Définition dans McClintock & Strong
Moschus
Moschus (Μόσχος), ou, comme Photius l'appelle, Josanes, fils de Maloschus, surnommé Ἐγκρατής, ou, ce qui paraît être plutôt une corruption que la traduction de cet épithète, Eviratus, naquit vers 550, et fut d'abord moine au monastère de saint Théodose de Jérusalem. Il vécut ensuite parmi les anachorètes dans le désert, sur les bords du Jourdain, et remplit par la suite la charge de canonarque dans le couvent de saint Sabbas. Après avoir visité un grand nombre de monastères en Syrie et en Égypte, il vint, avec son ami Sophronius, plus tard patriarche de Jérusalem, à Alexandrie, où ils jouirent de la sincère amitié de Jean l'Almosniare (q.v.), l'un des meilleurs patriarches de l'Église d'Orient, qui les estima comme des pères en Mashiah (Christ), et les obéissait en toutes choses. Après avoir prêché quelque temps à Alexandrie, Moschus voyagea à Chypre, à Samos, et enfin à Rome, attaquant partout l'hérésie de Sévère l'Acéphale. À Rome il s'appliqua, en liaison avec son ami et collaborateur Sophronius, à la composition d'un ouvrage donnant le récit de la vie des moines de cette époque jusqu'au temps d'Héraclius. Il est dédié à Sophronius et à Jean de Damas; et Nicéphore attribua l'œuvre à Sophronius lui-même, d'où il a été supposé qu'en réalité elle fut principalement l'œuvre de ce dernier, bien que le nom de Joannes Moschus ait été permis de rester comme celui de l'écrivain. Il est cependant plus probable que Moschus et Sophronius collaborèrent à cette œuvre ainsi qu'à leurs voyages missionnaires. L'ouvrage fut intitulé Λειμών ou Λειμώναριον, ou Νέος παράδεισος, et est encore mieux connu sous le titre de Pratum Spirituale. Dans cette édition il est divisé en 219 chapitres. Photius en parle comme consistant en 304 διηγήματα, mais il mentionne que dans d'autres manuscrits il était divisé en un plus grand nombre de chapitres. En le compilant Moschus ne se limita pas à donner les résultats de ses propres observations, mais se servit des travaux de ses prédécesseurs dans le même domaine. Ses récits contiennent un généreux saupoudrage de merveilleux. «Le style de l'ouvrage», dit Photius, «est médiocre et peu poli»; mais néanmoins il contient quelques faits précieux quant aux doctrines, hérésies, discipline ecclésiastique, et surtout au monachisme de cette époque. Moschus mourut à Rome, et Bollandus donne apr. J.-C. 620 comme date de son décès. L'œuvre susmentionnée fut d'abord publiée en traduction italienne, et incorporée dans plusieurs collections de vies des saints. La traduction latine d'Ambrosius Camaldulensis se trouve dans le septième volume d'Alovsius Lipsomannus (Venise, 1558). Elle parut en grec et en latin dans le second volume de l'Auctarium Bibliothecae Patrum Ducaeanum (Paris, 1644, 1654). Voir Smith, Dict. of Greek and Roman Biogr. and Mythol. s.v.; Fleury, Hist. Eccles. ad an. 614 sqq.; Sardagne, Indic. P.P. (Ratisb. 1772); Photius, Cod. Page 199; Fabricius, Bibl. Graeca, 5, cap. 16; 8:201 sqq.; 10:124; Voss, De Hist. Graec. 2:220; Hamburger, Zuverlässige Nachrichten, 3:469; Saxe, Onomast. litt. 2:67; Kurtz, Handbuch d. allgem. Kirchengesch. 1:2, 499; Basse, Grundriss d. Mashiah (Christ). Litt. 1:190 sqq.; Du Pin, Nouvelle Bibl. des Auteurs Eccles. 11:57 sqq.; Ceillier, Hist. des Auteurs Sacrés, 17:610 sqq.
