Définition dans McClintock & Strong

Thomas Manton

Manton, Thomas, Dd

Manton, Thomas, D.D.

l'un des plus éminents des divins puritains du XVIIe siècle, naquit en 1620 à Lawrence-Lydiard, Somerset, Angleterre. Son père et ses deux grands-pères étaient ministres. Il fut éduqué au Wadham College, Oxford, et reçut des ordres de l'évêque Hall avant d'avoir atteint l'âge de vingt ans, étant considéré par le bon prélat comme un jeune homme extraordinaire. La grandeur de son caractère se manifesta même à cet âge précoce. Croyant que l'admission aux ordres diaconaux conférait autorité pour prêcher, il refusa fermement les ordres sacerdotaux après avoir reçu le diaconat. Après un court séjour à Colyton, dans le Devonshire, il alla à Londres, et y fut imprimé en 1643 avec la cure de Stoke-Newington, près de Londres. Là il prépara et publia ensuite ses Expositions de Jacques et de Jude (la première publiée en 1651 ; éditée par Sherman, 1840, royal 8vo ; éditée par M'Donough, 1842, 8vo ; la seconde publiée en 1658, 4to ; nouvelle éd. 1838, 8vo). Pendant la Révolution on l'appela souvent à prêcher devant le Parlement, où il eut le courage de s'élever contre la mort du roi, quoique cela lui attirât une grande offense. En 1653 il fut choisi prédicateur de St. Paul's, Covent Garden, où il eut une nombreuse congrégation de personnes de grand renom et rang, et fut d'un succès éminent dans son ministère. Ayant pris part à la Rébellion, il devint l'un des aumôniers du protecteur, et un des membres du comité d'examen des ministres sous le Commonwealth. Il fut cependant prompt à favoriser la Restauration en 1660, fut choisi aumônier du roi, et fut aussi honoré par Oxford à cette époque du grade de D.D. par exigence spéciale du roi Charles II. En 1661 on lui offrit le doyenné de Rochester, mais il refusa cette charge. À l'instar de Baxter, il s'accrocha jusqu'au bout à l'espoir qu'un projet de comprehension pût être mené pour les presbytériens ; et il avait si bien concédé qu'il reçut l'institution épiscopale de Sheldon pour permettre la lecture de la Book of Common Prayer dans son église, mais quand il vit clairement qu'il n'y avait de paix qu'au sein de l'Établissement, et par un abandon total de tous les principes puritains, il laissa tomber le doyenné, content de rester dans la position qu'il occupait alors. Le vote de l'Act of Uniformity le força à entrer dans les rangs des Nonconformistes. Des efforts furent faits par Calamy, Manton et Bates, les chefs de ces presbytériens qui espéraient encore un redressement, pour obtenir leurs droits du roi par un entretien personnel, et ils reçurent même des encouragements de Charles II d'un changement favorable, qui 'promit de les rétablir dans leurs emplois et places, ayant pitié que de tels hommes demeurent sans fonctions' (Stoughton, 1:302). Mais le roi se révéla faux, et les puritains perdirent leurs places. Parmi les ministres nonconformistes qui ne voulurent pas quitter la chaire jusqu'à y être forcés se trouvait Thomas Manton. Privé d'une église, il ouvrit ses chambres à Covent Garden, et y rassembla une congrégation. Là on lui présenta le serment d'Oxford, et sur son refus il fut emprisonné à la Gate-house, et y demeura six mois. Il mourut le 18 oct. 1677. Peu d'hommes de cette époque eurent sans doute plus de vertu et moins de défauts ; mais sa seule confiance était dans l'Agneau de Dieu. Comme orateur il fut fort estimé de ses contemporains. Usher l'appelle 'l'un des meilleurs prédicateurs en Angleterre.' Comme expositor pratique des Écritures il fut peut-être jamais surpassé. Il laissa de nombreux écrits, principalement sermons et expositions. Une édition collective de ses œuvres parut en 5 vol. 8vo, en 1681-84-89-93-1701, avec une Vie par le Dr William Harris ; mais cette collection est incomplète. Une liste de toutes ses productions est donnée par Darling, Cyclop. Bibliog. 1:1953-56. La publication d'une collection complète de ses œuvres, préparée sous la direction du Rév. Thomas Smith, D.D., et d'autres, avec index complets et une notice originale par le Rév. J. C. Ryle, fut commencée en 1869, et devait être complétée, en 20 vol. demy 8vo, en 1874. Voir l'excellent article dans Allibone's Dictionary of British and American Authors, vol. 2, s.v. ; Hook, Ecclesiastical Biogr. vol. 7, s.v. ; Middleton, Evangelical Biography, 3:429. (J. H. W.)

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.