Définition dans McClintock & Strong

Symon Patrick (D.D.)

Patrick, Symon

Patrick, Symon D.D., un prélat anglais célébré de l'école orthodoxe, fleurit pendant les événements importants du XVIIe siècle, et tient, après Tillotson, la seconde place par son influence et son érudition. Burnet, son contemporain, range Patrick parmi les plus honorables de la nation anglaise, et le proclame un homme qui fut un honneur pour l'Église et pour l'âge où il vécut. Symon Patrick naquit à Gainsborough, dans le Lincolnshire, en 1626. Son père était un mercier de bonne réputation, et l'envoya, afin de donner au jeune homme tous les avantages éducatifs de son temps, tôt à l'école. Il reçut sa première formation dans sa ville natale, sous la conduite d'un certain Merriweather, traducteur de la Religio Medici de Sir T. Browne. À l'âge de dix-huit ans Patrick fut admis au Queen's College, Cambridge, où il étudia avec grande application et persévérance inlassable. Au temps ordinaire il prit les grades de B.A. et M.A., et fut choisi fellow de son collège ; et peu après reçut les ordres sacrés de Hall, évêque de Norwich, dans sa retraite à Heigham, après son éviction de son siège, qu'ayant jamais cessé de considérer comme sien il n'avait point abandonné. Bientôt après son ordination, Patrick fut reçu comme chapelain dans la famille de Sir Walter St. John, de Battersea, qui lui donna cette cure en 1658. En 1661 il fut élu, par la majorité des fellows, maître du Queen's College, en opposition à un mandamus royal nommant M. Anthony Sparrow à cette place ; mais l'affaire, portée devant le roi et le conseil, fut bientôt décidée en faveur de M. Sparrow ; et quelques-uns des fellows, sinon tous, qui s'étaient auparavant accordés avec M. Patrick, furent évincés. Sa préférence suivante fut la cure de St. Paul's, Covent Garden, Londres, donnée par l'earl of Bedford en 1662, où il s'attira beaucoup d'affection de la part des paroissiens par ses instructions et son exemple, et particulièrement en demeurant parmi eux durant la peste de 1665. Il prêcha, visita les malades, distribua des aumônes avec calme comme si la peste n'existait pas, et après réflexion sur cette terrible saison et son propre péril, enregistra ces paroles : « Je suppose que vous pensez que j'ai l'intention de rester ici encore ; bien que je comprenne par votre question que vous ne voudriez pas que je fisse ainsi. Mais, mon ami, quoi suis-je de mieux qu'un autre ? Quelqu'un doit être ici ; et est-il convenable que je m'estime de telle valeur que mon départ et le fait d'en laisser un autre fasse sens ? Car ce serait, en effet, dire que je suis trop bon pour être perdu ; mais peu importe si un autre l'est. Vraiment, je ne me crois point si considérable pour le monde : et quoique mes amis me donnent une grande valeur, cette tentation ne m'a pas fait être de leur avis ; et je sais que leur amour me fait passer pour plus qu'en vérité je ne vaux. Quand je parle de ce mot, amour, j'avoue qu'il me touche profondément, et j'ai une grande passion pour eux, et souhaiterais pouvoir vivre pour les embrasser encore ; mais je ne dois point prendre de voies indues pour satisfaire cette passion, qui est trop forte en moi. Je dois laisser raison prévaloir, et rester avec ma charge, ce que je considère jusqu'ici comme mon devoir, quoiqu'il arrive. » Plus tard il écrit : « Durant ma présence avec ces gens affligés j'eus beaucoup de méditations célestes dans mon esprit, et trouvai que le plaisir dont ils remplissaient l'âme était bien au-dessus de tous les plaisirs de la chair. Je ne pus favoriser rien qui dût durer si longtemps, ni me donner tant de joie et de délice, que ces pensées que j'avais de l'autre monde, et la saveur que Elohîm me permit d'en goûter » (Autobiography, p. 52). On dit encore, par égard particulier pour ces gens, qu'il refusa l'archidiaconat de Huntingdon. Ayant de solides raisons de mécontentement à l'égard de son collège à Cambridge, il alla à Oxford pour ses degrés en théologie ; et, s'inscrivant à Christ Church, prit son doctorat en 1666. Il fut nommé chapelain en titre du roi vers la même époque. En 1672 il fut fait prébendier de Westminster, et doyen de Peterborough en 1679. En 1680 le lord-chancelier Finch lui offrit la cure de St. Martin's in the Fields ; mais le Dr. Patrick la refusa, recommandant Dr. Thomas Tenison. En 1682 Dr. Lewis de Moulin, qui avait été professeur d'histoire à Oxford, et qui avait écrit de nombreux ouvrages acerbes contre l'Église d'Angleterre, fit venir Patrick sur son lit de mort, et déclara solennellement son regret, déclaration qui, signée, fut publiée après sa mort. Durant le règne de Jacques II, Dr. Patrick fut un de ces champions qui défendirent la religion protestante contre les papistes. Dans la révision proposée de la Liturgie, sa part spéciale fut la refonte des Collectes ; le procédé employé pour ce but est décrit dans Birch's Life of Tillotson, qui, à cette époque, était doyen de St. Paul's et l'âme de la commission. Dans le carnet de Tillotson fut trouvé un papier en sténographie intitulé « Concessions which will probably be made by the Church of England for the union of Protestants ; which I sent to the earl of Portland by Dr. Stillingfleet, Sept. 13, 1689. » Il y avait sept points, qu'il n'est pas hors de propos de transcrire, Patrick ayant été l'un des commissaires les plus actifs :

« 1. Que les cérémonies prescrites ou recommandées dans la Liturgie ou les Canons soient laissées indifférentes.

« 2. Que la Liturgie soit soigneusement revue, et que soient faites en elle de telles altérations et changements qu'il conviendra pour pallier les défauts, et enlever, autant que possible, toutes raisons d'objection à quelque partie d'elle, en ôtant les leçons apocryphes, et en corrigeant la traduction des Psaumes, utilisés dans le service public, là où il y a besoin ; et en plusieurs autres particularités.

« 3. Qu'au lieu de toutes anciennes déclarations et subscriptions à faire par les ministres, il soit suffisant pour ceux admis à l'exercice de leur ministère dans l'Église d'Angleterre de souscrire une déclaration générale et promesse à cet effet, à savoir que nous nous soumettons à la doctrine, discipline, et culte de l'Église d'Angleterre telle qu'elle sera établie par la loi, et promettons d'enseigner et de pratiquer en conséquence.

« 4. Qu'un nouveau corps de canons ecclésiastiques soit fait, particulièrement en vue d'une disposition plus efficace pour la réforme des mœurs tant chez les ministres que chez le peuple.

« 5. Qu'il y ait une réglementation effective des tribunaux ecclésiastiques pour remédier aux grands abus et inconvénients qui, par degrés et par le temps, s'y sont introduits ; et particulièrement, que le pouvoir d'excommunication soit retiré des mains des officiers laïques, et donné à l'évêque, à n'être exercé que pour de graves et pesantes occasions, et non pour des matières frivoles.

« 6. Que dorénavant ceux qui ont été ordonnés dans l'une des Églises réformées étrangères ne soient pas requis d'être réordonnés ici pour les rendre capables de bénéfices en cette Église.

« 7. Que désormais nul ne soit capable d'aucun bénéfice ecclésiastique ou préférence dans l'Église d'Angleterre qui soit ordonné en Angleterre autrement qu'entre les mains d'évêques. Et que ceux qui n'ont été ordonnés que par des presbytres ne soient pas contraints de renoncer à leur ordination antérieure. Mais, parce que plusieurs doutent encore de la validité de telle ordination, où l'ordination épiscopale peut être obtenue et est requise par la loi, il suffira pour de telles personnes de recevoir l'ordination d'un évêque dans cette ou une forme semblable : If thou art not already ordained, I ordain thee, etc. ; comme dans le cas où l'on doute du baptême de quelqu'un, il est ordonné par la Liturgie qu'il soit baptisé en cette forme : If thou art not baptized, I baptize thee, » etc.

À la Révolution de 1688 on fit grand usage du doyen Patrick, qui fut fort actif pour régler les affaires de l'Église : il fut appelé à prêcher devant le prince et la princesse d'Orange, et peu après fut nommé l'un des commissaires pour la révision de la liturgie. En 1689 il fut fait évêque de Chichester, et employé, avec d'autres évêques, à composer les désordres de l'Église d'Irlande. En 1691 il fut traduit au siège d'Ely, en la place de Turner, qui fut privé pour avoir refusé les serments au gouvernement. Là il continua d'accomplir toutes les fonctions d'un bon évêque et d'un homme de bien, ce qu'il avait déjà prouvé. Dans sa jeunesse il regardait peu favorablement les Nonconformistes, et avait même écrit contre eux un pamphlet intitulé A friendly Debate between a Conformist and Nonconformist (1668), mais dans ses dernières années, particulièrement durant son épiscopat, il eut occasion de changer d'avis. Il prit même une grande part dans la comprehension projetée par l'archevêque Sancroft, afin de rallier les Dissidents. Cela peut paraître étrange, car dans la préface de son dialogue entre un conformiste et un nonconformiste il avait combattu un tel dessein, offensant ainsi grandement lord chief-justice Hale, qui y était zélé. Ses remarques sur les pourparlers de comprehension, dans son détail autobiographique, sont maigres et n'éclairent guère la question. Les principaux éléments se trouvent dans Calamy's Life of Baxter, Birch's Life of Tillotson, Burnet's Own Time, et autres publications. Harris, le biographe du Dr. Manton, dit : « L'évêque Patrick, en âge avancé, observa, dans un discours à la Chambre des Lords en faveur du projet de loi sur l'Occasional Conformity, qu'il avait été connu pour écrire contre les Dissidents dans sa jeunesse, mais qu'il avait vécu assez longtemps pour voir la raison d'altérer son opinion de ce peuple, et cette manière d'écrire. » La raison fut probablement sa connaissance plus intime, et par là plus exacte, des Nonconformists. Plusieurs de ceux avec qui il fut en contact personnel le déçurent heureusement par la non-confirmation qu'il prévoyait ; il les trouva non pas des partisans politiques violents, mais des hommes professant les principes constitutionnels de la Révolution de 1688 ; des gens de vie dévote et exemplaire ; des personnes qui tenaient aux articles doctrinaux de l'Église d'Angleterre, et déploraient que quelques points — et seulement quelques-uns — les empêchassent d'en embrasser la communion ; car ils n'entretinrent point d'opposition quant à l'utilité d'établissements ecclésiastiques nationaux. Il demeure en effet question ouverte jusqu'à ce jour si la Dissidence n'aurait pas pu être définitivement supprimée à cette époque de l'histoire anglaise sans l'influence des Altitudinarians, ou Tractarians comme on les appelle maintenant, si puissants dans l'Église anglicane. En fait, nous pensons que, sans des hommes modérés tels que Tillotson et Patrick pour apaiser la tempête qui se préparait alors, on aurait pu assister à un renouvellement des scènes malheureuses des jours de Charles Ier. Les services rendus par l'évêque Patrick à l'Église d'Angleterre, et au peuple anglais, ne peuvent donc être trop hautement estimés. Il mourut à Ely le 31 mai 1707, et fut inhumé dans la cathédrale, où un monument est élevé à sa mémoire. L'évêque Patrick fut un des hommes les plus savants ainsi que meilleurs écrivains de son temps. Il publia nombre d'ouvrages : quelques-uns de caractère dévotionnel, beaucoup de Sermons, de Traités contre le papisme, et des Paraphrases et Commentaires sur les Saints Écrits. Ceux-ci sont excellents en leur genre, et peut-être les plus utiles parmi ceux écrits en langue anglaise. Ils furent publiés à diverses époques ; mais comme ce prélat ne passa pas au-delà du Cantique des Cantiques, les commentaires de Lowth, Arnald, Whitby, et Lowman sont généralement ajoutés pour compléter l'œuvre. Dans cette forme agrandie ou complétée il est publié sous le titre A critical Commentary and Paraphrase on the Old and New Testament and the Apocrypha, par Patrick, Lowth, Arnald, Whitby, and Lowman ; corrigé par le Rev. J. R. Pitman (Lond. 1822, 6 vols. 4to). Les livres historiques et poétiques de l'Ancien Testament sont de Bp. Patrick ; les Prophètes, de W. Lowth ; l'Apocryphe, par Arnald ; le Nouveau Testament (à l'exception de l'Apocalypse), par Whitby ; l'Apocalypse, par Lowman. Il existe une nouvelle édition, avec le texte imprimé en gros caractères (non donné antérieurement), 4 vols. imp. 8vo, 1853, et autres tirages. Il y a diverses éditions en folio, estimées pour la grosseur des caractères qu'elles emploient ; mais aucune d'elles ne contient Lowman, et peu de copies renferment Arnald. Dans ce format l'ouvrage est en 6 vols. sans Arnald, ce qui en fait un septième quand celui-ci est ajouté. Une édition de toutes les œuvres de l'évêque Patrick fut publiée en 1858 par le Rev. Alexander Taylor, A.M. (Oxf. 9 vols. 8vo). Son Autobiography fut publiée à Oxford en 1839. Une liste de tous ses écrits est donnée par Darling, Cyclop. Bibl. 2:2304-2307. Voir Debary, Hist. of the Ch. of England, 1685-1717, p. 20, 81, 203, 380 ; Perry, Hist. of the Ch. of England, 2:397 ; 3:82 ; Stoughton, Eccles. Hist. of England, 1:338 ; 2:140, 354 ; Christian Observer, Nov. 1843, art. 1.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.