Définition dans McClintock & Strong
Pardes (méthode exégétique)
Pardes
Pardes (פרדס, c.-à-d. Paradis) est l’acrostiche comprenant les quatre règles exégétiques, סוד, דרוש, רמז, פשט, par lesquelles les rabbins expliquaient les Écritures.
Immédiatement après la clôture du canon l’étude de l’Ancien Testament devint un objet de traitement scientifique parmi les Juifs. Un nombre de maîtres craignant Elohîm apparurent, qui, par leur instruction, leurs encouragements et leurs solennelles exhortations, enracinaient et édifiaient le peuple dans sa foi scripturaire. Comme la Bible formait le point central autour duquel se groupaient leurs légendes, sermons, conférences, discussions, investigations, etc., une littérature homilético-exégétique se développa, appelée Midrash (q.v.), מדרש (de דרש, «étudier, exposer» — un terme que la Version Autorisée King James rend par «Story», 2Ch 13:22; 2Ch 24:27), qui devint aussi gigantesque dans son développement que mystérieuse dans son origine. Partant du principe que l’Écriture contient toutes les sciences, ainsi que les exigences de l’homme pour le temps et l’éternité, une réponse à toute question, et que chaque répétition, figure, parallélisme, synonyme, mot, lettre, voire la forme et les ornements mêmes de la lettre ou des titres, doit avoir quelque sens recondi, «ainsi que chaque fibre de l’aile d’une mouche ou du pied d’une fourmi a sa signification particulière», le texte fut expliqué de quatre manières : c.-à-d. 1. פּשִׁט ; 2. רֶמֶז ; 3. דּרוּשׁ ; 4. סוֹד. Celle appelée פּשִׁט, simple, primaire, littérale, visait la compréhension simple des mots et des choses, conformément à la loi exégétique primaire du Talmud, que nul verset des Écritures ne doit en pratique dépasser son sens littéral, אין מקרא יוצא מידי פשוטו (Jebanmoth, 24a), bien qu’il puisse être expliqué, homilétique et autrement, de mille nouvelles manières. La seconde, רֶמֶז, signifie «indice», c.-à-d. la découverte des indications contenues dans certaines lettres et signes apparemment superflus dans les Écritures. Ceux-ci étaient pris pour renvoyer à des lois non distinctement mentionnées, mais soit existant traditionnellement, soit nouvellement promulguées. Cette méthode, appliquée plus généralement, engendra une sorte de mémoire technique, une sténographie proche du «Notarikon» des Romains. Des points et notes furent ajoutés aux marges des manuscrits scripturaires, et la fondation de la Massorah, ou préservation diplomatique du texte, fut ainsi posée. La troisième, דּרוּשׁ, était l’application homilétique des dicta prophétiques et historiques à la condition actuelle des choses. C’était une sorte particulière de sermon, avec tous les secours de la dialectique et de la poésie, de la parabole, de la maxime, du proverbe, de la légende, et autres, exactement comme nous le trouvons dans le Nouveau Testament. La quatrième, סוֹד, secret, mystère, était une science à laquelle peu étaient initiés. C’était la théosophie, la métaphysique, l’angéologie, toute une foule de visions ardentes et fantasques de choses outre-terrestres. Des échos faibles de cette science survivent dans le néoplatonisme, dans le gnosticisme, dans la Kabbale, chez Hermès Trismégiste. On l’appelait aussi «la Création» et «le Char», en allusion à la vision d’Ézéchiel. Pourtant encore ici la puissance du vague et du mystérieux fut si forte que le mot Pardes ou Paradis en vint graduellement à indiquer cette dernière branche, «la science secrète seulement». Comp. Keil, Introd. to the Old Testament (Edinb. 1870), 2:381 sqq.; Havernick, Introd. (ibid. 1852), p. 362; Ginsburg, Coheleth (Lond. 1861), p. 30; Deutsch, Lit. Remains (New York, 1874), p. 14; Wahner, Antiq. Ebrœorum Gott. (1743), 1:353 sqq.; Steinschneider, Jewish Lit. (Lond. 1857), p. 142; Hirschfeld, Halachische Exegese (Berlin, 1840), p. 114 sqq.; Schtirer, Lehrbuch der neutestam. Zeitgeschichte, p. 448; Dopke, Hermeneutik der neutestamentlischen Schriftsteller, p. 135 sqq.; Zunz, Gottesdienstliche Vortrage (Berlin, 1832), p. 59; Schwab, Traite des Berakoth ou premiere partie du Talmud (Paris 1871), p. 9 sqq. (B.P.)
