Définition dans McClintock & Strong
Heinrich Muller (1)
Muller, Heinrich (1), Dr
Muller, Heinrich (1), Dr.
un éminent théologien allemand, naquit le 18 octobre 1631 à Lübeck, ville que ses parents durent quitter à cause des bandes de Wallenstein. Ses premières impressions religieuses il les reçut de sa mère Élisabeth, à laquelle il dut, comme Augustin à sa mère Monique, ou Chrysostome à Anthusa, son éducation religieuse. Bien que de constitution fragile, Muller fit de tels progrès à l'école de sa ville natale que lorsque, en 1644, ses parents revinrent à Rostock il fut inscrit comme étudiant en philosophie, n'ayant que treize ans. Pendant trois ans il suivit les leçons de Lütkemann (q.v.), alla en 1647 à Greifswald étudier la théologie, et obtint le titre de magister artium. Ayant voyagé quelque temps pour enrichir son bagage de connaissances, il revint en 1651 à Rostock, où il commença une série de leçons, si vivement louées que la magistrature le nomma archidiacre de St. Marien Kirche alors qu'il n'avait guère vingt ans. Un an plus tard l'Université de Helmstadt lui conféra le grade de docteur en théologie, son ancienne université ne le reconnaissant digne que sept ans plus tard. En 1659 il fut nommé professeur de grec, en 1662 il devint membre de la faculté de théologie et pasteur, et en 1671 tout le clergé l'érigea à l'unanimité en superintendent, position qu'il conserva jusqu'à sa mort, survenue le 13 septembre 1675. Muller appartenait à ces hommes que la Providence avait appelés à semer la graine d'une vie évangélique nouvelle et fraîche dans un sol enrichi par le sang de la Guerre de Trente Ans ; l'orthodoxie luthérienne, affaiblie par de constantes controverses, n'étant plus assez forte pour supplanter l'erreur par la vérité autant dans la vie que dans la foi. Pour Muller le christianisme n'était pas un dogme mais la vie, et il peut donc être regardé, en liaison avec Job. Arndt (q.v.), Val. Andrea (q.v.), et Chr. Scriver, comme un précurseur de Spener ; et comme les écrits d'Arndt et de Scriver, les siens sont encore lus par le peuple allemand à ce jour. Muller fut un auteur prolifique, écrivant non seulement en allemand mais aussi en latin. Les plus connus de ses ouvrages sont Apostolische Schlusskette und Kraftkern (Francfort, 1633, et souvent) ; — Evangelische Schlusskette (ibid. 1763, et souvent) ; — Evangelischer Herzensspiegel (ibid. 1679) ; — Himmlischer Liebeskuss (Rostock, 1659) ; — Kreuz, Buss- u. Betschule (ibid. 1651, et souvent) ; — Geistliche Erquickungsstunden (ibid. 1663, et souvent) ; — Orator ecclesiasticus, etc. (ibid. 1659) ; — Conjugii clericorum patrocinium (ibid. 1665) ; — Harmonia Veteris Novique Test. chronologica (ibid. 1668) ; — Theologia scholastica (ibid. 1656). Pour une liste de ses écrits voir Witte, Memoriae theologorum nostri saeculi clarissimorum renovatae, decas xv (Francfort, 1684), p. 1891 ; Rottermund, Supplement zu Jöcher's Gelehrten-Lexikon, 5:57. VOIR aussi Koch, Geschichte des deutschen Kirchenliedes (Stuttgart, 1868), 4:66 sq. ; J.G. Russwurm, dans son édition des Erquickungsstunden de Muller (Reutlingen, 1842) ; Bittcher, dans Tholuck's Liter. Anzeiger, 1844, No. 15-18 ; Dr. H. Muller, eine Lebensbeschreibung von Aichel (Hamburg, 1854) ; Wild, Leben u. Auswahl von Muller's Schriften, dans Klaiber's Evang. Volksbibliothek (Stuttgart, 1864), vol. 3 ; Niedner, Lehrbuch der christl. Kirchengeschichte (Berlin, 1866), p. 788 ; Bibliotheca Sacra, juillet 1868, p. 587 ; Kitto, octobre 1853, p. 208 ; Hase, Church Hist. p. 449. (B.P.)
