Définition dans McClintock & Strong
Hysope
Hyssop
Hyssop
(אֵזוֹב, &zb', d’étymologie incertaine ; Gr. ὕσσωπος), plante difficile à définir, surtout parce que la similitude des termes ci‑dessus a tôt conduit à les confondre. Comme le ὕσσωπος des auteurs grecs est généralement reconnu pour être le hysope commun (Hyssopus officinalis des botanistes), on en a déduit qu’il devait aussi être la plante de l’Ancien Testament, ainsi que celle dont il est question dans le Nouveau Testament. Cette inférence n’a cependant pas été universellement adoptée ; Celsius énumère pas moins de dix‑huit plantes différentes qui ont été avancées par divers auteurs comme le hysope des Écritures. La difficulté principale vient du fait que dans la Sept. le grec ὕσσωπος est le rendu uniforme de l’hébreu ezob, et que ce rendu est approuvé par l’apôtre dans l’Épître aux Hébreux (Hébreux 9:19, 21), quand il parle des observances cérémonielles de la loi lévitique. Dès lors, la Sept. a‑t‑elle employé ὕσσωπος comme le mot le plus voisin phonétiquement de l’hébreu, comme le suppose Stanley (S. and Pal. p. 21, note), ou comme le véritable représentant de la plante indiquée par celui‑ci, est un point qui, très probablement, ne sera jamais décidé. Les botanistes diffèrent fort même quant à l’identification du ὕσσωπος de Dioscoride. Le nom a été donné à la Satureia graeca et à la S. Juliana, auxquelles il ne convient guère, et le hysope d’Italie et du Midi de la France ne se rencontre pas en Grèce, en Syrie ni en Égypte. Daubeny (Lect. on Romans Husbandry, p. 313), suivant Sibthorpe, identifie le hysope montagnard avec le Thymbra spicata, conjecture que réprouve Kihn (Comm. in Diosc. 3:27), qui, dans le même passage, donne son opinion que les Hébreux employaient l’Origanum Ægypticum en Égypte, l’O. Syriacum en Palestine, et que le hysope de Dioscoride était l’O. Smyrnaeum. Le botaniste grec décrit deux sortes de hysope, ὀρεινή et κηπευτή, et donne πεσαλέμ pour l’équivalent égyptien. Les talmudistes font la même distinction entre le hysope sauvage et la plante de jardin utilisée comme aliment. Le hysope se présente en trois espèces, mais une seule de celles‑ci est cultivée pour l’usage. Le hysope commun est un arbuste, aux tiges basses et touffues, atteignant un pied et demi de hauteur ; feuilles petites, en forme de poire, serrées, opposées, plusieurs plus petites sortant de la même jointure ; toutes les tiges et branches terminées par des épis dressés en verticilles de fleurs, de couleurs variées selon les variétés. Ce sont des plantes très robustes, et l’on peut les multiplier soit par rejetons ou boutures, soit par graines. Les feuilles ont une odeur aromatique et un goût chaud et piquant. Elle est originaire du sud de l’Europe et de l’Orient.
La première mention de la plante scripturaire se trouve en Exode 12:22, où il est ordonné de tremper un bouquet d’hysope dans le sang et d’en frapper les linteaux et les deux poteaux des portes des maisons où habitent les Israélites. Elle est ensuite citée en Lévitique 14:4, 6, 52, dans la cérémonie de la proclamation de la purification des lépreux ; puis en Nombres 19:6, 18, dans la préparation de l’eau de séparation. À ces passages l’apôtre fait allusion en Hébreux 9:19 : « Car lorsque Moïse eut dit à tout le peuple tous les préceptes, selon la loi, il prit le sang de veaux et de boucs, avec de l’eau, de la laine écarlate, de l’hysope, et aspergea le livre et tout le peuple. » De ce texte on voit que le nom grec ὕσσωπος était considéré comme synonyme de l’hébreu ezob ; et des passages précédents qu’il devait s’agir d’une plante feuillue, et assez grande pour servir aux usages de l’aspersion, et qu’on la trouvait en Basse‑Égypte, ainsi que dans le pays vers le mont Sinaï et jusque‑là Palestine. D’un passage suivant nous obtenons quelque renseignement sur les habitudes et les propriétés supposées de la plante. Ainsi, en 1 Rois 4:33 il est dit : « Salomon parlait des arbres, depuis le cèdre qui est au Liban jusqu’à l’hysope qui sort du mur » ; et dans le psaume pénitentiel de David (Psaumes 51:7) : « Purifie‑moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave‑moi, et je serai plus blanc que la neige. » Dans ce dernier passage, il est vrai, le mot est pensé par certains commentaires comme employé au sens figuré ; mais il est possible que la plante eût quelque propriété nettoyante générale, et qu’on la preferât à d’autres végétaux dans les cérémonies de purification. Elle devait, en tout cas, se rencontrer sur des murs et en Palestine. Dans le récit de la crucifixion de notre Sauveur, Yéhoshoua (Jésus), l’évangéliste Jean dit (Jean 19:29) : « Il y avait un vase plein de vinaigre ; et ils emplirent une éponge de vinaigre, et l’attachèrent à de l’hysope, et la mirent à sa bouche. » Dans les passages parallèles de Matthieu (Matthieu 27:48) et Marc (Marc 15:36) il est déclaré que l’éponge remplie de vinaigre fut portée sur un roseau ou bâton. Pour concilier ces affirmations, quelques commentateurs ont supposé que l’éponge et l’hysope étaient liés tous deux à un bâton, et qu’un évangéliste ne mentionne que l’hysope, l’autre que le bâton ; mais la manière la plus simple d’expliquer la différence apparente est de considérer l’hysope et le bâton comme une même chose — en d’autres termes, que l’éponge était fixée à un bâton d’hysope.
Parmi les différentes plantes avancées par Celsius comme ayant plus ou moins de prétentions à être regardées comme le hysope des Écritures, quelques‑unes appartiennent à la classe des fougères, telles que Cophillus Veneris, la capillaire, et Ruta muraria, ou rue des murailles, parce qu’elles croissent sur les murs ; de même le Polytrichum, ou mousse capillaire, les hyssops des cloîtres, ou Sagina, et Sagina procumbens sont proposées par d’autres, parce que, par leur croissance sur rochers ou murs, elles répondraient au passage de 1 Rois 4:33, et, par leur petitesse, offriraient un contraste frappant avec le cèdre du Liban, preuve de la minutieuse connaissance de Salomon. D’autres soutiennent des espèces d’Armoise, qui, par leur amertume, seraient les plus probables pour avoir été ajoutées au vinaigre de l’éponge afin de le rendre plus déplaisant à notre Sauveur. La majorité, cependant, ont choisi différentes plantes odoriférantes de la famille naturelle des Labiées, dont plusieurs sont trouvées en situations sèches et arides en Palestine et en certaines parties du désert (voir Raumolf, Trae. p. 59, 456 ; Hasselquist, Trav. p. 554, 517 ; Burckhardt, Trav. 2, 913 ; Robinson, Researches, 1, 162, 157). Parmi celles‑ci on cite le romarin, diverses espèces de lavande, de menthe, de marjolaine, de thym, de sarriette, de thymbra, et d’autres du même groupe, se ressemblant beaucoup par le caractère et par les propriétés ; mais aucune d’elles ne paraît croître sur les murs, ni posséder des vertus nettoyantes ; et, à l’exception du romarin, elles ne donnent pas de baguette, ni ne se rencontrent en tous les lieux requis. Si l’on se reporte aux auteurs les plus récents, on trouve d’autres plantes proposées, bien que la plupart adhèrent au hysope commun. Sprengel (Hist. Rei‑Herb. 1, 14) semble n’avoir aucun doute que le Thymbra spicata, trouvé par Hasselquist sur les ruines autour de Jérusalem, soit le hysope de Salomon, bien que Hasselquist lui‑même crût que la mousse appelée Gymnostomum truncatum était la plante. Lady Calcott se demande « si l’hysope dont saint Jean dit que l’éponge imbibée de vinaigre fut posée pour être tenue aux lèvres du Mashiah (Christ) sur la croix ne pouvait pas être l’hysope attachée à son bâton de bois de cèdre, employée pour asperger le peuple, afin qu’il ne contractât pas d’impureté à la veille du sabbat, qui était jour solennel, en se trouvant sur le lieu d’exécution » (Scripture Herbal, p. 208). Rosenmüller, de son côté, pense que le mot hébreu ezob ne désigne pas notre hysope, mais une plante aromatique qui lui ressemble, le marjolaine sauvage que les Allemands appellent Dosten ou Wohlgemuth, les Arabes Zatar, et les Grecs Origanum. Dans la Pictorial Bible (1, 161), M. Kitto observe « que le hysope des saintes Écritures a ouvert un vaste champ à la conjecture, mais qu’en aucun cas on n’a proposé une plante qui, à la fois, possède une longueur de tige suffisante pour servir de baguette ou de perche, et des propriétés détergentes ou purifiantes assez marquées pour en faire un emblème convenable pour la purification » ; il propose comme probable que « le hysope était une espèce de Phytolacca, combinant longueur de tige et propriétés nettoyantes, d’après la quantité de potasse fournie par les cendres de l’espèce américaine, P. decandra, de ce genre. » P. abyssinica atteint la taille d’un arbuste en Abyssinie. Wier (Bibl. Realwörterbuch, s.v. Ysop) remarque que les talmudistes distinguent le hysope des Grecs et des Romains de celui mentionné dans la loi. Il ajoute l’Origanum, cité dans la remarque de Rosenmüller, comme l’ezob des Hébreux ; mais conclut qu’un examen plus exact des hyssops et des Origana de cette partie de l’Asie est requis avant que la signification du terme hébreu puisse être considérée comme satisfaisante. Cinq sortes d’hysope sont mentionnées dans le Talmud. L’une est appelée אזוב simplement, sans épithète ; les autres sont distinguées comme grec, romain, hysope sauvage et hysope de Cochali (Michna, Negaïm, 14, 6). De ces quatre dernières, on dit qu’elles étaient profanes, c.-à‑d. non utilisables pour les purifications (Michna, Parah, 11, 7). Maïmonide (de Vacca Rufa, 3, 2) affirme que l’hysope mentionnée dans la loi est celle qui servait d’assaisonnement. Selon Porphyre (De Abstin. 4, 7), les prêtres égyptiens, à certaines occasions, mangeaient leur pain mêlé d’hysope ; et le zaatar, ou marjolaine sauvage, avec lequel on l’identifie, entre souvent dans un mélange appelé adukkah, encore usité comme nourriture par les classes pauvres en Égypte (Lane, Mod. Eng. 1, 200). Il n’est donc pas improbable que ce fût l’hysope de Maïmonide, qui écrivit en Égypte ; d’autant plus que R. D. Kimchi (Lex. s.v.), qui compte sept espèces différentes, donne pour équivalent l’arabe zaatar, l’origanum ou la marjolaine, et l’allemand Dosten ou Wohlgemuth (Rosenmüller Handb.). Cela concorde avec le Tanchum Hieros. MS cité par Gesenius. Ainsi, dans la version judéo‑espagnole, Exode 12:22 est traduit « y tomaredes manojo de origano ». C’est sans doute l’espèce d’« hysope » (zaatar) montrée au Dr. Thomson, qu’il décrit comme « ayant le parfum du thym, avec un goût chaud et piquant, et de longues tiges grêles » (Land and Book, 1, 161). Mais Dioscoride distingue l’origan et l’hysope quand il décrit la feuille d’une espèce de l’un comme ressemblant à l’autre (comp. Pline 20:67), bien qu’il soit évident qu’il les considérait, comme les talmudistes, appartenant à la même famille. Dans le syriaque de 1 Rois 4:33, hysope est rendu par lufo, « houseleck », tandis que dans d’autres passages il est représenté par zûfé, que la traduction arabe suit en Psaumes 41:9 et Hébreux 9:19, alors que dans le Pentateuque il a zaatar pour équivalent. Patrick (sur 1 Rois 4:33) croyait qu’ezob est le même que l’éthiopique azub, qui représente le hysope de Psaumes 51:9, ainsi que ἡδύοσμον, ou menthe, en Matthieu 23:23. Les moines du Jebel Musa donnent le nom d’hysope à une plante odoriférante appelée jaʿdeh qui croît en grande quantité sur cette montagne (Robinson, Bibl. Res. 1, 157). Il a été réservé à l’ingéniosité d’un Allemand de tracer une liaison entre Ésope, le fabuliste grec, et l’ezob de 1 Rois 4:33 (Hitzig, Die Sprüche Salmo's, Einl. § 2). (Voir Celsius, Ierobot. 1, 407 sqq. ; comp. Bochart, Hieroz. 1, 589 ; Plenk, Plant. Med. tab. 465 ; Otho, Lex. Rabb. p. 284 sqq. ; Faber, in Keil's Analect. 1, 3 sqq. ; Geiger, Pharmaceut. Bot. 1, 491 ; Gesenius, Thesaur. 1, 57 sqq. ; Sprengel, ad Dioscor. 2, 506 sqq. ; Prosp. Alpin. Plant. Aegypt. c. 20 ; Spencer, Leg. Rit. 2, 15, 4 ; et les autorités talmudiques, classiques et autres citées là.)
Le dernier résultat est celui du Dr. J. F. Royle (communiqué dans un mémoire présenté à la Royal Asiatic Society, et publié dans leur journal de novembre 1844), qui infère, premièrement, que toute plante remplissant les conditions requises devrait se rencontrer en Basse‑Égypte (Exode 12:22) ; dans le désert du Sinaï (Lévitique 14:4, 6, 52 ; Nombres 19:6, 18) ; dans le voisinage de Jérusalem (Jean 19:29) ; secondement, qu’elle devrait être une plante croissant sur les murs ou en situations rocheuses (1 Rois 4:33) ; enfin, qu’elle devrait posséder quelque propriété nettoyante (Psaumes 51:7), bien qu’il soit probable que ce passage y soit employé au sens figuré. Elle devrait de plus être assez grande pour fournir une baguette, et elle devrait, en outre, avoir un nom en arabe ou dans des langues apparentées proche du nom hébreu. Après un examen attentif et minutieux de tous les témoignages anciens et modernes, il trouve toutes ces circonstances réunies dans le câprier, ou Capparis spinosa de Linné. VOIR CAPER‑PLANT. Le nom arabe de cette plante, asuf, par lequel on la décrit quelquefois, quoique non communément, présente une ressemblance considérable avec l’hébreu. Elle se trouve en Basse‑Égypte (Forskal, Flor. Eg.-Arab. ; Pline 13:44). Burckhardt (Trav. in Syr. p. 536) mentionne l’aszef comme un arbre fréquent dans les vallées de la péninsule du Sinaï, « la liane d’un vert brillant qui grimpe hors des fissures des rochers » (Stanley, S. and P. p. 21, etc.), et produit un fruit de la grosseur d’une noix, appelé par les Arabes Felfel Jibbel, ou poivre de montagne (Shaw, Spec. Phytogr. Afr. p. 39). Le Dr. Royle pensait que c’était sans doute une espèce de Capparis, probablement le câprier. Le Capparis spinosa fut trouvé par M. Bove (Rel. d'un Voy. Botan. en Ég., etc.) dans le désert du Sinaï, à Gaza et à Jérusalem. Lynch le vit dans un ravin près du couvent de Mar Saba (Exped. p. 388). On le rencontre donc dans tous les lieux où l’ezob est nommé dans la Bible. Quant à son habitat, il croît en lieux secs et rocheux, et sur les murs : « quippe quum capparis quoque seratur siccis maxime » (Pline 19:48). De Candolle le décrit comme trouvé « in muris et rupestribus. » On croyait que le câprier possédait des qualités détergentes. Selon Pline (20, 59), la racine était appliquée au traitement d’une maladie analogue à la lèpre. Lamarck (Encycl. Botan. art. Caprier) dit : « Les capriers sont regardés comme antiscorbutiques. » Enfin, le câprier peut produire une tige de trois ou quatre pieds de longueur. Pline (13, 44) le décrit en Égypte comme « firmioris ligni frutex », et à cette propriété le Dr. Royle attache une grande importance, identifiant, comme il le fait, le ὕσσώπῳ de Jean 19:29 avec le καλάμῳ de Matthieu et Marc. À cette identification, cependant, le Dr. G. E. Post (dans l’édition américaine du Smith's Biblical Dictionary) objecte à juste titre que le câprier a une tige épineuse, et qu’il est trop traçant et autrement peu approprié en forme pour les usages désignés ; de plus que son nom arabe a en réalité peu d’affinité avec l’hebr. ezob. Il revient donc à l’idée de Celsius des Labiées, ou tribu de la marjolaine, spécialement l’Origanum maru (arab. Zupha), qui croît sur les murs de terrasses, a une tige longue et grêle, ou un groupe de tiges, avec un sommet touffu, une odeur parfumée et une saveur amère mais salutaire. Ceci concorde avec l’une des traductions arabe et syriaque précédemment notées.
