Définition dans McClintock & Strong

Kama

Kama, le déva hindou ou dieu de l'Amour, l'une des créations les plus aimables de la fiction hindoue, est, dans la poésie sanskrite des époques postérieures, le thème favori des descriptions et allusions. La généalogie de cette divinité est assez obscure ; selon quelques Puranas il fut d'abord fils de Brahma ; selon d'autres, fils de Dharma (le génie de la Vertu) par Sraddha (le génie de la Foi), elle-même fille de Daksha, l'un des fils nés de l'esprit de Brahma. Le dieu Siva, un jour fort courroucé contre Kama, le réduisit en cendres ; mais, ému par l'affliction de Rati (Volupté), l'épouse de Kama, il promit à celle-ci que son mari renaîtrait comme fils de Krishna, et il naquit en effet sous le nom de Pradyumna, qui fut le dieu de l'Amour. «Mais quand l'enfant eut six jours, il fut enlevé de la chambre de couches par le terrible démon Sambara ; car celui-ci prévit que Pradyumna, s'il vivait, serait son destructeur. Le garçon fut jeté dans l'océan et avalé par un grand poisson. Pourtant il ne mourut pas, car ce poisson fut pris par des pêcheurs et livré à Mayavati, la maîtresse de la maison de Sambara ; et, lorsque le poisson fut ouvert, l'enfant en fut extrait. Tandis que Mayavati se demandait qui cela pouvait être, le sage divin Narada satisfit sa curiosité et la conseilla d'élever tendrement cet enfant de Krishna. Elle suivit son conseil ; et lorsque Pradyumna grandit et connut son histoire, il tua le démon Sambara. Mayavati fut plus tard informée par Irishna qu'elle n'était pas la femme de Sambara, comme elle le croyait, mais celle de Pradyumna — en fait, une autre forme de Rati, épouse de Kama dans sa précédente existence.» Dans les représentations de Kama on le voit tenant dans une main un arc fait de canne à sucre et cordé d'abeilles, et dans l'autre une flèche à la pointe faite d'un pétale censé vaincre un des sens. Son étendard est, conformément à la légende susdite, un poisson fabuleux appelé Makara ; il monte un perroquet ou un moineau — symbole de volupté. Ses épithètes sont nombreuses, mais aisément expliquées par les circonstances mentionnées et par les effets de l'amour sur l'âme et les sens. Ainsi on l'appelle Makaradhwaja, «celui qui a le Makara dans sa bannière» ; Mada, «le enivrant», etc. Son épouse, comme dit plus haut, est Rati ; elle est aussi dite Kamakala, «une portion de Kama», ou Priti, «affection». Sa fille est Trisha, «soif ou désir» ; son fils est Aniruddha, «l'irrésistible». Voir Müller, Chips, vol. ii, ch. i, spécialement p. 127-135 ; Vollmer, Mythol. Wörterbuch, p. 1008.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.