Définition dans McClintock & Strong
Thomas Nevill
Nevil(Le), Thomas, Dd
Nevil(le), Thomas, D.D., théologien anglais de l’époque élisabéthaine, connu pour son attachement strict aux doctrines calvinistes dans une forme nette et tranchée, naquit à Canterbury, fut instruit à l’Université de Cambridge, et devint fellow de Pembroke Hall en 1570. Dix ans après il était proctor de l’université, et en 1582 il fut présenté à la maîtrise du Magdalen College. En 1590 la reine le promut à la décanie de Peterborough. En 1593 il obtint la maîtrise du Trinity College, et en mars 1594 démissionna de la cure de Doddington en acceptant celle de Teversham, près de Cambridge. En 1595 il fut engagé dans la controverse née à Cambridge de la déclaration publique de William Barret, fellow du Caius College, contre la doctrine de la prédestination et de la chute de la grâce. Puisque l’opinion générale penchait alors pour le système de Calvin, Barret fut appelé devant quelques chefs de l’Église et forcé de rétracter ses opinions arminiennes. Le différend, toutefois, fut soumis à l’archevêque Whitgift, ce qui occasionna la célèbre conférence des théologiens à Lambeth (1595), où l’on s’accorda sur certaines propositions, conformément aux principes de Calvin, communément appelées les Lambeth Articles (q.v.). Dr Neville et ses collègues eurent ensuite à se plaindre de Dr Baro(n), professeur Lady Margaret de théologie, pour soutenir des doctrines relatives au salut universel diamétralement opposées aux Lambeth Articles, et il fut en conséquence écarté de sa chaire universitaire. (Pour un compte rendu complet voir la vie de Peter Baro(n); Collier, Eccles. Hist. 2:647; Strype, Annals, 4:322.) En 1597 Neville fut promu à la décanie de Canterbury. Il occupait ce poste à l’avènement du roi Jacques, et fut, en son nom et au nom de tous les évêques et du clergé, envoyé en Écosse pour assurer Sa Majesté de leur loyauté sincère et connaître ses ordres au sujet des affaires ecclésiastiques; recommandant aussi l’Église d’Angleterre à sa faveur et protection. Les puritains avaient toujours espéré beaucoup pour la cause presbytérienne de ce roi, et le clergé anglican était donc doublement anxieux quant au résultat de cette mission, manifestement destinée à le gagner à l’appui de l’établissement anglican. Elle montra que Dr Neville était l’homme de la situation. Il fit bonne impression sur le roi, et obtint l’assurance que celui-ci soutiendrait le gouvernement laissé par la défunte reine. Cette réponse fut conforme à l’action récente du roi Jacques en Écosse. Il fut porté vers le romanisme, mais craignant d’offenser par une pareille extrémité, il se tint dans le camp anglican et, dès lors, favorisa l’épiscopalité. Neville reçut souvent les faveurs du roi; ainsi, lors d’une visite à Cambridge en 1615, le roi accepta l’hospitalité du Dr Neville, alors au Trinity College. Dr Neville mourut en 1615, peu après la visite royale. Par sa munificence envers le Trinity College, Neville s’assura la reconnaissance et l’admiration de la postérité: il dépensa plus de £3000 pour rebâtir la belle cour qui porte encore aujourd’hui le nom de Neville’s Court. Il contribua aussi à la bibliothèque du collège et fut bienfaiteur de l’Eastbridge Hospital dans sa ville natale. Voir Hook, Eccles. Biog. 7:402-404; Stoughton, Eccles. Hist. 1:19; Soames, Elizabethan Religious History, p. 454, 471-473, 517; Froude, Hist. of Eng. (voir index vol. 12). (J.H.W.)
