Définition dans McClintock & Strong

Thomas Bradwardine

Bradwardine, Thomas

Bradwardine, Thomas, surnommé doctor profundus, éminent théologien scolastique anglais, naquit à Hartfield, dans le Cheshire, en 1290 et fut instruit au Merton College, Oxford. Il fut confesseur d’Édouard III et l’accompagna en France. En 1349 il fut nommé archevêque de Cantorbéry, mais mourut six semaines après. Bradwardine fut presque autant éminent comme mathématicien que comme théologien. Son traité De Causa Dei adversus Pelagium (Lond. 1618, fol.) est une suite de raisonnements en forme strictement mathématique, en faveur de l’augustinisme. «Il place l’univers entier et chacune de ses parties sous une nécessité inconditionnelle. Tout ce qui arrive est l’accomplissement nécessaire du plan divin de l’univers. La volonté divine est la cause efficiente, à laquelle tout le reste est subordonné; même les actions des êtres raisonnables n’échappent pas à cette loi universelle. Dès lors il attaque la distinction d’une volonté divine et d’une permission divine à l’égard du mal, et cherche à montrer que même cela fait partie nécessaire du plan divin, sans que l’imputation morale soit pour autant annulée, puisque le mal, subjectivement, contredit la volonté d’Elohîm. Il s’efforce d’écarter tous les subterfuges de ses adversaires pour revendiquer quelque meritum que ce soit, même un meritum de congruo; il s’oppose même à ceux qui admettaient une gratia praeveniens et soutenaient seulement qu’elle dépendait de la réceptivité de l’homme pour l’accepter ou non. De ce système il suit strictement que l’indépendance et la contingence du libre arbitre ne sont qu’un semblant; et, comme cela s’applique à la chute, le supralapsarianisme en serait impliqué.» Bradwardine a été considéré par quelques écrivains comme un précurseur de la Réforme. Sa doctrine de la volonté est presque identique à celle de Jonathan Edwards. — Mosheim, Eccl. Hist. ii, 365; Cave, Hist. Lit. A.D. 1348; Collier, Eccl. Hist. 3:109; Neander, Hist. of Dogmas, p. 609.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.