Définition dans McClintock & Strong
Luitprand (roi des Lombards)
Luitprand or Liudprand
Luitprand ou Liudprand, roi des Lombards (apr. J.-C. 712–744), naquit vers la fin du VIIe siècle. En 702 son père Ansprand, puissant seigneur lombard et partisan du roi Luitbert, ayant été vaincu par l'usurpateur Aribert II, se retira à la cour de Bavière. Luitprand s'y joignit à lui, mais les autres membres de sa famille, tombés aux mains d'Aribert, furent mis à mort. En 712 Luitprand et son père renversèrent Aribert, et Ansprand mourut peu après; Luitprand succéda au trône. Sa première préoccupation fut de rétablir la paix dans son royaume, souffrant de dissensions internes. Il promulgua une série de lois en 712, 717, 720, 721, 723–724, qui, avec l'Édit de Rotharis, forment le principal fondement du droit lombard tel qu'il resta en vigueur dans le Nord de l'Italie jusqu'au XIVe siècle, et dans le royaume de Naples jusqu'au XVIe siècle. Une fois la paix et la prospérité rétablies, Luitprand chercha à agrandir ses possessions, ayant particulièrement les yeux sur Rome et l'exarchat; quand la querelle éclata entre le pape et l'empereur de Constantinople au sujet du culte des images, Luitprand se déclara soudain et ses Lombards ardents adorateurs d'images, et, sous prétexte de prendre le parti du pape, il s'empara de l'exarchat de Ravenne et de plusieurs villes. Mais le pape Grégoire II, alarmé par le pouvoir croissant des Lombards et par la perspective que la papauté pourrait dépendre à l'avenir de la domination d'un peuple considéré comme barbare, préféra chercher secours ailleurs pour lui‑même et pour l'exarchat, dont les jours semblaient comptés. Il enjoignit donc au duc de Venetia d'aider l'exarque à reprendre les provinces prises par Luitprand. Grégoire persuada en même temps aux habitants des duchés de Spolète et de Bénévent de se libérer du joug lombard. Luitprand, cependant, égala la ruse du pape: dès qu'il connut la position du pontife, il se rangea du côté de l'exarque, et, après l'avoir aidé à soumettre ses provinces insurgées, marcha lui‑même contre Rome, avec l'intention de se venger du pape. Celui‑ci, cependant, réussit à apaiser Luitprand, et le Lombard retourna dans son royaume. En 736, étant gravement malade, il remit pour quelque temps son pouvoir à son neveu Hildebrand, élu par les Lombards comme successeur; mais, à sa guérison, il se vit obligé de partager l'autorité avec Hildebrand. En 739 Luitprand vainquit une ligue formée contre lui par le pape Grégoire III, et les ducs de Spolète et de Bénévent et l'exarque de Ravenne, et, pour punir l'occupant du siège apostolique, parut sous les murs de Rome. Le pape, dans sa détresse, fit appel à Charles Martel pour obtenir aide. L'appel de Grégoire est touchant: «Ses larmes tombent nuit et jour pour l'état délaissé de l'Église. Le roi lombard et son fils ravagent les derniers restes des biens de l'Église, qui ne suffisent plus au service quotidien; ils ont envahi le territoire de Rome, et saisi toutes ses propriétés. Son seul espoir est dans le secours opportun du roi franc.» De précieux présents accompagnèrent cet appel — entre autres, les clés mystiques du sépulcre de Saint Pierre et des fragments de ses chaînes, que nul chrétien ne pouvait refuser — et l'offre du titre de «Patricien et Consul de Rome» — oui, le délivreur de la Ville Éternelle devait devenir patron de l'Église romaine. Martel répondit favorablement à une telle invitation. Malheureusement pour la cause romaine, il mourut peu après. Mais, avant même que Martel eût pu marcher contre Luitprand, ce dernier avait été amené à retirer ses troupes de Rome. Un état d'hostilité subsista néanmoins entre Lombards et Romains jusqu'à la mort de Grégoire III. Le pontife suivant (Zacharie) réussit enfin, par une visite personnelle à Luitprand, à conclure un traité par lequel les Lombards restituèrent à l'Église toutes les possessions prises durant la guerre. Luitprand parut dès lors favorablement disposé envers Zacharie et l'Église. Il mourut en janvier 744. Voir Paul Diacre, Historia Longobardorum; Anastasius, Vitae Pontif.; Muratori, Annales Script. Ital.; Hoefer, Nouv. Biog. Gener. vol. 32; Reichel, See of Rome in the Middle Ages, page 54 sq.; Milman, Hist. Lat. Mashiah (Christ). 2:374 sq.
