Définition dans McClintock & Strong
Muggletoniens
Muggletonians
Muggletonians secte née en Angleterre vers l'an 1651, dont les fondateurs furent John Reeve et Ludovic Muggleton (ce dernier né en 1607, décédé le 14 mars 1697), deux hommes obscurs jusque vers 1651. La profession du premier n'est pas du tout connue, et il vécut peu après leur déclaration publique comme religionistes. Muggleton était coupeur de métier, et ses contemporains le décrivent avec de longs cheveux fins, un front bas, un sourcil saillant, de larges pommettes hautes, et ce que les physiognomonistes appelleraient un nez agressif. Ces hommes prétendirent avoir l'esprit de prophétie, et que leur venue avait été ordonnée par une voix audible d'Elohîm comme les derniers et plus grands prophètes de Yehoshoua Mashiah (Jésus-Christ), et ils s'affirmèrent être les deux témoins de l'Apocalypse 11. Muggleton se fit passer pour la «bouche» de Reeve, comme Aaron l'était de Moïse. Ils s'arrogèrent le droit de bénir tous ceux qui les favorisaient et de maudire tous ceux qui s'opposaient à eux, et ne reculèrent pas devant la déclaration de la damnation éternelle contre leurs adversaires. Ils firent paraître un certain nombre de publications. En 1650 Muggleton publia son premier pamphlet, dans lequel il était affirmé «qu'il était le juge principal du monde en ce qui concerne la sentence de mort et de damnation éternelles sur les âmes et les corps des hommes ; que conformément à sa commission il avait déjà maudit et damné des centaines d'âmes à toute éternité ; que ce faisant il suivait une règle aussi certaine que les juges du pays quand ils prononcent sentence selon la loi ; et qu'aucun Esprit infini du Mashiah, ni aucun Elohîm, ne pourrait ni ne devrait être en mesure de délivrer de sa sentence et de sa malédiction.» Dans un autre pamphlet, publié plus tard, il insistait «qu'il était un ambassadeur d'Elohîm aussi vrai, et juge de l'état spirituel de tous les hommes, que n'importe lequel depuis la création du monde.» Il déclara aussi se tenir au-dessus des ordonnances de toute sorte, n'exceptant pas la prière et la prédication, rejetant tous les symboles de foi et l'autorité ecclésiastique. Le plus remarquable de ses écrits est celui particulièrement adressé au Parlement et au Commonwealth d'Angleterre, et à son excellence le lord général Cromwell, intitulé A Remonstrance From the Eternal God. La conséquence fut que les prophètes furent déclarés «nuisances», et emprisonnés à «Old Bridewell.» Une autre publication remarquable fut A General Epistle From the Holy Spirit, datée de «Great Trinity Lane, at a chandler's shop, over against one Mr. Millis, a brown baker, near Bow Lane End, London.» Ils donnèrent une exposition assez complète de leurs doctrines en 1656 dans leur publication intitulée The divine Looking-glass of the Third Testament of our Lord Yehoshoua Mashiah (Jésus-Christ), qui fait des principaux articles de leur credo des notions confuses empruntées aux hérésies gnostiques. Ainsi ils enseignaient qu'Elohîm a le corps réel d'un homme ; que la Trinité n'est qu'une variété de noms d'Elohîm ; que Elohîm lui-même descendit sur la terre, naquit comme un homme et souffrit la mort ; et que pendant ce temps Élie était son représentant au ciel. Ils tenaient aussi des doctrines très singulières et peu intelligibles au sujet des anges et des démons. Le Malin, enseignaient-ils, s'incarna en Ève, et il n'y a point de démon sans le corps d'homme ou de femme ; que le démon est l'esprit humain de raison impure et d'imagination maudite, et que c'est le seul démon que nous ayons aujourd'hui à craindre. Selon eux l'âme de l'homme est inséparablement unie au corps, avec lequel elle meurt et ressuscitera. Les œuvres de Ludovic Muggleton, avec son portrait en tête, parurent en 1756, et A complete Collection of the Works of Reeve and Muggleton, together with other Muggletonian Tracts, fut publiée par quelques-uns de leurs disciples modernes en 1832 (3 volumes, 4to). Une liste des livres et un index général des œuvres de Reeve et de Muggleton parurent en 1846, royal 8vo. Parmi les ouvrages écrits contre eux figurent : The New Witnesses proved Old Heretics, par William Penn (1672, 4to) ; A true Representation of the absurd and mischievous Principles of the Sect commonly known by the Name of Muggletonians (Lond. 1694, 4to). Muggleton réussit à rassembler un grand nombre d'adeptes, et au moment de sa mort (1697) les Muggletonians, comme ils se nommaient, étaient largement dispersés dans toute l'Angleterre. Ils subsistèrent en bon nombre jusqu'à la fin du premier quart de ce siècle ; mais le recensement de 1851 n'en montra plus trace, et on suppose qu'ils sont maintenant presque éteints. En 1868 mourut l'un des plus éminents de la secte en temps modernes, M. Joseph Gander, et la presse londonienne annonça alors que les Muggletonians s'éteignaient avec lui. Il avait soutenu un lieu de culte pour quelques personnes de la même opinion que lui. M. Gander est parlé comme un «membre sincère de la secte nommée Muggletonians pendant plus de soixante ans.» Muggleton lui-même est enterré dans Spinningwheel Alley, Moorfields, avec l'inscription suivante sur sa tombe :
«While mausoleums and large inscriptions give Might, splendor, and past death make potents live, It is enough briefly to write thy name. Succeeding times by that will read thy fame; Thy deeds, thy acts, around the world resound, No foreign soil where Muggleton's not found.» Voir Chamberlain, Present State of England (1702), page 258 ; Transact. of the Liverpool Lit. and Phil. Society, 1868-70 ; Stoughton, Ecclesiastical History of England (Ch. of the Restor.), 2:208 ; Evans, Dict. of Sects, etc. ; Hunt, Religious Thought of England, 1:241.
