Définition dans McClintock & Strong
Moïse Amyraut (Amyraldus)
Amyraut (or Amyraldus), Moise
Amyraut (Ou Amyraldus), Moïse, théologien protestant français du XVIIe siècle ; né à Bourgueil, en Anjou, en 1596, et formé à la théologie à Saumur. Il fut nommé pour succéder à Jean Daille à Saumur, et nommé professeur de théologie dans cette académie avec Louis Cappel et Josué de la Place (Placeeus) en 1633. En 1631 il fut envoyé pour assister au synode national des protestants français à Charenton, et y prononça une harangue au roi, insérée dans le Mercure Français de 1631. Sa conduite dans cette affaire lui attira l'estime de Richelieu. L'éminence des trois professeurs de Saumur attira des étudiants de toute l'Europe ; mais on commença bientôt à répandre que leur enseignement était subversif des doctrines de Dort sur la prédestination et la grâce. Les vues d'Amyraut sur ces sujets dérivaient de Cameron (q.v.), et furent d'abord publiées dans un traité, De Predestinatione (Traité de la Prédestination et de ses principales dépendances), en 1634. Ses opinions furent qualifiées d'universalisantes et d'arminiennes, mais elles n'étaient ni l'une ni l'autre. Amyraut soutint une gratia universalis, en effet, mais il entendait par là simplement que Dieu désire le bonheur de tous les hommes, à la condition qu'ils reçoivent sa miséricorde par la foi ; que nul ne peut obtenir le salut sans la foi en Mashiah (Christ) ; que Dieu ne refuse à personne la puissance de croire, mais qu'il n'accorde pas à tous son assistance pour que cette puissance soit portée à des fins salutaire ; que nul ne peut ainsi la rendre salutaire sans le Saint‑Esprit, que Dieu n'est pas obligé d'accorder à qui que ce soit, et qu'il n'accorde en fait cette grâce subjective qu'aux élus selon son décret éternel. «En défendant sa doctrine de l'expiation universelle, Amyraut fit appel avec confiance à l'autorité de Calvin ; en effet, il écrivit un traité intitulé Échantillon de la doctrine de Calvin touchant la Prédestination, pour montrer que Calvin soutenait ses vues concernant l'étendue de l'expiation, et qu'il était à bien des égards un calviniste très modéré» (Cunningham, The Reformers, p. 395). La grâce universelle (telle qu'Amyraut la concevait) n'est d'aucun bénéfice salutaire effectif. Il distingua entre grâce objective et grâce subjective. La grâce objective offre le salut à tous les hommes à condition de repentir et de foi, et est universelle ; la grâce subjective opère moralement dans la conversion de l'âme, et est particulière, c.-à‑d. donnée seulement aux élus. Le but d'Amyraut était de réconcilier luthériens et calvinistes ; et ses vues furent largement reçues, semblant adoucir le prédestinarianisme rigide de Dort. La véritable particularité de la théologie d'Amyraut est la combinaison d'un particularisme réel, au sens calviniste plein, avec une universalité idéale de la grâce, qui, en fait, ne sauve jamais une seule âme (Schweizer, in Herzog, Real‑Encyclop. s.v.). Des accusations furent portées contre lui par Du Moulin et d'autres, mais il fut acquitté d'hérésie par le synode d'Alençon (1637), puis à Charenton (1644). Daille et Blondel favorisaient les vues d'Amyraut. Il mourut le 8 janvier 1664. Onze ans après (1675) la Formula Consensus Helvetica (q.v.) fut rédigée et publiée, principalement contre les soi‑disant hérésies du professeur de Saumur. L'amyraldisme fut, en substance, la théorie adoptée par Baxter (q.v.), et a été soutenu, avec diverses modifications, de nos jours par Williams (Essay on Sovereignty, 1813), Payne (Lectures on Sovereignty and Election, 1838), Wardlaw (On the Atonement, 1844) ; par Fuller et Hinton parmi les baptistes ; par T. Scott et Milner dans l'Église d'Angleterre ; par de nombreux congrégationalistes et presbytériens du New‑School en Amérique ; et, dernièrement, par plusieurs ministres de l'Église presbytérienne unie d'Écosse. Parmi ses écrits :
1. Paraphrases sur divers livres du N.T. et des Psaumes (12 vol. 8vo, 1644‑1662) : —
2. De la Vocation des Pasteurs (Saumur, 1649, petit 8vo) : —
3. Morale Chrétienne (Saumur, 1652‑1660, 6 vol. 8vo) : —
4. Traité des Religions (Saumur, 1631, 8vo ; trad. en anglais, A Treatise concerning Religions, etc. ; Lond. 1660, petit 8vo) : —
5. In Symbolum Apostol. exercitatio (Saumur, 1663, petit 8vo) ; outre divers sermons et brochures sur la question disputée de la prédestination et de la grâce.
Une liste de ses œuvres est donnée par Haag, La France Protestante, 1, 72. — Nichols, Calvinism and Arminianism, 1, 220‑230 ; Morrison, Lectures on Romans 9, p. 376 ; Neander, Hist. of Dogmas, 2, 680 ; Schweizer, in Baur u. Zeller's Jahrb. 1852, pV. 41, 155 ; Ebrard, Christliche Dogmatik, § 43 ; Smith's Hagenbach, Hist. of Doctrines, § 225 a ; Gass, Geschichte der Protest. Dogmatik, 2, 328 s. ; Cunningham, Hist. Theol. 2, 324 s. ; Watson, Insts. 2, 411. VOIR BAXTER ; VOIR CAMERON.
