Définition dans McClintock & Strong

Olaus Gerhard Tychsen

Tychsen, Olaus Gerhard

Tychsen, Olaus Gerhard, talmudiste allemand, naquit le 14 décembre 1734 à Tønder, une ville du Schleswig. Il étudia les langues classiques et orientales au gymnasium d’Altona, sauf l’arabe, qu’il acquit d’un marchand ayant résidé pendant de longues années en Afrique du Nord. Il termina son cursus théologique à Halle, et fut bientôt nommé professeur à l’Orphelinat de G. A. Franke. Pendant cette charge il apprit l’anglais, le hindoustani et le tamoul d’un missionnaire (Schulz). Son étude favorite, cependant, fut le Talmud rabbinique, dont il maîtrisait la langue au point de pouvoir parler et écrire avec grande facilité. En avril 1759 il fut nommé missionnaire auprès des Juifs et des Mahométans, et parcourut à ce titre le nord de l’Allemagne, la Prusse, le Danemark et la Saxe, mais sans résultat notable. Dans la synagogue d’Altona son sermon lui valut même une sévère correction. En 1760 Tychsen alla à l’Université de Butzow, en Mecklembourg, comme magister legens, et y demeura jusqu’à ce que Butzow fût uni à l’Université de Rostock et transféré dans cette dernière ville, où il se transporta également. Il mourut le 30 décembre 1815.

Tychsen s’était acquis une grande réputation, comme l’attestent son élection à de nombreuses sociétés et de nombreux témoignages flatteurs ; mais cette réputation concernait simplement l’étendue, et nullement la profondeur, de son savoir. Il possédait des acquis solides seulement en matière rabbinique, et y joignait une vive sagacité et une grande habileté pour la détection de caractères écrits étrangers ; il manquait toutefois de jugement, était prêt à soutenir les hypothèses les plus improbables, et avide de notoriété. Il est conséquemment important surtout comme talmudiste, numismate et épigraphiste. Sa controverse avec Kennicott et Bayer attira plus l’attention sur lui que tout autre incident de sa carrière et fournit la preuve de tous les traits décrits ci‑dessus — son large savoir, son orthodoxie obstinée, et son manque de jugement critique. Dans ce débat il écrivit Tentamen de Variis Codicum Hebr. Vet. Test. MSS. Generibus (Rostock, 1772, 8vo), en faveur du texte massorétique : — Befreites Tentamen, etc. (1774) : — et un supplément (1776). Il soutint que les versions grecques avaient été faites d’un texte hébreu écrit en caractères grecs, et préconisa la théorie non moins singulière que le Pentateuque samaritain avait été copié d’un texte hébraéo‑juif (massorétique) avec les points vocaliques — théorie exposée dans Disputatio Hist.‑phil. crit. de Pent. Samarit. etc. (Butzow, 1765, 4to). En 1779 il publia un ouvrage visant à démontrer le caractère apocryphe de toutes les monnaies juives portant des caractères juifs ou samaritains, y compris celles de l’époque des Maccabées, ce qui suscita une réponse du jésuite espagnol Bayer et donna lieu à une longue dispute. Dans l’étude des monnaies arabes Tychsen rendit un réel service, et commença l’étude systématique de la numismatique orientale. Il se montra maître dans le déchiffrement des inscriptions (voir Erklährung d. arab. Schrift auf d. rom. kaiserl. Kronungsmantel, dans les Meckl.-Schwerin. Gelehrten Beiträge, 1780, nos 42, 45, et l’Interpret. Inscript. Cufic. in Alarm. Templ. Patriarch. S. Petri Cathedra [Rost. 1787]). Tychsen publia aussi des éditions d’Al‑Makrizi Al‑Makrizi Hist. Monetce Arab. e Cod. Escurial. (ibid. 1797, 8vo) : — et Tractat. de Legalibus Arab. Ponderibus et Mensuris (ibid. 1800, 8vo). Son Elementale Arabicum, etc., est d’une valeur inférieure, comme l’est aussi son Element. Syriacum. Voir Hartmann, Olaus Gerhard Tychsen, etc. (Brême, 1818 sqq.) ; De Sacy, Biog. Universelle, t. 47, p. 120 sqq. — Herzog, Real‑Encyklop. s.v.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.