Définition dans McClintock & Strong
Scorpion
Scorpion
(עַקְרָב akrab, Deut. 8:15 ; Ézéch. 2:6 ; σκορπίος, Luc 10:19 ; Luc 11:12 ; Apoc. 9:3,5,10), un insecte notoirement nuisible des climats chauds, appartenant à la classe des Arachnida et à l’ordre des Pulmonaria, dont la forme rappelle beaucoup celle d’un homard. Il vit dans les endroits humides sous les pierres, dans les fissures des murailles, des caves, etc. ; et les nuits d’été il se glisse même dans les rues et sur les marches (Russell, Aleppo, 2, 119). La tête et le thorax sont étroitement joints, et il y a deux grandes antennes à l’avant. Les yeux sont disposés comme chez les araignées — une paire au centre du thorax, le reste symétriquement de chaque côté de l’avant. Dans le genre Scorpio proprement dit il y a six de ces organes, dans Buthus huit, et dans Androctonus douze. Tous ceux‑ci, toutefois, peuvent être considérés correctement comme des scorpions. Ils ont huit pattes, couvertes de poils. Il existe une queue très active, de six articulations, qui se termine par une pointe recourbée (Pline, 11, 62) comme une griffe de volaille (Schulz, Leitung, 4, 351). Ce sont des animaux carnivores dans leurs habitudes, et ils se meuvent dans une attitude menaçante la queue relevée. Le dard, situé à l’extrémité de la queue, a à sa base une glande qui sécrète un fluide poison, lequel est déchargé dans la plaie par deux minuscules orifices à son extrémité. Le scorpion fait une blessure douloureuse chez l’homme et les bêtes (Pline, 11, 62 ; Host, Marokko, p. 302 ; comp. Minutoli, Tray. p. 205) qui produit des résultats mortels (Pline, 11, 30 ; Sonnini, Tray. 2, 312 ; Prosp. Alpin. Rer. Aegyp. p. 206 ; comp. Latorde, Voyage, p. 50), à moins que des remèdes rapides ne soient fournis (tels que scarifier la plaie, sucer le poison, etc. [Russegger, Reis. 2, 2, 223]). Cela est vrai toutefois seulement pour le scorpion oriental (bien que Thomson, Land and Book, 1, 379, affirme que sa piqûre n’est jamais fatale en Syrie), c’est‑à‑dire celui mentionné dans la Bible (voir description et planches dans Rosel, Insecten‑Belustig, 3, 370 sqq., tab. 65 ; comp. Sir. 26, 10 ; Ézéch. 2:6) ; car la blessure du scorpion européen, ou italien, est moins dangereuse. Le premier se distingue par son plastron noir brillant, qui lui a valu le nom de Scorpio afer. (De nombreuses planches sont fournies dans l’Icon. et Descript. Animal. d’Ehrenberg ; mais sans descriptions. Trois espèces de scorpions sont nommées dans la Descript. de l’Égypte, 22, 409 sqq.) Le désert du Sinaï est spécialement évoqué comme étant habité par des scorpions au temps de l’Exode (Deut. 8:15), et jusqu’aujourd’hui ces animaux y sont communs ainsi que dans certaines parties de la Palestine. Ehrenberg (Symb. Phys.) en énumère cinq espèces aux environs du mont Sinaï, quelques‑unes étant également trouvées au Liban. Ézéchiel (Ézéch. 2:6) est instruit de ne pas craindre les Israélites rebelles — ici comparés à des scorpions. Il y a beaucoup de scorpions en Palestine — dans les plaines du Jourdain, sur les montagnes de Juda, etc. (Troilo, Trav. p. 433 ; Schulz, Leitung, 4, 352 ; Thomson, Land and Book, 1, 378 sqq.), et ils sont proverbialement communs à Banias (Césarée‑Philippi). Une partie des montagnes bordant la Palestine au sud fut nommée d’eux Acrabbim. Voir Bochart, Hieroz. 3, 538 sqq. ; Shaw, Trav. p. 168. Sur le scorpion d’Asie Mineure, voir Van Lennep, Bible Lands, p. 309 sqq. ; et sur ceux d’Égypte, Olivier, Voyage, 5, 171. Ceux que l’on trouve en Europe dépassent rarement deux ou trois pouces en longueur, mais dans les climats tropicaux on en rencontre parfois de six pouces. Ceux de la Palestine mesurent de un à trois pouces de longueur. Il y a peu d’animaux plus redoutables, et aucun plus irascible, que le scorpion ; mais, heureusement pour l’homme, ils sont tout aussi destructeurs pour leur propre espèce que pour les autres animaux. Maupertuis mit environ cent scorpions dans un même verre et ils entrèrent à peine en contact qu’ils commencèrent à exercer toute leur rage en destruction mutuelle, de sorte qu’au bout de quelques jours il n’en resta que quatorze, qui avaient tué et dévoré tous les autres. Mais leur malignité est encore plus apparente dans leur cruauté envers leur progéniture. Il enferma une femelle scorpion grosse de jeunes dans un flacon de verre, et on la vit dévorer ceux‑ci au fur et à mesure qu’ils étaient expulsés. Il n’y eut qu’un seul de la portée qui échappa à la destruction générale en se réfugiant sur le dos de sa mère ; et celui‑ci vengea bientôt la cause de ses frères en tuant à son tour l’ancienne. Telle est la nature terrible de cet insecte ; et l’on affirme même que placé dans des circonstances de danger, dont il ne voit pas d’issue, il se piquera lui‑même à mort. Ordinai‑rement toutefois, on dit qu’il est extrêmement attaché à ses petits, qu’il porte sur son dos.
Un scorpion pour un œuf (Luc 11:12) était probablement une expression proverbiale. Selon Érasme, les Grecs avaient un proverbe semblable (ἀντὶ περκῆς σκορπίον). Mais la créature n’a, bien entendu, aucune ressemblance avec un œuf, comme certains ont cru que ce passage l’implique (comp. Thomson, Land and Book, 1, 379 sqq.). Les apôtres furent investis du pouvoir de résister aux piqûres de serpents et de scorpions (Luc 10:19). Dans la vision de saint Jean (Apoc. 9:3,10) les sauterelles qui sortirent de la fumée de l’abîme sont dites avoir eu «des queues comme des scorpions», tandis que la douleur résultant de la piqûre de cette créature est évoquée au v. 5. La prophétie a reçu beaucoup d’interprétations fantaisistes. VOIR REVELATION, BOOK OF. Les «scorpions» de 1 Rois 12:11,14 ; 2 Chron. 10:11,14 n’ont clairement aucune allusion à l’animal, mais à quelque instrument de flagellation, à moins que l’expression soit purement figurée. Celsius (Hierob. 2, 45) pense que le fouet «scorpion» était la tige épineuse de ce que les Arabes appellent Hedek, le Solanum melongena var. esculentum, aubergine, parce que, selon Abul‑Fadli, cette plante, par la ressemblance de ses épines avec le dard d’un scorpion, était parfois appelée «épine de scorpion» ; mais, très probablement, cet instrument de châtiment avait la forme d’un fouet armé de pointes de fer, «Virga — si nodosa vel aculeata, scorpio rectissimo nomine vocatur, qui arcuato vulnere in corpus infigitur» (Isidore, Orig. Lot. 5, 27 ; et voir Jahn, Bibl. Ant. p. 287). Dans le grec de 1 Macc. 6:51, une sorte de projectile de guerre est mentionné sous le nom σκορπίδιον, mais nous manquons d’informations tant sur sa forme que sur la raison de son nom. Voir Smith, Dict. of Class. Antiquities, art. «Tormentum.» Un autre emploi tropical du mot est donné dans la Mishna (Chelim, 12:3).
