Définition dans McClintock & Strong

Friedrich Myconius

Myconius, Friedrich

Myconius, Friedrich, ami intime de Luther et l'un des réformateurs du XVIe siècle, naquit à Lichtenfels, en Franconie, le 26 décembre 1491, de parents pieux, et fit ses études à Annaberg. Il entra chez les Franciscains à cet endroit en 1510. Là, il chercha en vain à satisfaire les aspirations de son cœur par une application assidue à ses devoirs monastiques et l'étude d'ouvrages tels que le Magister Sententiarum de Pierre Lombard, les écrits d'Alexandre d'Ales, Bonaventure, Gabriel Biel, et même les commentaires bibliques de Lyra. Finalement, les quatre-vingt-quinze thèses de Luther tombèrent entre ses mains ; il adopta aussitôt les principes qui y sont exprimés. Entre-temps il fut successivement envoyé aux couvents de Leipzig et de Weimar en 1512, et fut ordonné prêtre en 1516. Mais, comme il avait déclaré ouvertement son adhésion aux doctrines évangéliques, il dut subir toutes sortes de tracasseries de la part de ses supérieurs. Il resta cependant ferme, se fortifiant par la lecture clandestine des œuvres de Luther en compagnie de son compagnon de couvent Voit. Enfin, alors que ses supérieurs songeaient à le transférer à Annaberg, il s'enfuit et apparut bientôt (en 1524) à Zwickau comme prédicateur évangélique. La même année il fut envoyé à Gotha par le duc Jean pour y introduire la Réformation, tâche dans laquelle il eut un grand succès malgré les difficultés. Il porta une attention particulière aux écoles. En liaison avec Melanchthon, Justus Menius, Christoph von Planitz, Georg von Wangenheim et Johann Cotta, il exerça deux visites en Thuringe ; en 1528 et en 1533, pour améliorer l'organisation des églises et des écoles. Il prit également part aux conférences de Marbourg (1529), Wittenberg (1536), Smalcalde (1537), Nuremberg, Francfort (1539) et Hagenau (1540), où il fut souvent en contact avec Melanchthon. Il accompagna comme théologien l'ambassade envoyée par l'électeur au roi Henri VIII en 1538 dans le but d'introduire la Réforme en Angleterre. À la mort du duc George, Myconius, avec Cruciger, Pfeffinger et M. Balthasar, reçut la mission d'introduire la Réforme en Saxe, et particulièrement à Leipzig. Cependant il resta toujours spécialement attaché à Gotha et à la Thuringe. Dans cette ville il fonda le gymnase ensuite célèbre, et s'efforça d'assurer aux établissements d'enseignement les dotations nécessaires. Sa santé défaillant en 1541, il écrivit à Luther qu'il était «malade, non pour la mort, mais pour la vie». Mais il guérit et, selon la prière de Luther, vécut quelques mois de plus que lui. Il mourut le 7 avril 1546. Myconius écrivit activement, mais la plupart de ses productions furent des pamphlets et des lettres ; sa chronique de Gotha fut publiée par S. Cyprian sous le titre Fr. Myconii Historia Reformationis (1715). Des biographies de Myconius se trouvent chez Melchior Adam, Vitae Theologorum (Frankf. 1705, vol. 1) ; Sagittarii Historia Gothana (Jena, 1700) ; Junker, Redivivus Myconius (Waltershausen, 1730) ; Brickner, Kirchen- und Schulestaat des Herzogthums Gotha (1753, I, 1:41 sqq.) ; Ledderhose, Mykonius (Gotha, 1854) ; Herzog, Real-Encyklopadie, 10:137 ; Middleton, Evangel. Biog. 1:250 ; Hardwick, Church History, Reformation, p. 110, 114, 119. (J.N.P.)

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.