Définition dans McClintock & Strong
Saint‑Barthélemy (fête et massacre de 1572)
Bartholomews Day
Bartholomew's Day
1. Fête célébrée le 24 août (ou le 25 à Rome) dans l'Église de Rome, et le 11 juin dans l'Église grecque, en commémoration de l'apôtre Barthélemy.
2. Cette journée est devenue infâme dans l'histoire en raison du massacre des protestants en France en 1572. Les principaux protestants furent invités à Paris, sous un solennel serment de sûreté, pour célébrer le mariage du roi de Navarre avec la sœur du roi de France. La reine mère de Navarre, fervente protestante, mourut avant la célébration, non sans soupçon d'empoisonnement. Le massacre commença vers le crépuscule au son d'une cloche de l'église de Saint-Germain. L'amiral Coligny fut lâchement assassiné dans sa demeure, puis jeté par une fenêtre, pour satisfaire la malice du duc de Guise. Sa tête fut ensuite coupée et envoyée au roi (Charles IX) et à la reine-mère, la sanglante Catherine de Médicis; son corps, après mille indignités, fut pendu par les pieds à une potence. Les meurtriers ravagèrent ensuite toute la ville de Paris et mirent à mort plus de dix mille personnes de tous rangs. De Thou écrit: "Les rues mêmes et les passages retentissaient des gémissements des mourants et de ceux qui allaient être assassinés. Les corps des tués étaient jetés par les fenêtres, et les cours et chambres des maisons en furent remplies. Les cadavres d'autres furent traînés dans les rues; et le sang coulait par les caniveaux en tels torrents qu'il semblait se déverser dans la rivière voisine. En un mot, une multitude innombrable d'hommes, de femmes et d'enfants fut entraînée dans une même destruction, et toutes les portes et entrées du palais du roi furent maculées de sang." De Paris le massacre se répandit à travers le royaume. Le nombre total des victimes a été estimé par De Thou à 30 000, par Sully à 60 000, et par Pèrefixe, historien papiste, à 100 000. La nouvelle de ce crime atroce fut accueillie à Rome par une joie et un ravissement sans retenue; un jubilé universel fut proclamé par le pape; les pièces de St. Angelo furent tirées, et des feux de joie allumés dans les rues. Une médaille fut frappée à la monnaie du pape, avec sa propre tête d'un côté, et de l'autre une rude représentation du massacre, avec un ange brandissant une épée, et portant l'inscription "Hugonotorum strages." VOIR HUGUENOTS.
Les auteurs romanistes traitent ce massacre de trois manières:
(1) Quelques-uns, comme Caveirac, De Falloux et Rohrbacher, le justifient;
(2) d'autres affirment que les romanistes ne firent que suivre l'exemple donné par les protestants;
(3) d'autres encore, comme Theiner, dans ses nouveaux volumes des Annales Ecclesiastici, l'attribuent à la politique, non à la religion.
La vue de Theiner est réfutée, et la complicité de l'Église romaine, avec le pape à sa tête, dans ce grand crime est démontrée dans le Christian Remembrancer, 24:245. Lingard, dans son Histoire d'Angleterre, donne une vue favorable aux partisans romains, laquelle est réfutée dans l'Edinburgh Review, vols. 42, 53; et dans Lardner, Hist. of England (Cab. Cyclopaedia, vol. 3). Voir Curths, Die Bartholomausnacht (Lpz. 1814); Wachler, Die Pariser Bluthochzeit (Lpz. 1826); Audin, Hist. de la St. Barthélemy (Paris, 1829); aussi Turner, Hist. of England, vol. 3, Appendix; Cobbin, Historical View of the Ref. Church of France (Lond. 1816); Weiss, History of the Prot. Ref. in France (New York, 1854, 2 vols. 12mo); Shoberl, Persecutions of Popery, 2:1 sq.; Ranke, Hist. of Papacy, 1:276, 424, 491; Gieseler, Ch. Hist. 4:304, Smith's ed.
3. Le jour de la Saint-Barthélemy en 1662, année de l'adoption de l'Acte d'Uniformité (q.v.), deux mille ministres non-conformistes furent expulsés de leurs bénéfices en Angleterre. — Mosheim, Ch. Hist. 3, 173 note.
