Définition dans McClintock & Strong

Murier

Mulberry

Mulberry figure dans la Version Autorisée King James comme la traduction de l'Heb. בָּכָא (baka', que Gesenius, Heb. Lex. s.v., considère comme dérivé de בָּכָה, pleurer), ou au pluriel בּכָאַים (bekaim') ; qui se rencontrent, la première en Ps. 84:6, «Who passing through the valley of Baca make it a well; the rain also filleth the pools;», la seconde en 2 Sam. 5:23-24 et en 1 Chr. 14:14-15, où, les Philistins s'étant étendus dans la vallée de Refaïm, David reçut l'ordre de les attaquer par derrière, «And let it be, when thou hearest the sound of a going in the tops of the mulberry-trees, that thou shalt bestir thyself.» Dans le premier de ces passages le terme est généralement regardé comme un appellatif, c.-à-d. «la vallée des larmes» (ainsi le LXX ἡ κοιλὰς τοῦ κλαυθμῶνος, Vulg. vallis lachrymarum ; VOIR BACA) ; mais dans les deux derniers il désigne sans doute un arbre ou un arbuste (le LXX a aussi κλαυθμῶν dans 2 Samuel, mais ἄπιος dans 1 Chronicles ; la Vulg. pyrus dans les deux endroits). Les rabbins juifs, avec plusieurs versions modernes, comprennent le mûrier ; d'autres conservent le mot hébreu. Ni le mûrier ni le poirier toutefois ne satisfont pleinement traducteurs et commentateurs, parce qu'ils ne possèdent aucun caractère particulièrement adapté aux passages ci-dessus. À propos du mûrier, Rosenmüller observe à juste titre (Alterth. 4, 1:247 sq. ; Bibl. Bot. p. 256) que cette interprétation «n'est soutenue ni par les anciens traducteurs ni par l'occurrence d'un terme similaire dans les langues cognées» — à moins d'adopter l'opinion d'Ursinus, qui (Arbor. Bib. 3:75), ayant en vue la racine du mot bakah, «pleurer», identifie le nom de l'arbre en question avec le mûrier, «d'après les larmes couleur de sang que versent les baies pressées». Le mûrier paraît de plus avoir un autre nom dans les Écritures, à savoir la «sycomore». Bien qu'il n'y ait pas de preuve que le mûrier figure dans la Bible hébraïque, le fruit de cet arbre (μόρον) est néanmoins mentionné en 1 Macc. 6:34 comme ayant été, avec du jus de raisin, présenté aux éléphants d'Antiochos Épiphane, afin d'exciter ces animaux et d'en faire des adversaires plus redoutables pour l'armée des Juifs. Il est bien connu que beaucoup d'animaux s'emballent quand ils voient du sang ou quelque chose de la couleur du sang. VOIR SYCAMINE.

Celsius (1:339) cite la description d'Abu'l Fadli d'un arbuste de La Mecque appelé baca, à fruit abondant, distillant un suc de ses branches quand on les coupe (d'où le nom, c.-à-d. larme), et de propriété réchauffante ; apparemment une espèce d'Amyris ou de Balsamodendron. La plupart des lexicographes se contentent de cette explication. Cette plante est probablement la même que celle dont Forskal (p. 198) parle parmi les plantes obscures sans fructification qu'il obtint de Jobbe, et qu'il dit s'appeler baka, ou ebka, avec une sève laiteuse vénéneuse. Si cela est la même que la précédente, les deux restent encore, au-delà, inconnues, et l'on ne peut donc déterminer si elles se trouvent en Palestine ou non. Quant à l'arbre dont parle Abu'l Fadli, et que Sprengel (Hist. rei herb. p. 12) identifie avec Amyris Gileadensis, Linn., il est impossible qu'il désigne le baka de la Bible hébraïque, bien qu'il y ait une similitude exacte de forme entre l'hébreu et l'arabe ; car les Anmyridaceae sont des arbustes tropicaux, et n'auraient jamais pu croître dans la vallée de Refaïm, localité scripturaire des bekaim.

«L'arbre auquel il est fait allusion dans les Écritures, quel qu'il soit, doit être commun en Palestine, doit croître à proximité d'eau, avoir ses feuilles aisément remuées, et porter un nom dans certaines des langues cognées semblable à l'hébreu baka. Le seul répondant à ces conditions est celui appelé bak par les Arabes, ou plutôt shajrat-al-bak, c.-à-d. l'arbre des mouches ou des moustiques. Il semble être ainsi nommé d'après ses graines, lorsqu'elles sont libérées de leur gaine capsulaire, flottant en l'air comme des moucherons, en conséquence d'être couvertes de poils légers, soyeux, comme c'est le cas pour celles du saule. Dans le dictionnaire arabe de Richardson l'arbre bak est considéré comme l'orme ; mais d'après un passage de Dioscoride conservé par Plempius, le dirdar des Arabes semble être une autre sorte d'arbre bak, probablement l'arbor culicuum des traducteurs latins d'Avicenne. Or dans d'autres auteurs arabes le dirdar est dit être une sorte de ghurb, et le ghurb est reconnu comme étant le peuplier de Lombardie (Illust. Himal. Bot. p. 344). Il semble donc assez clair que l'arbre bak est une sorte de peuplier, et comme l'arabe bak ressemble beaucoup à l'hébreu baka [mais en hébreu le k du nom est כ, tandis qu'en arabe il correspond à ק], il est probable qu'on entende l'une des espèces de peuplier dans les passages scripturaires ci-dessus. Et il faut noter que le peuplier est aussi approprié que n'importe quel arbre pour l'explication des passages où le nom se rencontre. Le peuplier aime les situations humides, et l'évêque Horne, dans son Commentaire sur le Psaume 84, a conclu que dans la vallée de Baca les Israélites, en chemin vers Jérusalem, se trouvaient rafraîchis par l'abondance d'eau. Il n'est pas moins approprié dans les passages de 2 Samuel et 1 Chroniques, car aucun arbre n'est plus remarquable que le peuplier pour la facilité avec laquelle ses feuilles sont agitée par le moindre mouvement d'air ; effet qui pourrait être causé, par une nuit calme, même par le mouvement d'une masse d'hommes sur le sol, lorsqu'on les attaque sur le flanc ou au moment où ils ne sont pas préparés. Que des peupliers soient communs en Palestine peut se prouver d'après Kitto's Palestine, p. 114 : ‘Des peupliers nous savons seulement, avec certitude, que le peuplier noir, le tremble et le peuplier de Lombardie croissent en Palestine. Le tremble, dont les longs pétioles font trembler les feuilles à chaque souffle de vent, s'unit au saule et au chêne pour ombrager les cours d'eau du Liban inférieur, et, avec le laurier-rose et l'acacia, orner les ravins de la Palestine méridionale ; on ne sait pas que le peuplier de Lombardie ait été remarqué autrement que par lord Lindsay, qui le décrit comme croissant avec le noyer et le saule pleureur sous les torrents profonds du Liban supérieur.’» VOIR POPLAR.

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Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.