Définition dans McClintock & Strong

John Peckham

Peckham, John, Dd

Peckham, John, D.D., un prélat anglais de renom du Moyen Âge, natif du Sussex et d'une origine très humble. Il naquit probablement vers 1240. Il reçut sa première éducation dans l'école des pauvres des moines clunisiens de Lewes. Il alla ensuite à Oxford, où il fut un étudiant favori de saint Bonaventure. Pour poursuivre ses études théologiques, Peckham alla aussi à l'Université de Paris, et eut l'honneur d'être docteur de ces deux écoles. Il parcourut en outre toutes les universités italiennes, et dans le palais même du pape donna des leçons sur les lettres sacrées à une foule d'évêques et de cardinaux qui étaient fiers d'être ses auditeurs attentifs, et qui chaque jour, en le voyant passer pour aller à sa chaire, se levaient de leur siège pour lui témoigner du respect. Il devint par la suite frère mineur, mais fut soudain arraché à sa retraite par le pape en 1278 et élevé à l'archevêché de Cantorbéry. La couronne n'opposa pas d'objection à la nomination, et Peckham remplit si zélément les devoirs de la primatie que toutes les parties en Angleterre l'estimèrent. Il commença son administration en convoquant un synode provincial, et parmi ses actes les plus mémorables se trouve celui qui ordonnait à chaque prêtre paroissial d'expliquer à son troupeau les fondements de la foi chrétienne, laissant de côté toutes les subtilités de la distinction scolastique. Peckham visita non seulement tout son diocèse, mais parcourut la plus grande partie de l'Angleterre, s'informant de l'état exact des affaires ecclésiastiques du pays. Il prit aussi un vif intérêt à la réforme universitaire d'Oxford. Il fut un disciplinarian si rigide qu'il se fit beaucoup d'ennemis, et fut par eux accusé d'un trop grand amour de l'argent et d'avoir favorisé sa famille dans l'attribution d'offices. Mais ces accusations paraissent non fondées quand on considère sa simplicité de caractère et ses habitudes, et son application studieuse aux besoins de tous, pauvres ou riches, élevés ou humbles. Ainsi il n'hésita pas à réprimander le roi Édouard Ier pour sa tyrannie et à blâmer le grand comte de Warren pour avoir permis à ses cerfs et bestiaux de piétiner le champ de maïs d'un pauvre homme. Il est significatif qu'il conserva toujours une prébende attachée au siège de Lyon, au cas où il serait forcé un jour de quitter l'Angleterre; et Godwin nous dit qu'après l'époque de Peckham cette bénéfice continua d'être annexée au siège de Cantorbéry, afin de pourvoir au cas de l'exil probable des primats. Il mourut en 1292. On le décrit comme «imposant dans le geste, la démarche et l'apparence extérieure, mais d'un tempérament fort doux, accommodant et libéral» (Harpsfield). L'archevêque Peckham fut un écrivain volumineux. Outre ses œuvres théologiques et scolastiques, il existe des poèmes, traités sur la géométrie, l'optique et l'astronomie, d'autres sur la divinité mystique, d'autres encore sur la charge pastorale destinés à l'usage du clergé paroissial, et quelques-uns apparemment rédigés pour faciliter l'instruction des pauvres. Ses œuvres les plus importantes sont : Pithsani Archiep-i-Canthuariensis, Ordinis fratrum minorum, liber de oculi morali (s. l. et a.; publié par A. Sorg., c. 1475, fol.); Perspectiva Communis (Venise, 1504, 4to; Norimb. 1542, 4to; Paris, 1556, 4to; Colon. 1592, 4to); De Summa Trinitate, et Fide Catholica (Lond. 1510, 16mo); Collectanea Bibliorum, libri quinque (Colon. 1510, 1591; Paris, 1514). Voir Hoefer, Nouv. Biog. Générale, s.v.; Wood, Annals; Wharton, Anglia Sacra; Archæol. vol. x; Churton, Hist. of the Early English Church, p. 370 s.; Collier, Eccles. Hist. of England, vol. i, bk. v, p. 484; Fleury, Hist. Ecclesiastique, 18:562; Green, Short Hist. of the English People, p. 174.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.