Définition dans McClintock & Strong
Nicolas de Méthone (évêque et polémiste)
Nicholas of Methone
Nicholas Of Methone, un ecclésiastique oriental à qui l'on attribue un certain nombre d'œuvres, fut évêque de Methone, en Messénie. Ses écrits, pour autant qu'on les connaisse, sont des essais polémiques sur la personne du Mashiah (Christ), sur l'eucharistie, l'usage du pain azyme, la procession du Saint‑Esprit, contre la primauté du pape, mais surtout contre le platonisme païen de Proclus. Toutes les tentatives pour établir la personnalité de l'auteur, ou l'époque exacte où il écrivit, se sont jusqu'à présent montrées vaines. Quelques critiques, comme Cave et Oudin, le placent à la fin du XIe siècle, et le considèrent comme contemporain de Théophylacte, évêque de Bulgarie, et de Nicétas d'Héraclée. Cave, toutefois, observe que certaines des œuvres peuvent avoir été écrites par un autre Nicholas, plus moderne. D'autres, parmi lesquels Fabricius, le situent dans la seconde moitié du XIIe siècle. Tel est aussi l'avis d'Ullmann, qui observe que, au milieu de la controverse entre les Églises orientale et occidentale, sous le règne de Manuel I, un synode se tint en 1166 à Constantinople, dans lequel un Nicholas, évêque de Methone, fut présent, selon Allatius (De perp. consensione, p. 689). Nicholas était jusqu'à récemment connu seulement comme l'auteur d'Α᾿νάπτυξις τῆς θεολογικῆς στοιχειώσεως Πρόκλου Πλατωνικοῦ, Refutatio institutionis theol. Proci Platonici (primum ed. J. Th. Voemel, Francf.-ad‑M. 1825) ; et Nicolai Methonensis Anecdota (p. i, ii, ed. Voemel, Francf. 1825‑26) ; et il ressort de ces ouvrages qu'il était un disciple indépendant des anciens Pères, qu'il étudia et exposa avec grande perspicacité. Il s'opposa au platonisme païen, tout en adhérant à ce platonisme chrétien et ecclésiastique transmis depuis les Areopagites et autres. D'où sa doctrine concernant Elohîm qui est tout à fait idéale et transcendantale. Nicholas considère les définitions négatives d'Elohîm comme plus exactes que les positives. Il regarde Elohîm comme tellement infiniment au‑dessus de l'homme que ce dernier ne peut en avoir aucune conception. Le petit Anecdoton commence par l'expression : «Le monde est inachevé ; l'acte divin de la création est sans cesse durable, et n'admet aucune distinction de passé ou d'avenir. Si nous le considérions comme ayant un commencement ou une fin, cela impliquerait une cessation de l'activité divine, et représenterait ainsi la nature et la puissance divines comme sujettes au changement. Pourtant les résultats de la création sont finis ; mais cela n'implique aucune mutation dans l'énergie créatrice, seulement une variation dans la proportion entre ses propriétés d'émission et de rétention» (κατὰ προβολὴν καὶ συστολήν, Anecd. 1:10). Ses vues présentent une grande ressemblance avec celles d'Origenes. Sur la doctrine de la rédemption il va bien au‑delà de tous les anciens expositors, et cherche à prouver dialectiquement la nécessité de ce moyen divin de grâce. «L'humanité, dit Nicholas, gisait dans les liens de Satan ; elle ne possédait en elle aucun moyen possible de se libérer de cette servitude, puisque tout pécheur aurait dû d'abord se délivrer de cette étrange puissance, un effort que nul ne pouvait accomplir. La rédemption ne pouvait venir que de l'innocent et tout‑puissant, donc d'Elohîm lui‑même, et en même temps ne pouvait s'accomplir que sous forme humaine, et par la souffrance et la mort humaines.» De ces principes résulte la nécessité de la venue d'un Dieu‑homme, lorsqu'on admet, de plus, que la miséricorde divine ne souhaite pas la mort éternelle du pécheur. Cela forme un pendant simplifié de la théorie d'Anselme, et des vues similaires sont exprimées par des écrivains grecs postérieurs, par exemple très explicitement par Nicholas Cabasilas. Ullmann, pour cette raison, croit que Nicholas se servit de sources latines. Ses critiques sur Proclus présentent aussi plusieurs points intéressants. Il affirme en premier lieu que dans l'Église grecque de l'époque il y avait des personnes qui, dans leur attachement au platonisme tardif, en déduisaient des conséquences antichrétiennes et anti‑ecclésiastiques, tandis que sinon la polémique sur la question n'avait aucun résultat pratique. L'affirmation de quelques uns des théologiens grecs plus anciens que la ψυχή, en tant que telle, n'est pas immortelle, mais n'obtient l'immortalité que par sa connexion avec le πνεῦμα, fut répétée par notre Nicholas dans l'Église grecque (comp. sa Refut. p. 207, 208). Une œuvre de Nicholas sur l'eucharistie fut publiée : Greece cum liturgiis Jacobi. etc. (Paris, 1560, et in Auctario Ducceano, 2:372). Ses autres ouvrages demeurèrent en manuscrits jusqu'en 1866, lorsque un prêtre russe à Leipsick publia la Bibliotheca Eccles. continens Græcorum theologorum opera, dont le gros du vol. 1 est consacré à Nicholas de Methone. Huit de ses productions y sont insérées, mais sa biographie personnelle y est abordée avec prudence, car on en sait fort peu. Gass, le critique moderne le plus solide de la théologie médiévale grecque, prononce ces écrits de Nicholas de Methone comme parmi les meilleurs produits de cette époque de la théologie byzantine. Quant à la date d'activité de Nicholas, Gass tient qu'il est presque impossible d'en parler avec certitude tant que plus d'écrits ne seront pas rendus accessibles aux critiques modernes. Il refuse de rejeter ou d'accepter soit l'opinion de Cave soit celle d'Ullmann à ce sujet. Voir Fabricius, Bibl. Gr. (éd. Harl.) 11:290 ; Ullmann, Dogmatik d. griech. K. im 12 Jahrh. in Stud. u. Krit. of 1833, p. 647 sq. ; Hagenbach, Hist. of Doctrines, 1:385 ; 2:16, 36, 41 ; Ceillier, Hist. des Auteurs Sacrés, 13:555, 558, 571 sq. ; Migne, Patrologie Grecque, vol. xxv.
