Définition dans McClintock & Strong

Pères apostoliques

Apostolical Fathers

Apostolical Fathers est un nom employé pour désigner ces écrivains chrétiens (dont des restes sont maintenant conservés) qui furent contemporains de quelque apôtre; c.-à-d. qui vécurent et écrivirent avant apr. J.-C. 120. Historiquement, ces écrivains constituent un lien de connexion entre les apôtres et les Apologistes (q.v.) du second siècle. On donne ordinairement cinq noms comme étant ceux des Apostolical Fathers, c.-à-d. il y a cinq hommes qui vécurent à l’époque des apôtres, et qui conversèrent, ou purent converser avec eux, et auxquels des écrits encore existants ont été attribués, à savoir Barnabas, Clément de Rome, Ignace, Polycarpe, Hermas. Les ouvrages suivants sont généralement attribués à ces écrivains:

1. L’épître de Barnabas VOIR BARNABAS

2. Deux épîtres de Clément, évêque de Rome, aux Corinthiens VOIR CLEMENT of Rome

3. Plusieurs épîtres d’Ignace, évêque d’Antioche VOIR IGNATIUS:

4. Une épître de Polycarpe, évêque de Smyrne, aux Philippiens VOIR POLYCARP;

5. L’épître (d’un auteur inconnu) à Diognète VOIR DIOGNETUS;

6. Le livre intitulé Pastor Hermas VOIR HERMAS. Certains fragments de Papias sont aussi communément inclus parmi les Apostolical Fathers.

Parmi les écrits attribués à ces pères, quelques-uns du moins sont de généalogie douteuse (sur ce point, voir les notices individuelles renvoyées).

Il ne saurait être question de mettre en doute la valeur de ces écrits pour l’histoire de l’Église, et même pour notre connaissance des Écritures, non tant pour les faits qu’ils contiennent — car ceux-ci sont d’importance secondaire — ni pour leurs contenus critiques ou dogmatiques, mais à cause des illustrations qu’ils fournissent de la vie religieuse pratique de la période, et aussi à cause des citations qu’ils renferment des Écritures du N.T. «On a souvent remarqué qu’il n’y a pas de période de l’Église chrétienne à propos de laquelle nous ayons si peu d’informations que celle d’un peu plus de trente années, depuis la mort de Pierre et de Paul jusqu’à celle de Jean. Il n’y a pas de bonne raison de croire qu’aucun des écrits des pères apostoliques aujourd’hui existants ait été publié pendant cet intervalle. Ceux d’entre eux qui sont authentiques ne nous communiquent pas beaucoup d’informations concernant l’état de l’Église, et n’ajoutent guère à notre connaissance sur quelque sujet que ce soit; et ce que l’on peut glaner d’écrivains postérieurs concernant cette période est fort défectueux, et peu à être pris en considération. Il suffit qu’Elohîm nous ait donné dans Sa Parole tout ce qui est nécessaire à la formation de nos opinions et à la règle de notre conduite; et nous ne pouvons douter qu’Il ait, par miséricorde et sagesse, retenu de nous ce dont l’on a trop de raisons de penser qu’il eût été grandement abusé. Dans l’état actuel des choses, nous avons ces deux points importants établis: d’abord, que nous n’avons aucune information certaine — rien sur quoi, comme simple question de preuve, nous puissions appuyer une confiance ferme — quant à ce que les apôtres inspirés enseignèrent et ordonnèrent, en dehors de ce qui est contenu dans les Écritures canoniques ou déduit d’elles; et ensuite, qu’il n’y a pas d’hommes, excepté les auteurs des livres des Écritures, auxquels il y ait quelque chose comme une prétention plausible pour nous appeler à les regarder comme guides ou oracles» (Cunningham, Historical Theology, vol. 1, ch. 4).

Il est évident que les écrits d’hommes si proches du temps des auteurs du N.T. doivent être d’une grande importance pour la critique du N.T. et pour la fixation du canon. Lardner, après avoir donné des listes des citations et allusions que l’on trouve séparément dans les Apostolical Fathers, conclut comme suit: «Dans ces écrits on prend tous les avis des livres du Nouveau Testament qu’on pouvait en attendre. Barnabas, quoique si ancien écrivain, paraît avoir connu l’Évangile selon Matthieu. Clément, écrivant au nom de l’Église de Rome à l’Église de Corinthe à l’occasion d’une discussion, les invite à ‘prendre en leurs mains l’épître du bienheureux apôtre Paul,’ écrite pour eux, et les renvoie particulièrement à une partie de cette épître où il les admoneste contre la dissension et la contention. Il a de même, dans son épître, diverses allusions claires et indéniables à l’épître de St. Paul écrite à l’Église dont il était le pasteur, et au nom de laquelle il écrivit, pour ne pas mentionner d’autres choses pour le moment. 5. Il n’y pouvait y avoir de citations, comme nous l’avons souvent observé, dans le livre de Hermas; mais il y a des allusions aux livres du Nouveau Testament qui conviennent à son dessein. 6. Ignace, écrivant à l’Église d’Éphèse, remarque l’épître de Paul écrite à eux, dans laquelle il ‘‘fait mention d’eux en Mashiah (Christ) Jésus.’’ 7. Enfin, Polycarpe, écrivant aux Philippiens, les renvoie à l’épître du ‘bienheureux et renommé Paul,’ écrite pour eux, si non aussi, comme je le suppose, aux épîtres envoyées aux Thessaloniciens, chrétiens de la même province, sans mentionner maintenant ses citations expresses d’autres livres du Nouveau Testament, ou ses nombreuses et manifestes allusions à eux. 8. D’après ces détails ici mentionnés, il est apparent qu’ils n’ont omis de prendre notice d’aucun livre du Nouveau Testament que, autant que nous pouvons juger, leur dessein les a conduits à mentionner. Leur silence, donc, à propos de quelque autre livre ne saurait nuire à leur authenticité, si nous rencontrons plus tard des témoignages crédibles en faveur de ceux-ci. Et nous pouvons avoir de bonnes raisons de croire que ces pères apostoliques furent quelques-unes des personnes de qui des écrivains postérieurs reçurent cette évidence pleine et satisfaisante qu’ils semblent avoir eue concernant les divers livres du Nouveau Testament» (Lardner, Works, 2, 11 sq.).

L’importance du sujet justifie l’insertion ici de l’examen approfondi suivant de toutes les citations du N.T. faites par les pères apostoliques, préparé pour ce travail par le Rév. Wolcott Calkins, de Philadelphie. La seconde épître de Clément et la recension plus étendue d’Ignace, étant regardées comme spuriques, ne sont pas citées. Le texte utilisé est celui de Hefele. Les abréviations employées sont Clem., pour Première Épître de Clément aux Corinthiens; Bar., Épître catholique de Barnabas; Ign. Eph., pour Épître d’Ignace aux Éphésiens; Ign. Magn., Ignace aux Magnésiens; Ign. Tral., Ignace aux Tralliens; Ign. Rom., Ignace aux Romains; Ign. Phil., Ignace aux Philadelphiens; Ign. Smyrn., Ignace aux Smyrnéens; Ign. Pol., Ignace à Polycarpe; Pol., pour Épître de Polycarpe aux Philippiens; Her. Vis., les Visions de Hermas; Her. Man., les Commandements de Hermas; Her. Sim., les Similitudes de Hermas.

I. Ces pères témoignent directement de trois des épîtres de saint Paul. —

(1.) Clem. 47: «Prenez en vos mains l’épître de saint Paul l’apôtre. Que vous écrivit-il lorsque l’Évangile commença à être prêché? (ἐν ἀρχῇ τοῦ εὐαγγελίου. Comp. la version latine de Hefele). En vérité il fut poussé de l’Esprit à vous écrire concernant lui-même et Céphas et Apollos, parce que déjà alors vous aviez commencé à former des factions. Mais cette faction ne vous conduisit pas aux pires péchés, parce que vous cédiez à des apôtres si illustres, et à un homme approuvé par eux.» Ici la référence à 1 Co 1:12 est indubitable. L’inspiration de Paul y est aussi revendiquée. —

(2.) Ign. Eph. 12: «Vous participez aux mystères sacrés avec Paul, . . . qui aussi, dans toute son épître (ἐν πάσῃ ἐπιστολῇ, et non ‘toute ép.’ Credner, Einleit. 1, 395, n’a aucun motif pour prétendre que ce passage ait été interpolé depuis la recension plus longue [spurieuse]), fait mention de vous en Mashiah (Christ) Jésus.» Ici la référence à Éph. 1:9; Éph. 3:3 est très frappante. —

(3.) Pol. 3: «Ni moi, ni aucun autre pareil, ne peut atteindre à la sagesse du béni et illustre Paul, qui, lorsqu’il fut avec vous en présence d’hommes alors vivants, enseigna de la manière la plus pleine et convaincante la parole de la vérité; et, étant absent de vous, écrivit une lettre (ἐπιστολάς, pl. pour sing.; compare De Wette, Einl. 1, d. N.T. p. 7, 3e éd. §150), par laquelle ‘‘vous pouvez être édifiés dans la foi, si vous l’étudiez attentivement.’’» Compare Phil. 1:27. — Pol. 11: «Mais je n’ai ni perçu ni entendu rien de semblable parmi vous, avec qui St. Paul travailla, qui sont [loués] au commencement de son épître.» (Hefele endosse la conjecture que «laudanti» a été perdue du texte, avec la perte du grec aux chapitres 10, 11 et 12.) Comp. Phil. 1:5.

II. Quelques passages du N.T. sont distinctement cités, soit comme paroles du Seigneur, soit des apôtres, soit de la «Scripture». — Bar. 4: «Prenons garde donc, de peur que nous soyons trouvés, comme il est écrit, Beaucoup sont appelés, peu sont élus» (Matth. 20:16; Matth. 22:14. Les signes de citation dans cet exemple et le suivant, scriptum est, inquit, sont constamment employés par Barnabas en citant de l’A.T.). — Bar. 7: «Ainsi ils, inquit, qui désirent me voir et être reçus dans mon royaume, doivent m’atteindre par des afflictions et des souffrances» (Matth. 16:24. Compare Hefele, Sendschreiben des Ap. Barn. p. 66+). — Clem. 34: «Car, dit-il, l’œil n’a pas vu, ni l’oreille entendu, ni sont entrés dans le cœur de l’homme, les choses que Elohîm a préparées pour ceux qui l’attendent» (1 Co 2:9, presque exactement; tandis que Paul et Clément diffèrent en synonymes, en arrangement et en tout sauf le sentiment, de la Sept. d’Isaïe 64:3-4, d’où Paul cite). — Clem. 46: «Souvenez-vous des paroles du Seigneur Yéhoshoua (Jésus); car il dit, Malheur à cet homme; il eût été mieux pour cet homme qu’il ne fût pas né (Matth. 26:24); plutôt que d’offenser un de mes élus (Matth. 18:6), il vaudrait mieux pour lui qu’une meule fût pendue au cou, et qu’il fût plongé dans la mer, que de scandaliser l’un de ces petits» (Marc 9:42; Luc 17:2). Des exemples similaires de citation de divers évangiles sous la désignation générale de λόγοι τοῦ κυρίου se trouvent dans Clem. Alex. Straim. 3, 18; aussi fréquemment chez Irénée et Justin Martyr. — Pol. 2: «Souvenez-vous de ce que notre Seigneur dit lorsqu’il enseigna: ‘Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés (Matth. 7:1, litt.); pardonnez, et il vous sera pardonné (Luc 6:37); soyez miséricordieux, afin que vous obteniez miséricorde (Luc 6:36); en quelle mesure vous mesurez, il vous sera mesuré en retour (Matth. 7:2); et heureux les pauvres, et ceux qui souffrent persécution, car le royaume d’Elohîm est à eux’» (Matth. 5:3; Luc 6:20). — Pol. 7: «Le Seigneur a dit, ‘L’esprit est bien disposé, mais la chair est faible’» (Marc 14:38, litt.). — Pol. 11: «Ne savons-nous pas que les saints jugeront le monde, comme Saint Paul l’enseigne?» (1 Co 6:2, apparemment littéral, mais le grec est perdu. Le motif de Credner pour suspecter la dernière clause est singulier — parce que Polycarpe ne donne jamais le nom d’un auteur cité! Einl. 1, d. N.T. p. 445). — Pol. 12: «Comme il est dit dans ces Écritures, Soyez en colère, et ne péchez pas (Ps 4:5, cité par Paul sans mention); et que le soleil ne se couche point sur votre colère» (Éph. 4:26; A.T. et N.T. mêlés comme ‘‘Écritures’’). On croit que ce sont là les seuls exemples de citations explicites avec signes de citation, excepté celles qui peuvent avoir été prises de la Sept. ou du N.T. Des prétendues mauvaises citations seront discutées ci-après.

III. Plusieurs passages sont cités avec une exactitude substantielle, mais sans indication de citation. — Bar. 19: «Donne à quiconque te demande» (Luc 6:30, litt., si, avec les MSS. B K L, 131-57, δέ est omis, et τῷ) avec B; Matth. 5:42, à peu près). — Ign. Rom. 3: «Car les choses qui sont vues sont temporaires, mais les choses qui ne sont pas vues sont éternelles» (2 Co 4:18, litt.). Mais le passage est douteux; il n’est pas trouvé dans d’anc. vers. lat., fragments syriens, ni Syrus). — Clem. 2: «Prêt pour toute bonne œuvre» (Tit. 3:1, εἰς φορ πρός). — Clem. 36: «Qui étant l’éclat de sa gloire (μεγαλωσύνης φορ δόξης), est tellement supérieur aux anges, qu’il a obtenu un nom plus excellent» (Héb. 1:3-4). — Ign. Rom. 6: «Car de quoi sert à un homme de gagner le monde entier et de perdre son âme?» (Matth. 16:26, léger changement dans l’arrangement). — Pol. 1: «En qui, sans l’avoir vu, vous croyez; et croyant, vous vous réjouissez d’une joie ineffable» (1 Pi 1:8, avec légère omission). — Pol. 2: «Croyant en celui qui ressuscita notre Seigneur Yéhoshoua (Jésus) des morts, et qui lui donna gloire» (1 Pi 1:21, léger changement d’arrangement). Her. Sim. 8: «Ils nièrent le nom par lequel ils furent appelés» (Jas 2:7, bien plus exact que ne le font paraître les versions anglaises; quod super eos erat invocatum τὸ ἐπικληθὲν ἐφ’ ὑμᾶς [αὐτούς]). — Her. Man. 12,5: «Si vous le résistez, il s’enfuira de vous avec confusion» (Jas 4:7). — Pol. 5: «La convoitise fait la guerre contre l’esprit (1 Pi 2:11); et ni fornicateurs, ni efféminés, ni ceux qui se livrent à des relations contre nature avec des hommes, n’hériteront le royaume d’Elohîm» (1 Co 6:9-10: le passage est remarquable, car, tandis que beaucoup de mots de Paul sont omis, μαλακοί et ἀρσενοκοῖται, qui avaient acquis une signification scandaleusement technique, sont retenus. Comp. la longue liste des péchés dans Clem. 35 et Ro 1:29-32. La ressemblance est remarquable). — Pol. 4: «L’amour de l’argent est le commencement de tout mal. Sachant donc que nous n’avons rien apporté dans ce monde, et que nous ne pouvons rien emporter, laissons-nous...» (1 Ti 6:7, l’ordre des propositions transposé. Compare Pol. 8; 1 Pi 2:22,24). — Pol. 2: «Ne rendant point mal pour mal, ni injure pour injure» (1 Pi 3:9, litt.). — Pol. 7: «Car quiconque ne confesse pas que Yehoshoua Mashiah (Jésus-Christ) est venu en chair est Antichrist» (1 Jo 4:3). La liste suivante embrasse citations exactes et ressemblances très frappantes.

IV. De nombreux passages étendus chez les PP. Ap. sont de près des imitations de passages analogues du N.T. — Clem. 9-12: Les exemples des anciens hommes de mérite sont donnés sur le modèle d’Hébreux 11. La liste non seulement correspond — Enoch, Noé, Abraham, Lot, Rahab — mais beaucoup d’expressions concordent. Et la magnifique clôture du chapitre dans Hébreux est reproduite avec peu de changement en Clem. 45. Il commence ensuite ch. 46, comme Hébreux 12, par une référence à ces exemples pour notre encouragement. Héb. 12:1 est cependant reproduit encore plus exactement au ch. 19. — Clem. 36 est une imitation rapprochée du début d’Hébreux 1. — Her. Sim. 9:21: Une paraphrase de la parabole du semeur, Matth. 13:5-23. (Comp. Herm. Vis. 3, 6. Aussi, Sim. 9:20, et Matth. 13:7; Matth. 19:23. Aussi, Vis. 4:3, et 1 Pi 1:6-7.) Pol. 5: Le conseil aux diacres est une remarquable imitation de l’ordre de Paul à Timothée (ch. 3). — Clem. 49: L’éloge de la charité, qui imite de près 1 Corinthiens 13; suivant aussi Col. 3:14; 1 Pi 4:8; Jas 5:20; Gal. 1:4; Jean 3:16; 1 Jo 4:9-10. Il n’y a pas une pensée dans tout le chapitre qui ne se trouve pas dans le N.T.

V. Outre ce qui précède, il y a beaucoup d’expressions apparemment prises du N.T.; aussi des allusions et références trop inexactes pour être appelées citations, qui prises isolément pourraient sembler insignifiantes, mais se produisant à chaque page constituent des arguments de poids. Westcott (Canon N.T. p. 30, 40, 47) donne beaucoup d’exemples de coïncidence dans le langage des PP. Ap. avec le N.T.

(1) Particuliers à Clément et à saint Pierre: ἀγαθοποιΐα, ἀδελφότης, ποίμνιον.

(2) Particuliers à Clément, saint Pierre et saint Paul: ἀγαθὴ συνείδησις, ἁγιοσύνη, εἰλικρινής, εὐσέβεια, εὐπρόσδεκτος, ταπεινοφροσύνη, ὑπακοή, ὑποφέρειν, φιλαδελία, φιλοξενία, φιλόξενος. (3) Particuliers à Clément et saint Paul: ἁμεταμέλητος, ἐγκρατεύεσθαι, λειτουργός, λειτουργία, λειτουργεῖν, μακαρισμός, οἰκτιρμοί, πολιτεία, πολιτεύειν (Polyc.), σεμνός, σεμνότης, χρηστεύομαι.

(4) Particuliers à Ignace et saint Paul, très nombreux, p. ex.: ἀδόκιμος, ἀναψύχειν, ὑποτάσμός, φυσιοῦν, etc.

(5) Particuliers à Ignace et saint Jean: ἀγάπη, ἀγαπᾶν et ὁ οὐραμός au lieu de οἱ οὐρανοί (saint Paul et Clément).

(6) Particuliers à Polycarpe et saint Paul: ἀποπλανᾶν, ἀρραβών, ἀφιλάργυρος, τὸ καλόν, μεταιολογία, προνεῖν.

Des allusions et références aucune énumération n’est nécessaire, car elles se trouvent indiquées dans les notes en bas de page de chaque page de l’édition de Hefele, et rassemblées dans son index.

VI. Dans quelques cas ces pères semblent faire de mauvaises citations; c.-à-d. ils citent comme ‘‘paroles du Seigneur,’’ ou de la ‘‘Scripture,’’ ce qui n’est nulle part à trouver dans le N.T. — Ainsi Bar. 4: «Le Fils d’Elohîm dit: résistons à toute iniquité, et tenons-la en haine.» Ceci n’est pas à trouver dans le N.T., ni, autant qu’on sait, dans quelque évangile apocryphe. Il doit avoir été tiré d’une tradition, ou le simple sentiment peut avoir été cité de Jas 4:7, ou 2 Ti 2:19 — ἀποτήτω ἀπὸ ἀδικίας; et Ps 119:163 — ἀδικίαν ἐμίσησα. — Bar. 6: «Voici, dit le Seigneur, je ferai les derniers jours semblables aux premiers.» Cela peut être une citation lâche de Matth. 20:16. Comp. Ezéch. 36:11. — Clem. 23: «Que loin de nous soit cette Écriture qui dit: Malheureux sont ceux qui sont double d’esprit et douteux; disant, nous avons entendu ces choses dès le temps de nos pères, et, voici, nous avons vieilli, et rien de cela ne nous est arrivé.» Certains supposent qu’il s’agit d’une source apocryphe (Coteler, qui toutefois ne parvient pas à indiquer la source précise). D’autres y voient une citation négligente de Jas 1:8 et 2 Pe 3:4. Les deux explications são insatisfaisantes. Cela peut être une simple erreur de Clément. — Ign. Smyr. 3: «Et quand il vint à ceux qui étaient avec Pierre, il leur dit: Prenez, touchez-moi, et voyez que je ne suis pas un esprit sans corps.» Probablement ce passage n’aurait jamais été suspecté comme il l’a été, si ce n’eût été pour la remarque d’Eusèbe (Hist. Eccl. 116, 26) qu’il ne savait de quelle source Ignat. citait, et la conjecture de Jérôme (De Vir. Ill. Ign. n. 16) que c’était de l’Évangile des Nazôréens. Pearson soupçonne une tradition orale. (Comp. Credner, Beitrge, 1, 407.) Mais l’imitation de Luc 24:39 est aussi proche que beaucoup de citations incontestées. Mais le fait le plus remarquable au sujet de ces fausses citations est encore à mentionner: elles ne sont point limitées au N.T. Ainsi Bar. 9: «Les Écritures racontent qu’Abraham circoncis trois cent dix-huit hommes de sa propre maison.» Une combinaison lâche de Gen. 17:26-27; Gen. 14:14. — Clem. 8: Beaucoup de phrases introduites qui ne se trouvent pas sont insérées dans des citations de l’A.T. — Clem. 46: «Car il est écrit, joignez-vous aux saints, parce que tous ceux qui s’attachent à eux seront sanctifiés.» (Non scripturaire, peut-être; certainement pas dans l’Écriture.) Et encore ailleurs: «Avec un homme innocent tu seras innocent, avec l’élu tu seras élu, et avec le pervers tu seras perverse» (Ps 18:26; très lâchement). — Bar. 7: Des cérémonies sont citées du ‘‘prophète’’ qui ne se trouvent que dans la tradition. (Comp. Justin. Dial. c. Tryph. n. 40; Tertull. adv. Jud. c. 14; adv. Marc. 3, 7.) Nos conclusions de ces faits sont: 1re. Il est absolument invraisemblable que ces citations aient été faites d’aucun livre apocryphe du N.T. aujourd’hui en existence. Très peu d’entre elles ont été tracées avec quelque plausibilité à de telles sources, et celles-ci ont tout autant de ressemblance avec les ouvrages authentiques qu’avec les apocryphes. 2e. Et pourtant il n’existe pas de preuve suffisante que ces pères copiaient des MSS. du N.T. Les citations absolument littérales sont fort peu nombreuses et brèves, de la nature de proverbes ou maximes, qui ne pouvaient être aisément oubliés ou altérés. (Par ex., 1 Co 2:9; Qu. Clem. 34: Matth. 7:1; Qu. Pol. 2: Marc 14:38; Qu. Pol. 7: 1 Pe 3:9; Qu. Pol. 2.) On ne fait expressément des citations que de Matth., Luc, 1 Corinthiens, et Éphésiens; et seulement soixante d’environ cent références apparentes sont des imitations rapprochées. 3e. Mais l’A.T. est cité tout aussi imprudemment, dans beaucoup d’exemples, que le Nouveau. Très peu de livres de l’A.T. sont nommés expressément. Les quelques citations littérales de l’A.T. sont aussi de la nature de proverbes. (Par ex., Prov. 5:5; Qu. Clem. 30: Prov. 10:12; Qu. Clem. 49.) Plus de fausses citations de l’A.T. sont faites que du N.T.; et toutes celles-ci furent, bien sûr, de simples erreurs, tandis qu’il dut exister ‘‘des paroles du Seigneur’’ bien connues en ces temps et non enregistrées dans les Évangiles, comme nous l’apprenons de Jean 21:25. Paul lui-même cite de celles-ci en un cas (Actes 20:35). En fait, les citations des pères provenant de l’A.T. ne sont pas plus inexactes que celles des écrivains du N.T. Notre Seigneur lui-même varie souvent, tant en synonymes, qu’en arrangement et construction, de la Sept., ne donnant que le sentiment. 4e. Dans quelques cas l’A.T. est indubitablement cité au moyen du N.T. Des passages totalement différents du Hébr. et de la Sept. sont reproduits avec une surprenante exactitude. Des additions importantes aux textes sont faites depuis le N.T., et le tout désigné comme ‘‘Écriture.’’ Cet argument est irréfutable. De telles citations doivent avoir été faites à partir du N.T. 5e. Donc la conjecture que les livres du N.T. n’étaient pas connus de ces pères, et peut-être pas en existence à leur époque, ne peut être accueillie par un esprit candide. À l’exception possible de 2 Pierre, Jude, et 2 et 3 Jean, auxquelles peu, si ce n’est aucune allusion n’est faite, toutes les livres du canon présent sont cités ou référés à plusieurs reprises, et souvent très exactement. Le témoignage direct des épîtres de Paul est d’autant plus précieux qu’il est donné de manière incidente, et pour un but entièrement différent. Quelques années plus tard, vers apr. J.-C. 150, lorsque l’autorité des écrits apostoliques commença à être mise en question, une liste d’eux, presque complète, est donnée dans le Fragment de Muratori. Ils n’auraient pas pu être contestés ni rivalisés par des apocryphes à l’époque des pères apostoliques. Ces écrivains devaient posséder les livres de notre canon présent, ou la plupart d’entre eux; mais ils se tournaient rarement, si jamais, vers eux au moment de l’écriture. Ils pouvaient citer du N.T., comme ils le faisaient indubitablement de l’Ancien, avec une précision suffisante pour leur but, simplement de mémoire. Le déroulement d’immenses parchemins, même s’ils les portaient, était une peine inutile dans une écriture pressée, au milieu de la pression des voyages missionnaires. Si Strauss avait fait un examen franc de ces faits, il est douteux qu’il aurait trouvé à son avantage de faire l’aveu suivant: ‘‘Ce serait sans doute un argument de poids décisif en faveur de la crédibilité de l’histoire biblique si l’on pouvait montrer qu’elle fut écrite par des témoins oculaires, ou même par des personnes presque contemporaines des événements narrés.’’ (Leben Jesu, 1, §13.)

Le Christian Remembrancer (44, 407) entreprend de montrer que plusieurs des citations chez les pères ap., apparemment tirées de l’Écriture, proviennent des plus anciennes liturgies. Sur l’usage que l’on doit faire des pères apostoliques dans l’histoire de la doctrine chrétienne, voir Dorner, Doctrine of the Person of Mashiah (Christ), period 1, ch. 1; sur leur valeur pour l’histoire de l’Église, voir Schaff, History of the Christian Church, §117; Pressense, Hist. des trois Premiers Siècles, vol. 1; Mosheim, Commentaries, 1, 200 sq.; Elliott, Delineation of Romanism, bk. 1, ch. 3; Hase, Church History, 7e éd. §39. Voir aussi Hagenbach, History of Doctrines, §26; Reuss, Histoire du Canon, ch. 2; Conybeare, Bampton Lecture, 1839; Hilgenfeld, Die app. VV., Untersuchungen, etc. (Halle, 1853); Clarke, Succession of Sacred Literature, vol. 1; Lechler, Apostol. und nachapostol. Zeitalter, Stuttgart, 1857; Bunsen, Christianity and Mankind, vols. 5 et 6; Freppel, Les Pères Apostoliques (Paris, 1859); Donaldson, Critical History of Christian Life and Doctrine from the Death of the Apostles to the Nicene Council (vol. 1. Lond. 1865); Illgen, Zeitschr. f. d. hist. Theol. (1866, Heft. 1); et les prolégomènes aux éditions nommées ci-dessous. Les meilleures éditions sont:

1. Par Cotelerius, SS. Patrium, qui temporibus apostolicis fuerunt, Opera (Paris, 1672, 2 vols. fol.; une nouvelle édition par Clericus, Amsterdam, 1724, 2 vols. fol.). Cotelerius ajouta à son édition les Pseudo-Clémentines et les Vindiciae Ignatianae par Pearson.

2. Par l’Oratorien Gallandius, dans sa Bibliotheca Veterum Patrum;

3. Par Russell (Lond. 1746).

4. Par Jacobson (2 vols. Oxf. 1838, 2e éd. 1840, 8vo). Cette édition ne contient pas l’épître de Barnabas, l’épître à Diognète, et le Pastor Hermas.

5. Reithmayr (R. C.) Patrum Apostol. Epistole (Monach. 1844, 8vo).

6. Hefele (R. C.), Patrum Apostol. Opera (Tubing. 1839, 4e éd. 1855, 8vo).

7. Dressel, Patrum Apostol. Opera (Leipz. 1863, 2e éd. 8vo); elle inclut le Pastor Hermas en grec, et l’Épître de Barnabas d’après le Codex Sinaïticus de Tischendorf. Il existe aussi une version anglaise des Ap. Fathers (non conforme aux textes les plus récents) par Wake (dernière éd. Oxf. 1841, 12mo). VOIR FATHERS.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.