Définition dans McClintock & Strong

Familistes (Familia Charitatis, «Family of Love»)

Familists, Familia Charitatis, Family of Love

Familists, Familia Charitatis, Family of Love secte fondée au XVIe siècle par Henry Nicholas, natif de Münster, en Westphalie, qui, après avoir résidé quelque temps en Hollande, vint en Angleterre à la fin du règne d’Édouard VI, et y établit (1552) sa familia charitatis, ou Huis des Liefde (Strype's Cranmer, 2:410). Leurs doctrines ont souvent été confondues avec celles de David Joris, VOIR JORIS, auxquelles elles ressemblent à bien des égards, et généralement avec celles des anabaptistes. Toutefois ses disciples publièrent une Confession de foi en 1575 (donnée dans Strype, Annals, 2:577), puis une Apologie, dans laquelle ils tentent de prouver l’identité de leurs doctrines avec celles des Confessions évangéliques. Le trait caractéristique de cette secte était une tendance à la contemplation mystique, et la croyance que, par l’amour, l’homme pouvait devenir absolument absorbé et identifié à Elohîm, au sens subjectif. Nicholas se présenta comme l’apôtre de ce «service de l’Amour», et il est dit qu’il alla jusqu’à revendiquer la supériorité sur Mashiah (Christ), au motif que Moïse n’aurait prêché que l’espérance, Mashiah la foi, mais que lui prêchait l’amour. La secte fut accusée de nier la divinité de Mashiah et même de rejeter la divinité d’Elohîm lui‑même dans ses attributs supérieurs, en soutenant que l’homme deviendrait, en cette vie, identifié à Elohîm. Ils soutenaient, au contraire, dans leur Apologie, leur foi dans les trois grandes formules chrétiennes et notamment dans la satisfaction rendue par Mashiah, tandis qu’ils prétendaient seulement émuler l’état de vie qu’il manifestait. Comme ils se regardaient comme parfaits, ils ne pouvaient reconnaître le besoin du pardon, et déclaraient dans leur Apologie qu’ils tâchaient de tout leur cœur de croire et de garder les commandements, laissant le reste à Elohîm, puisque le pouvoir d’y parvenir ne pouvait venir que de Lui. Ils se distinguaient des anabaptistes par leur reconnaissance du baptême des enfants, et par leur indifférence quant à la partie extérieure du culte établi, que les anabaptistes attaquaient avec une violence particulière. Nicholas, qui au début prosélytait discrètement, se montra plus hardi sous le règne d’Élisabeth, et s’annonça prophète envoyé par le Seigneur et oint par le Saint-Esprit. On dit qu’il était un homme sans instruction, mais il semble avoir réussi à gagner l’oreille de plusieurs théologiens et personnes de haut rang. En 1580 Élisabeth publia une proclamation contre la secte et ordonna une enquête sur leurs pratiques. Ils attirèrent alors une attention considérable, et des accusations de toutes sortes furent portées contre eux. Leurs livres furent ordonnés brulés en octobre 1580. En 1604 ils présentèrent une pétition à Jacques Ier pour se disculper des imputations portées contre eux. À partir de ce moment leurs effectifs diminuèrent, mais ils n’étaient pas éteints encore en 1645. Le roi Jacques Ier, dans son Βασιλικὸν δῶρον, les appelle infamem anabaptistarum sectam, quae familia amoris vocatur. Une personne nommée Etherington fut forcée de se rétracter comme Familist en 1627; mais il ne semble pas qu’il ait tenu exactement la même doctrine que les anciens Familists. Voir un livre curieux par J.R. (John Rogers), intitulé The Displaying of an horrible Sect naming themselves the Family of Love (Lond. 1579); et Knewstub, Confutatios of monstroays and horrible Heresies taught by H.N. etc. (Lond. 1579); Mosheim, Church History, c. 16, § 3, part 2, § 25; Collier, Ecclesiastical Hist. of England, 6:609; 7:311; Hardwick, Reformation, ch. 5.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.