Définition dans McClintock & Strong

Pièce

Coin

Coin

Avant l'exil babylonien (voir Deyling, Observ. 3. 222 sqq., aussi dans Ugolini Thesaur. 28) les Hébreux n'avaient pas et ne connaissaient pas une monnaie régulièrement frappée, mais usaient généralement dans le trafic d'une devise consistant en sicles (ou talents) d'argent non monnayés, qu'ils se pesaient mutuellement (Genèse 23:16 ; Exode 22:17 ; 2 Samuel 18:12 ; 1 Rois 20:39 ; Jérémie 32:9 sqq. ; comp. Pline, 33:13), comme chez d'autres nations aux temps les plus anciens le métal non frappé servait d'argent (Aelian, Var. Hist. 12:10 ; Strabon, 3. 155), et encore aujourd'hui les Chinois font leurs transactions commerciales au moyen de barres d'argent (Rosenmüller, Morgenl. 1:98 ; voir Sperling, De nummis non cusis, in Ugolini Thesaur. 28). Parmi les plus anciens Hébreux, mais non par la suite (Crusius, De origin ib. pecunioe a pecore ante nummum sign. Petropol. 1748), on commerçait parfois par un bœuf ou autre animal au lieu d'argent (comp. Pline ; 33:3) (voir Michaelis, De siclo ante exil. Babyl. in the Comment. Soc. Gott. 2:1752, § 1). Pourtant déjà du temps d'Abraham circulaient en Asie occidentale, semble-t-il, des lingots d'argent (קשַׁיטָה, Genèse 33:19 ; Josué 24:32 ; voir Gesenius, Thes. Heb. p. 1241 ; Bertheau, p. 24 ; Tuch, Gen. p. 399, 472) d'un poids déterminé, qui était probablement indiqué par des marques (Genèse 23:16 ; Genèse 43:21) estampées sur eux (ainsi le Targum de Jonathan explique le premier passage par פרקמטיא, i.e. πραγματεία). VOIR KESITAH. Même sous l'État hébreu régulièrement organisé, de petites pièces d'argent purent passer en échange (comme chez leurs voisins phéniciens ; mais voir Hérodote 1:94 ; Philostrate, Her. 10:1), bien qu'elles fissent défaut d'autorité nationale (voir 1 Samuel 9:8 ; comp. Exode 30:13 ; Lévitique 27:3 sqq. ; Deutéronome 14:26), les barres n'étant pesées que pour le paiement de grosses sommes (comp. 2 Rois 12:4), bien que les marchands orientaux modernes pèsent même la monnaie frappée (Volney, Voyage, 2:315). VOIR MARCHAND. Pour le transport et la conservation, l'argent, comme de nos jours en Orient, était déposé dans des bourses (2 Rois 5:23 ; 12:10 ; voir Harmor, Observ. 3. 262). Voir généralement Bertheau, Gesch. d. Isr. p. 14 sqq. VOIR SAC.

Après l'exil, la monnaie perse circula surtout, notamment le daric (q.v.), puis la monnaie gréco-syrienne des Séleucides (q.v.), jusqu'au temps (av. J.-C. 143) du prince Simon (q.v.) le Maccabée, qui obtint des monarques syriens le droit d'une monnaie nationale (1 Maccabées 15:6), et frappa des sicles (q.v.), entiers et demi, dont plusieurs (quelques huit) existent encore. La pièce suivante porte d'un côté, en samaritain, le nom de Simon et quelques emblèmes difficiles à interpréter, et de l'autre «La Délivrance de Jérusalem», avec le palmier et deux vases. Il y a d'autres monnaies portant d'un côté l'inscription, en samaritain, «Simon», et de l'autre, «Délivrance de Jérusalem», que l'on suppose avoir été frappées par Simon Bar-Cochba, non par Simon Maccabée. On relève sur ces monnaies des marques indiquant qu'elles avaient été frappées deux fois, une fois par les autorités romaines, et de nouveau par les Juifs ; il existe aussi des exemples de monnaies grecques et romaines de ces types doubles appliquées l'une sur l'autre. Une feuille et un vase semblent être les symboles généraux des pièces frappées en Judée durant la domination des grands prêtres, et les pièces elles-mêmes sont pour la plupart d'exécution médiocre. Celles d'Alexandre Jannée sont toutes en bronze, comme le sont aussi les monnaies d'Antigone ; ces dernières portent le symbole d'une corne d'abondance, type invariable sur les monnaies de ce prince. D'après les inscriptions sur ces monnaies il est supposé qu'Antigone voulut déclarer qu'en sa qualité de descendant de Mattathias il était grand-prêtre. Les monnaies des rois judéens, depuis Hérode le Grand, sont toutes en bronze, à l'exception d'une pièce d'argent assignée à Hérode III, qui serait unique. D'Agrippa II il existe beaucoup de monnaies, frappées après la destruction de Jérusalem, qui présentent au revers des portraits des empereurs régnants. Les dates sur ces monnaies indiquent l'année du règne du prince. (Voir chaque roi dans l'ordre.) Toutefois, ces sicles maccabéens finirent par disparaître de la circulation en raison du trafic étranger (surtout supplantés par la frappe tyrienne, selon Bertheau, p. 45 sqq.). VOIR CHANGEURS DE MONNAIE. Au temps du Mashiah (Christ) la monnaie grecque avait en grande partie prévalu (comptée probablement à un taux déprécié), parmi laquelle les pièces suivantes sont mentionnées : la drachme (q.v.), unité de valeur ; la didrachme (q.v.), ou double drachme (δίδραχμον, Matthieu 17:24) ; et le statère (q.v.), ou tétradrachme. La plus petite pièce était le lepton (λεπτόν, litt. «mite», Marc 12:42 ; Luc 12:59), qui était le septième d'une pièce d'or (χαλκοῦς), ou la moitié du quadrans romain ou «farthing». Voir MITE. Sous la domination romaine la monnaie impériale s'imposa naturellement en Palestine (voir Matthieu 22:17-21), et dès lors le standard devient romain (ainsi dans la Mishna, Baba Mezia, 4) de l'évaluation juive (voir Strong's Harm. and Expos. of the Gospels, Append. 1). Les pièces individuelles de cette monnaie nommées dans le N.T. sont les suivantes :

(a) Le denier (denarius, q.v.), en grec denarion (δηνάριον, Talm. דַּינָר ; A.V. incorrectement «penny»), l'unité usuelle d'estimation populaire, correspondant approximativement au shilling moderne ;

(b) L'assarion (assarius, du latin as [i.e. aes, laiton], qui était strictement la base du système monétaire romain, comme le penny moderne), en grec assarion (ασσάριον, talmudiquement généralement אַיסָּר), de cuivre (Matthieu 10:29 ; Luc 12:6), initialement un dixième, puis un seizième du denier ; il portait l'effigie de l'empereur durant dont le règne il fut frappé. VOIR PENNY. (Comp. Kype, Observ. 1:57 sqq. ; Barth, Das rom. As und seine Theile, Lips. 1834.)

(c) Le quadrans (ou quart), en grec kodrantes (κοδράντης, Matthieu 5:26 ; Marc 12:42), qui valait un quart de l'as, pièce de cuivre. VOIR FARTHING. La drachme attique passait pour équivalente au denier romain. Il existe aussi des références occasionnelles à d'autres pièces plus petites (voir la Mishna, Maaser Sheni. 2:9 ; 4:8 ; Kiddushin, 1:1 ; 2:1), par ex. l'obole (מעָא, mea') = 4 assaria ; le pondion (פּוֹנדַיּוֹן) = 2 assaria ; outre certaines valeurs antiques, p. ex. le zuz (זוּז) = shekel, ou .25 du statère ; la peroutah (פּרוּטָה) = pièce de monnaie en général, etc. (voir Buxtorf, Lex. Talm. col. 175, 1235, 1754, 1812 ; Waserus, De nummis Hebraeor. 1. 2, c. 23). Les pièces étaient perforées et portées comme aujourd'hui autour du cou des enfants pour ornement (Mishna, Chelim, 12:7). (Voir Otho, Lex. Rabb. p. 431 sqq. ; Klemm, De nummis Hebraeor. Tubing. 1730 ; Eisenschmidt, De ponderib. et mensuris vett. Romans Gresc. et Heb. éd. 2, Argent. 1737 ; Wurm, De ponderum, nummorum et mensura. rationib. ap. Romans et Graec. Stuttg. 1821.) VOIR MONNAIE.

La valeur intrinsèque de la monnaie dans les diverses périodes de l'antiquité hébraéo-juive est fort difficile à estimer à partir des indications occasionnelles de valeur marchande (voir Michaelis, De pretiis rer. ap. Hebr. ante exil. in the Comment. Soc. Gott. 3. 145 sqq.), d'autant que la mesure et la qualité des objets ainsi évalués est aussi incertaine (voir Bockh, Metrolog. Untersuch. p. 420 sqq.). VOIR MÉTROLOGIE. Quelques exemples quelque peu indicative sont toutefois les suivants : en temps d'abondance, 1 ephah de blé se vendait pour 1 shekel, et 2 ephahs d'orge pour 1 shekel (2 Rois 7:3 ; comp. Polybe 1:15) ; un cheval égyptien au temps de Salomon valait 150 shekels (1 Rois 10:29) ; 30 shekels étaient généralement donnés pour un esclave (Exode 21:32 ; comp. Genèse 37:28) ; pour 10 shekels on pouvait engager un chapelain au temps des Juges (Juges 17:10). Mais en période faste les prix furent souvent beaucoup plus élevés, p. ex. un cep de vigne choisi était estimé 1 shekel (Ésaïe 7:23) ; un aire à battre avec les bœufs coûta à David 50 shekels (2 Samuel 24:24) ; une unique vigne rapporta à Salomon 1000 shekels par an (Cantique 8:11). D'autres valeurs moins définies peuvent être recueillies pour des objets de fantaisie (Juges 17:4 ; 1 Samuel 9:8 ; Néhémie 5:15). À des époques ultérieures un esclave instruit put être acheté (selon la monnaie grecque et romaine) pour 1 talent (alexandr.) (Joseph. Ant. 12:4, 9) ; le salaire journalier d'un ouvrier agricole était 1 denier (Matthieu 20:2) ; et le tarif pour plus d'une journée de soins d'un infirme dans une caravansérail était de 2 deniers (Luc 10:35). (Pour d'autres exemples de dépenses, voir Josephus, Ant. 14:2, 2 ; War, 1:33, 5 ; Life, 13:44.) La relative bon marché de la vie chez les Israélites (comme chez les anciens en général, voir Bockh, Staatshaush. 1:65) est évidente, due toutefois plutôt à la moindre rareté des métaux précieux comme moyen circulant qu'à autre chose. VOIR NUMISMATIQUE.

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Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.