises qu’il avait contribué à fonder, ce qui lui donnait l’occasion d’exercer les dons qui devaient plus tard être mis en œuvre dans un office plus responsable. Il est probable, d’après les passages déjà cités, qu’après avoir accompli la tâche spéciale qui lui avait été assignée il revint par la même route et rencontra Paul selon un arrangement antérieur (v. 11), et fut ainsi avec lui lorsque la seconde épître fut écrite à l’Église de Corinthe (2 Corinthiens 1:1). Il revient avec l’apôtre dans cette ville, et s’associe aux salutations aux disciples qu’il avait connus personnellement à Corinthe et qui avaient depuis trouvé le chemin de Rome (Romains 16:21). Il fait partie de la compagnie d’amis qui accompagnent Paul à Philippes puis embarquent séparément, l’attendant par un autre navire (Actes 20:3‑6). Qu’il ait continué son voyage jusqu’à Jérusalem, et ce qu’il advint de lui pendant l’emprisonnement de Paul à Césarée, sont des points sur lesquels il nous faut rester incertains. Le langage du discours de Paul aux anciens d’Éphèse (Actes 20:17‑35) rend improbable qu’il ait alors été laissé là avec autorité. De même, l’absence de son nom au ch. 27 porte à conclure qu’il ne partagea pas la périlleuse traversée vers l’Italie. Il dut cependant le rejoindre apparemment peu après son arrivée à Rome, et fut avec lui lorsque les épîtres aux Philippiens, aux Colossiens et à Philémon furent écrites (Philippiens 1:1; Philippiens 2:19; Colossiens 1:1; Philémon 1:1). Toutes les indications de cette période témoignent d’une activité missionnaire incessante. Comme auparavant, ainsi encore maintenant, il doit précéder la venue personnelle de l’apôtre, inspecter, conseiller, rendre compte (Philippiens 2:19‑23), prenant soin spécialement des Églises de Macédoine comme personne d’autre ne pouvait le faire. Les salutations spéciales qui lui sont adressées à une date postérieure (2 Timothée 4:21) montrent que, à Rome aussi, comme ailleurs, il avait gagné l’affection chaleureuse de ceux parmi lesquels il officiait. Parmi ceux qui se montraient le plus désireux d’être ainsi rappelés à son souvenir on trouve, selon une hypothèse assez appuyée, les noms d’un noble romain, Pudens (q.v.), d’un futur évêque de Rome, Linus (q.v.), et de la fille d’un roi de Bretagne, Claudia (Williams, Claudia and Pudens; Conybeare et Howson, II, 501; Alford, Excursus in Greek Test. III, 104). Il est intéressant de penser au jeune évangéliste comme à l’instrument par lequel un milieu entouré de l’impureté insondable du monde romain fut appelé à une vie plus élevée, et les noms qui autrement n’auraient paru que dans les épigrammes impures de Martial (I, 32; IV:13; V, 48; XI:53) élevés à un honneur perpétuel dans les salutations d’une épître apostolique. Un article (They of Caesar's Household) dans le Journ. of Class. and Sacred Philology, No. 10, met en question cette hypothèse, au prétexte que les épigrammes sont postérieures aux épîtres, et qu’elles associent le nom de Pudens à des mœurs et vices païens. On peut, d’autre part, soutenir que le ton raillant des épigrammes nous interdit de les prendre comme preuves du caractère. Pudens dit à Martial qu’il n’«aime pas ses poèmes». «Oh, c’est parce que vous en lisez trop à la fois» (IV, 29). Il le supplie de corriger leurs défauts. «Vous voulez donc une copie autographiée?» (VII, 11). L’esclave En ou Eucolpos (le nom est peut‑être une distorsion volontaire d’Eubulus) accomplit ce qui pourrait être l’accomplissement d’un vœu chrétien (Actes 18:18), et c’est l’occasion de la suggestion qui paraît la plus damnatoire (Martial, V, 48). Avec cela se mêle, cependant, comme en IV:13; VI:58, un langage d’estime plus réelle que n’est ordinairement celui de Martial (comp. quelques bonnes remarques dans Galloway, A Clergyman's Holidays, p. 35‑49).

À la fin de cette période de la vie de Timothée on peut probablement rapporter l’emprisonnement de Hébreux 13:23, et le procès où il «témoigna la bonne confession», digne d’être rapproché de celle du Grand Confesseur devant Pilate (1 Timothée 6:13). En supposant l’authenticité et la date postérieure des deux épîtres qui lui sont adressées (voir ci‑dessous), nous pouvons rassembler quelques notices sur sa vie ultérieure. Il résulte de 1 Timothée 1:3 que lui et son maître, après la libération de ce dernier de son emprisonnement, revisité l’Asie proconsulaire; que l’apôtre continua ensuite son voyage vers la Macédoine, tandis que le disciple resta, à demi‑à regret, pleurant même de la séparation (2 Timothée 1:4), à Éphèse, pour enrayer, si possible, l’expansion d’hérésies et de licence qui s’y étaient élevées. La durée pendant laquelle il devait exercer l’autorité en tant que délégué d’un apôtre — un vicaire apostolique plutôt qu’un évêque — était d’étendue incertaine (1 Timothée 3:14). La position où il se trouva pouvait bien l’angoisser. Il avait à diriger des presbytres, la plupart plus âgés que lui (1 Timothée 4:12), à assigner à chacun une rémunération proportionnée à son travail (1 Timothée 5:17), à recevoir et juger des accusations portées contre eux (1 Timothée 1:19‑20), à régler la charité et les fraternités de l’Église (v. 3‑10), à ordonner presbytres et diacres (1 Timothée 3:1‑13). Il y avait le risque d’être entraîné dans les disputes, préjugés, cupidités, sensualités d’une grande ville. Il y avait le risque d’atteindre la santé et la force par un ascétisme excessif (1 Timothée 4:4; 5:23). Des chefs de sectes rivales étaient là — Hyménée, Philétus, Alexandre — pour s’opposer et le contrarier (1 Timothée 1:20; 2 Timothée 2:17; 2 Timothée 4:14‑15). Le nom de son maître bien‑aimé n’était plus honoré comme autrefois; la forte affection des premières années avait disparu et «Paul le vieillard» était devenu impopulaire, objet de suspicion et d’aversion (comp. Actes 20:37; 2 Timothée 1:15). Ce n’était que dans le cercle restreint des fidèles — Aquila, Priscille, Marc, et d’autres — qui étaient encore avec lui, qu’il était susceptible de trouver sympathie ou soutien (1 Timothée 4:16). Nous ne pouvons nous étonner que l’apôtre, connaissant ces épreuves, et, avec sa merveilleuse faculté de porter le fardeau d’autrui en le rendant sien, plein d’anxiété et de crainte pour la constance de son disciple, ait multiplié admonitions, appels, avertissements (1 Timothée 1:18; 1 Timothée 3:15; 1 Timothée 4:14; 5:21; 6:11). Dans la seconde épître adressée à lui ce sentiment personnel profond s’exprime encore plus pleinement. L’amitié de vingt ans touchait à sa fin, et tous les souvenirs qui s’y rattachent affluent dans l’esprit du vieil homme, prêt maintenant à être offert: la jeunesse irréprochable (2 Timothée 3:15), le ménage sacré (2 Timothée 1:5), l’ordination solennelle (v. 6), les larmes aux adieux (v. 4). Les dernières paroles enregistrées de l’apôtre expriment l’espoir fervent, répété encore plus ardemment, de le voir une fois de plus (1 Timothée 4:9, 16). Timothée doit venir avant l’hiver, apporter avec lui le manteau dont il aurait besoin pendant cet hiver (v. 13). On peut conjecturer qu’il y parvint à temps, et que les dernières heures du maître furent adoucies par la présence du disciple qu’il aimait si sincèrement. Quelques auteurs ont même vu en Hébreux 13:23 une indication qu’il partagea l’emprisonnement de Paul, et qu’il fut libéré par la mort de Néron (Conybeare et Howson, II, 502; Neander, Pfanz. und Leit. I, 552). Au‑delà de cela tout est apocryphe et incertain.

4. Notices légendaires. — Selon les anciennes traditions, Timothée aurait continué à exercer la charge d’évêque d’Éphèse (Eusèbe, Hist. Eccl. III, 4, 2; Constitutions apostoliques 7:46; voir Lange, De Timothy Episcopo Ephes. [Lips. 1755]), et serait mort en martyr sous Domitien ou Nerva (Nicephore, Hist. Eccl. III, 11; Photios, Cod. 254). La grande fête d’Artémis (le καταγώγιον de cette déesse) le conduisit à protester contre la licence et la frénésie qui l’accompagnaient. La foule qui fut excitée à la fureur le mit à mort à coups de massues (comp. Polycrate et Simeon Metaphr. in Henschen's Acta Sanctorum, 24 janv.). Quelques critiques plus récents — Schleiermacher, Mayerhoff — ont vu en lui l’auteur de la totalité ou d’une partie des Actes (Olshausen, Commentary II, 612).

Une théorie quelque peu surprenante quant à la période intermédiaire de sa vie a trouvé faveur chez Calmet (s.v. «Timothee»), Tillemont (II, 147) et d’autres. Si, suivant la tradition reçue, il continua d’être évêque d’Éphèse, alors lui, et nul autre, dut être «l’ange» de cette Église auquel le message de l’Apocalypse 2:1‑7 fut adressé. On peut objecter, en quelque mesure confirmant ce point de vue, que tant l’éloge que le blâme de ce message sont tels qu’ils s’harmonisent avec les impressions sur le caractère de Timothée dérivées des Actes et des Épîtres. Le refus de reconnaître les prétendus apôtres, le dégoût des œuvres des Nicolaïtes, le labeur infatigable, tout cela appartient à «l’homme de Dieu» des Épîtres pastorales. Le défaut n’en est pas moins caractéristique. Le langage énergique de la supplique de Paul nous conduirait à attendre que la tentation pour un tel homme fût de s’éloigner de l’ardeur de son «premier amour», du zèle de sa première foi. La promesse du Seigneur des Églises est en substance la même que celle impliquée dans le langage de l’apôtre (2 Timothée 2:4‑6). Cette conjecture, il faut le dire, a été passée sous silence par la plupart des commentateurs récents de l’Apocalypse (comp. Alford et Wordsworth, ad loc.). Trench (Seven Churches of Asia, p. 64) oppose «l’ange» de l’Apocalypse 2 à Timothée comme un «ange antérieur» qui, avec la génération à laquelle il appartenait, aurait disparu quand l’Apocalypse fut écrite. Il faut cependant se souvenir qu’au moment de la mort de Paul, Timothée était encore «jeune», probablement pas plus de trente‑cinq ans; qu’il pouvait donc fort bien être vivant, même en admettant la date tardive de l’Apocalypse; et que les traditions (valeant quantum) placent sa mort après cette date. Bengel admet cela, mais oppose l’objection qu’il ne fut pas évêque d’un diocèse unique, mais surintendant de plusieurs Églises. On peut toutefois répliquer que la mort de Paul dut produire un grand changement dans la vie de celui qui jusque‑là avait été employé à voyager comme son représentant. La charge spéciale qui lui est confiée dans les Épîtres pastorales ne dut pas manquer de fixer une existence qui auparavant avait été errante.

Un fait additionnel lié au nom de Timothée est que deux des traités du Pseudo‑Dionysius l’Aréopagite lui sont adressés (De Hierarch. Cael. I, 1; comp. Le Norry, Dissert. c. 9 et Halloix, Quaest. 4 dans l’édition de Migne).

5. Littérature. — Outre les ouvrages cités ci‑dessus, voir Klaufing, De Timothy Μαρτυρ. (Vitemb. 1713); Seelen, De Tint. Confessore (Lubec. 1733); Hausdorf, De Ordinatione Timothy (Vitemb. 1754); Witsius, Miscell. Sacr. II, 438; ainsi que son Exercit. Acad. p. 316 sqq.; Mosheim, Einleit. in den I. Br. an Tims. (Hamb. 1754), p. 4 sqq.; Bertholdt, Einleit. 6:349 sqq.; Heydenreich, Leben d. Timotheus, in Tzschirner's Memorab. VIII, 2, 19‑76; Evans, Script. Biog. vol. I; Lewin, St. Paul (voir Index); Plumptre, Bible Educator (voir Index); et surtout Howson, Companions of St. Paul (Lond. 1871), ch. 12. VOIR PAUL.

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Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.