Définition dans McClintock & Strong

Johann von Staupitz

Staupitz, Johann Von

Staupitz, Johann von, le généreux patron et ami de Luther, descendait d'une ancienne famille noble de Misnie, bien que les noms de ses parents et la date et le lieu de sa naissance ne soient pas connus. Il devint moine augustinien, et étudia la théologie à Tübingen, où il fut aussi prieur de son couvent et reçut le grade de docteur en théologie. Il n'était pas attiré par la scolastique, mais se consacra plutôt à l'étude des Écritures. L'électeur de Saxe, Frédéric le Sage, l'appela à participer à la fondation de l'université de Wittenberg, et dans ce travail il se rendit à Rome pour obtenir à l'institution les privilèges pontificaux. En 1502 il devint doyen de sa faculté de théologie, et en 1503 il fut nommé vicaire général des Augustins pour la province d'Allemagne. À ce titre il introduisit la lecture à haute voix des Saintes Écritures au lieu des œuvres d'Augustin aux repas dans les monastères placés sous sa surveillance, et chercha vivement à promouvoir leur prospérité générale. Les devoirs de cette charge altérèrent sérieusement son efficacité comme professeur universitaire ; mais on rapporte qu'il fut néanmoins vénéré par les étudiants. Staupitz découvrit Luther lors d'une inspection du couvent d'Erfurt, que celui-ci avait rejoint en 1505, et non seulement obtint sa libération de la position servile à laquelle il avait été assigné, mais lui donna des conseils spirituels bienveillants qui guidèrent ses pas vers la voie de la vérité et délivrèrent son esprit des peurs serviles et superstitieuses. VOIR LUTHER. C'est aussi par l'entremise de Staupitz que Luther fut appelé, en 1508, à occuper la chaire de dialectique et d'éthique à l'université de Wittenberg, et qu'il fut amené à monter en chaire, puis en 1512 à accepter le doctorat en théologie. Quelle grande confiance Staupitz avait en son jeune ami paraît par le fait qu'il le nomma son substitut pour l'inspection de quarante couvents, alors qu'il était lui-même absent aux Pays-Bas en 1516 pour récolter des reliques pour la nouvelle Église de Tous-les-Saints à Wittenberg. Les sympathies de Staupitz furent nécessairement avec Luther quand celui-ci commença son œuvre réformatrice. Il exprima ses sentiments à plusieurs reprises, et n'hésita pas à s'exposer à la mauvaise volonté de Cajetan en venant au secours du Réformateur lorsque ce dernier comparaissait devant le cardinal en octobre 1518, à Augsbourg. Il n'était cependant pas propre à être lui-même un réformateur. Sa disposition était plus calme, tendre et contemplative que hardie et héroïque. Il se retira donc du côté de Luther et de sa cause en temps opportun, mais ne consentit pas, comme Érasme et beaucoup d'humanistes, à être utilisé contre la Réforme. Il passa les dernières années de sa vie, à partir de 1519, à Salzbourg, où il avait été attiré par l'habileté du cardinal Matthieu Lang. Il devint prédicateur du cardinal en 1519, et peu après passa de l'ordre des Augustins à l'ordre bénédictin. En 1522 il fut fait abbé du couvent de Salzbourg, prenant le nom de Jean IV, et fut par la suite nommé vicaire et suffragant de l'archevêque-cardinal Lang. Il garda, toutefois, son lien avec Luther, et aussi tard qu'en 1519 l'invita à prendre refuge chez lui, « ut simul vivamus moriamurque. » Le Réformateur se plaignit néanmoins d'un manque d'empressement de la part de Staupitz, et fut mortifié que ce dernier ait déclaré sa volonté de se soumettre au pape lorsqu'on l'accusa d'être le patron de Luther, et qu'il ait consenti à devenir abbé. Staupitz conserva son esprit évangélique jusqu'à la fin, et se sentit insatisfait et oppressé dans ses nouvelles fonctions, et il exerça une influence réformatrice en permettant à ses moines de lire les œuvres de Luther, apportées avec lui à son premier arrivée. Un de ses successeurs fit brûler les écrits suspects contenus dans la bibliothèque de Staupitz. Staupitz mourut le 28 déc. 1524, et fut enterré à Salzbourg. Les restes littéraires de Staupitz consistent en dix lettres, recueillies par Grimm et publiées dans Illgen's Zeitschrift für hist. Theol. 1837, 2, 65 sqq., et un certain nombre d'ouvrages ascétiques et divers mineurs. Sa théologie était augustinienne, scripturaire et mystique ; sa tendance pratique, bien que non profonde ; sa personnalité tout entière noble, engageante et digne. Son plus grand titre de gloire restera d'avoir stimulé et encouragé son grand disciple, jusqu'à ce que ce dernier eut mûri pour l'œuvre puissante à laquelle il fut appelé par Dieu. Voir Adam, Vita Staupitii, in Vitae Theologorum, 1re éd. p. 20 ; Grimm, ut sup. ; Tillmann, Reformatoren vor der Reformation, vol. 2 ; D'Aubigné, Reformation, vol. 1, bk. 2, ch. 4 sqq. ; De Wette, 1, 25 ; Luther's Werke, éd. Walch, vol. 22, passim.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.