Définition dans McClintock & Strong
Jean Cassien (Joannes Massiliensis)
Cassianus, Johannes
Cassianus, Johannes (Aussi appelé Joannes Massiliensis, Joannes Eremita), d'après Gennadius (De Vir. Illust. 100:61), un Scythe; mais l'opinion la plus vraisemblable le fait natif de Marseille. Il fut élevé au célèbre monastère de Bethléem (q.v.), sous la direction de Germanus, avec lequel, vers 390 apr. J.-C., il alla visiter les ermites d'Égypte, parmi lesquels il vécut plusieurs années. En 403 apr. J.-C. il se rendit à Constantinople, où il écouta Chrysostome, qui l'ordonnera diacre. Vers 415 apr. J.-C. il fonda à Marseille un monastère pour moines et un autre pour moniales; le premier est la célèbre abbaye de Saint-Victor. On peut ainsi le considérer comme le fondateur du monachisme en Occident; et son traité De Institutis Coenobiorum, libri 12, fournit un code selon lequel les monastères furent longtemps gouvernés (traduit en français par Saligny, Paris, 1667, 8vo). Cassianus, selon divers écrivains, mourut (âgé de 97 ans) en 440, ou 448, ou 435 apr. J.-C. La Chronique de Prosper le représente vivant en 433 apr. J.-C. Certaines Églises l'honorent comme saint le 23 juillet, bien qu'il n'ait jamais été canonisé. Il fut un ardent adversaire de la doctrine d'Augustin sur la prédestination, mais en même temps, en reconnaissant la corruption universelle de la nature humaine, il s'opposa aussi vigoureusement à Pélage. (Voir ses Collationes Patrum.) Il admit la nécessité de la grâce prévenante et assistante, mais soutint que, chez la plupart des hommes, la foi et la bonne volonté, et le désir de conversion, produits par la seule force naturelle, précèdent une telle grâce et préparent l'esprit à la recevoir; et que de telles premières efforts de l'homme naturel ne peuvent certes mériter le don de la grâce, mais contribuent à l'obtenir. «Son attention se portait sur l'expérience; il observait des natures religieuses; un système de pure spéculation logique n'avait pour lui aucun charme. Ses doctrines, qui sont disséminées dans ses écrits, avaient pour but de représenter dans sa simplicité la foi des pêcheurs galiléens, laquelle avait été déformée par l'éloquence césarienne. Le libre arbitre et la grâce s'accordent, et d'où résultait un biais opposé qui soutenait ou la grâce seule, ou le libre arbitre seul. Augustin et Pélage avaient chacun tort à leur manière. L'idée de la justice divine dans la détermination du sort de l'homme après la première transgression ne prépondérait pas dans les écrits de Cassianus comme dans ceux d'Augustin, mais l'idée d'un amour divin disciplinaire, par les conduites duquel les hommes doivent être menés à la repentance. Il invoque aussi le caractère mystérieux des voies d'Elohîm, non pas en ce qui concerne la prédestination, mais la variété des conduites par lesquelles Elohîm conduit différents individus au salut. Il n'y a pas non plus une loi applicable à tous; dans certains cas la grâce anticipe (gratia praeseniens), dans d'autres un combat précède, et alors l'aide divine vient à eux comme grâce. En aucun cas la grâce divine ne peut opérer indépendamment de l'auto-détermination libre de l'homme. Comme le laboureur doit faire sa part, mais tout cela ne vaut rien sans la bénédiction divine, ainsi l'homme doit faire sa part, pourtant cela ne profite de rien sans la grâce divine» (Neander, Hist. Dogmas, 2:377). Parmi ses écrits se trouvent les Collationes Patrum, 24, dans lesquelles Cassianus fait intervenir Germanus et d'autres moines comme interlocuteurs, avec lui-même, dans des dialogues sur diverses obligations monastiques et morales. Dans la 11e Conférence Cassianus, sous la personne de Chaeremon, expose ce qu'on a appelé son semi-pélagianisme, à savoir ses vues sur la prédestination et la grâce. La 17e Conférence défend le mensonge occasionnel, comme n'étant pas contraire à l'Écriture: «Un mensonge doit être ainsi estimé et ainsi employé comme s'il possédait la nature de l'hellébore, qui, si elle est prise dans un cas extrême de maladie, peut être salutaire, mais si elle est prise à la légère, est la cause de la mort instantanée; les personnes les plus saintes et les plus approuvées de Elohîm ont usé du mensonge sans blâme,» etc. La 20e montre plusieurs manières d'obtenir la rémission des péchés outre la mort et l'intercession du Mashiah (Christ). Il écrivit aussi un traité, De Incarnatione Christi, lib. 7, en confutation de Nestorios, vers 430 apr. J.-C., à la demande de Léon, futur évêque de Rome. Cassianus soutient la propriété du terme «Mère de Dieu». Les Collationes furent traduites en français par Saligny (Paris, 1663, 8vo). Ses œuvres furent publiées à Bâle en 1575; à Anvers en 1578; à Rome (cura Petri Giacconii), 1580 et 1611, 8vo; à Douai (1616, deux vols. 8vo), par Alardus Gazeus; réimprimées à Leipsic 1722, fol. (la meilleure édition). Elles se trouvent aussi dans la Biblioth. Patrum, vol. 7. — Neander, Church Hist. 2:627-630; Hoefer, Nouv. Biographie Générale, 9:35; Dupin, Eccl. Writers, 5th century; Meier, Jean Cassian (Strasb. 1840); Wiggers, de Johanne Cassiano, etc. (Rostock, 1824, 1825); Wiggers, Augustinismus et Pelagianismus, 2:19, 47, etc.; aussi son article Cassianus, dans Ersch u. Gruber's Encyklopädie; Hagenbach, History of Doctrines, § 114; Lardner, Works 5:27; Clarke, Sacred Literature, 2:188.
