Définition dans McClintock & Strong
Jean-Jacques Olier
Olier, Jean Jacques
Olier, Jean Jacques, théologien catholique romain français distingué, connu comme lazariste, naquit à Paris le 20 septembre 1608. Il fit ses études dans sa ville natale, au collège jésuite de Lyon, au Collège d'Harcourt et à la Sorbonne. Il devint successivement prieur de la Trinité de Clisson, dans le diocèse de Nantes, abbé de Pebrac et chanoine honoraire de Brioude en 1626 ; et enfin prieur de Bazainville, dans le diocèse de Chartres. De retour d'un voyage à Rome, il se lia d'intimité avec Vincent de Paul. Ordonné prêtre le 21 mars 1633, Olier s'associa à d'autres prêtres, et ils allèrent en mission à travers les provinces d'Auvergne et du Velay. Pendant qu'il parcourait la Bretagne, sa réputation était si grande que Louis XIII, à la demande du cardinal de Richelieu, le nomma coadjuteur d'Henri Clausse, évêque de Châlons-sur-Marne ; mais Olier, qui envisageait de fonder un séminaire pour la formation des prêtres, refusa la charge. Guidé par les conseils de Coudren, il fonda un premier établissement à Vaugirard, près de Paris, en janv. 1642, auquel il fut aidé par d'habiles maîtres ecclésiastiques. Cette petite communauté, ne comptant d'abord que trois membres, s'accrut bientôt à vingt, et beaucoup de ces associés atteignirent en leur temps les plus hautes fonctions dans l'Église. Mais ce n'était pas son seul ouvrage. La paroisse de Saint-Sulpice, à Paris, soumise à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés, était alors un centre d'immoralité et de licence ; Olier fut choisi pour la réformer et, bien qu'il eût peu d'espoir de succès, il prit la charge le 10 août 1642, continuant toutefois à diriger le séminaire. Aidé de quelques-uns de ses prêtres de Vaugirard, il réussit dans son entreprise à Paris, et sa paroisse devint l'une des plus réglées de la ville. Le duel était alors une pratique courante. Olier entreprit de former une association des plus hardis parmi les nobles qui s'engageraient à ne jamais donner ni accepter un défi, et à ne jamais agir comme témoins (seconds) dans une rencontre. Ce plan audacieux réussit, et à la tête de ceux qui prêtèrent le vœu le jour de la Pentecôte 1651 se trouvaient le maréchal de Fabert et le marquis de Fenelon, tous deux célèbres duellistes. Cette initiative suscita une grande émotion et fut vivement approuvée par les maréchaux d'Estrées, Schomberg, de Plessis-Praslin et de Villeroy. Pendant ce temps, le nombre de prêtres dans son séminaire ayant considérablement augmenté, Olier les divisa en deux sociétés — la Congrégation de Saint-Sulpice, qui conserva la charge du séminaire, pour lequel elle reçut une charte en nov. 1645, et la Communauté des Prêtres de la Paroisse, qui gouvernait les affaires de l'Église ; les deux divisions, toutefois, continuèrent à former un seul corps. En 1655, Olier, avec son successeur Le Ragois de Bretonvilliers, posa la première pierre de l'église Saint-Sulpice, qui existe encore. Outre ce principal établissement, Olier fonda des séminaires provinciaux à Clermont, Le Puy, Viviers et Bourg-Saint-Andéol ; et un succursale de sa congrégation fut implantée jusqu'à la colonie française de Montréal, au Canada. Il organisa également un certain nombre de sociétés charitables, d'écoles et d'asilés pour orphelins. Ses travaux et ses austérités lui attirèrent de graves infirmités, qui abrégèrent sa vie. Il mourut le 2 avril 1657. Bossuet le qualifie de "virum praestantissimum ac sanctitatis odore florentem." Il est encensé par F'nelon comme "vir traditus gratise Dei, et plane apostolicus;" et dans une lettre de l'assemblée du clergé au pape Clément XII on le trouve exalté comme "eximium sacerdotem, insigne cleri nostri decus et ornamentum." Olier laissa un certain nombre d'écrits, principalement pratiques, qui ont été souvent réimprimés. Voir Vie de M. Olier, Fondateur du Seminazire de St. Sulpice (Paris, 1853, 8vo); Jervis, Hist. of the Church of France, 1:330- 332; Hoefer, Nouv. Biog. Generale, 38, 615-617.
