Définition dans McClintock & Strong

Sebastian Munster

Munster, Sebastian

Munster, Sebastian

un théologien et hébraïsant allemand, qui s'associa aux Réformateurs mais exercerait surtout une influence en tant qu'érudit, naquit en 1489 à Ingelheim, dans le Palatinat. À seize ans il alla à Tübingen, où Stapfer et Reuchlin furent ses maîtres. Il entra ensuite dans l'Ordre des Franciscains ; mais, mis en contact avec Luther, il quitta le couvent et embrassa le protestantisme. Il fut élu professeur d'hébreu et de théologie à l'université de Heidelberg, puis à celle de Bâle, où il mourut de la peste en 1552. Outre être un hébraïsant éminent, il fut aussi un excellent mathématicien ; néanmoins son érudition est à peine plus louée par ses contemporains que sa modestie. Sa pierre tombale porte l'inscription : « Germanorum Esdras hie Straboque conditur. » Homme doux, paisible, studieux et retiré, il écrivit un grand nombre d'ouvrages, mais ne se mêla jamais aux controverses ; à cela près, son adhésion précoce à Luther paraît quelque peu extraordinaire. Il fut cependant l'un des premiers à se rallier à Luther ; il semble l'avoir fait sans la ferveur qui distingua les premiers Réformateurs, car il s'occupa peu de leurs disputes, se retirant plutôt dans son étude et se livrant aux occupations qui lui plaisaient : l'hébreu et autres langues orientales, les mathématiques et la philosophie naturelle. Ses œuvres sont : Biblia Hebraica Charactere Singulari apud Judeos Germanos in usu recepto, cum Latina planeque Nova Translatione, adjectis insuper e Rabbinorum Commentariis Annotationibus, etc. (Bâle, 1534-35, fol. ; réimpr. en 2 vol. fol. en 1546, avec additions et corrections considérables). Cette version est tenue pour plus fidèle et exacte que celles de Pagninus et d'Arias Montanus, et ses notes sont généralement approuvées, bien qu'il s'attarde un peu trop sur les commentaires des rabbins. Pour cette version il reçut l'appellation de « l'Esdras allemand » : — Grammatica Chaldaica (in-4°) : — Dictionarium Chaldaicum non tam ad Chaldaicos interpretes, quam ad Rabbinorum intelligenda Commentaria necessarium (in-4°) : — Dictionarium Trilingue (latin, grec et hébreu, fol.) : — Captivitates Judeorum incerti autoris (hébreu et latin, in-8°) : — Calendarium biblium Hebr., ex Hebraeorum penetralibus editum : — Higgaion, logica R. Simeonis, Latine versa : — Institutiones Grammaticae in Hebr. linguam : — Grammatica Ebraea : — Institutio elem. Gramm. Hebr. : — Hebraicae Institutiones : — Catalogus omnium praeceptorum legis Mosaiae, quae ab Hebraeis sexcenta et octodecies numerantur, cum succincta Rabbinorum expositione et additione traditionum, etc. (hébreu et latin, in-8°) : — Organum Uranicum ; theorica omnium planetarum motus, canones (fol.) : — Cosmographia Universalis (1544, fol., traduite en allemand, français, italien, anglais, bohémien et autres langues). C'est l'une des premières géographies universelles publiées en temps modernes, et elle est remarquablement bien faite compte tenu de l'époque. L'auteur y est très abondant sur l'Allemagne et la Suisse. Il donne une description des principales villes, leur histoire, les lois, mœurs et arts des peuples ; les animaux remarquables du pays ; les productions du sol, les mines, etc. ; le tout est illustré de bois gravés, avec un portrait de l'auteur. Munster mentionne plusieurs savants de son temps qui lui fournirent des notices sur leurs pays respectifs, la Sardaigne, l'Illyricum, etc. Il donne aussi des spécimens de plusieurs langues : — Rudimenta mathematica in duos libros digesta : — Horaologiographia (traité de gnomonique). Munster traduisit aussi en latin plusieurs ouvrages du grammairien hébreu Elias Levita, sur la Massorah et la grammaire hébraïque. Il écrivit encore des notes sur Pomponius Mela et Solin. Ses commentaires sur plusieurs livres de l'Ancien Testament sont insérés parmi les Critici Sacri. Voir Brucker, Ehrentempel der teutschen Gelehrsamkeit, p. 137 sqq. ; Schrockh, Kirchengeschichte s.d. Ref. 5:72, 92 sqq. ; Adam, Vite Philos. Germ. p. 66 sqq. ; Rosenmüller, Handb. f.d. Lit. d. bibl. Kritik u. Exegese, 5:224 sqq. ; Gieseler, Ecclesiastical Hist. (éd. Harper) vol. 4. (J.H.W.)

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.