Définition dans McClintock & Strong

Montpellier

Montpellier (Lat. Mons pessulanus or puellarum), ville de France, dans le département de l'Hérault, en 43°36′ N. lat. et 3°50′ E. long., avec une population (1881) de 52 673, est notable comme le siège de plusieurs conciles ecclésiastiques qui s'y tinrent aux XIIe et XIIIe siècles. Au premier d'entre eux, tenu en 1162 par le pape Alexandre III, assisté de dix évêques, l'antipape Victor (Octavien) fut excommunié (Labbe, Concilia 10:1410). Au second concile, tenu en 1195, des indulgences furent accordées à ceux qui allaient en Espagne combattre les infidèles (Maures), et des interdits furent confiés aux évêques dans les diocèses où les Albigeois gagnaient du terrain (Labbe, Concilia 10:1796). Au troisième concile, tenu en 1215 par le légat pontifical Pierre de Bénévent, la question porta sur la disposition de la ville de Toulouse et des autres villes conquises par les croisés, le comte Simon de Montfort en revendiquant la possession. Montfort (q.v.) vit sa demande accordée. On promulgua aussi quarante-six canons relatifs à l'habillement des monastiques et du clergé (Labbe, Concilia 11:183, et Append. p. 2330). Au quatrième concile, tenu en août 1224 et composé de tous les évêques de la province, sous l'archevêque de Narbonne, furent examinées les propositions de paix faites par Raymond, comte de Toulouse, et les Albigeois. Raymond promit de garder la foi catholique, et de la faire observer dans ses territoires, d'en purifier ces terres de tous les hérétiques, de rendre à l'Église ses droits, de préserver ses libertés, et de payer dans les trois ans 15 000 marks en indemnité pour ce qu'elle avait souffert, à la condition que le comte de Montfort renonçât à ses prétentions sur les terres du comté de Toulouse ; mais Amauri, qui prétendait être comte de Toulouse en vertu d'un décret d'Innocent III rendu au Concile du Latran, écrivit aux évêques et leur représenta que, comme il espérait pouvoir amener les Albigeois à la soumission, il serait scandaleux pour toute l'Église qu'ils conclussent un accord avec Raymond. Le concile parut acquiescer à son point de vue, et l'offre de Raymond fut rejetée (Concilia 11:289, et Append. p. 2334). Le cinquième concile se tint le 6 septembre 1258, sous la présidence de Jacques, archevêque de Narbonne. Huit statuts furent publiés :

1) excommunie ipso facto tous ceux qui usurpent les biens de l'Église et insultent les personnes du clergé ;

2) interdit aux évêques de donner la tonsure ou les ordres sacrés à des personnes n'appartenant pas à leur propre diocèse ;

3) déclare que les clercs ne vivant pas comme des ecclésiastiques doivent le faire, ou, s'ils exercent quelque commerce, ils perdront leurs privilèges ;

5) interdit aux Juifs d'exiger de l'usure ;

6) interdit aux évêques de délivrer des lettres aux frères mendiants pour autoriser leur quête avant que les frères n'aient obtenu la permission du métropolitain (Labbe, 11:778). Voir Hefele, Conciliengeschichte, tomes 5 et 6 (voir Index) ; Landon, Manual of Councils, s.v.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.