Définition dans McClintock & Strong
Esprit / mental
Mind
Mind l'exercice ou l'expression de la partie spirituelle de la nature humaine. Il se divise manifestement en trois fonctions élémentaires : pensée, émotion et volition ; mais les auteurs scientifiques diffèrent grandement quant aux facultés subordonnées ou détaillées, comme on les appelle. Reilt classe ainsi les pouvoirs mentaux : perception, mémoire, conception, abstraction, jugement, raisonnement. Stewart : perception, attention, conception, abstraction, association, imagination, raison. D'autres proposent une analyse plus approfondie des facultés intellectuelles, et trouvent trois propriétés qui paraissent fondamentales et distinctes, l'une n'impliquant pas nécessairement l'autre, tandis que l'ensemble suffit à expliquer toutes les opérations intellectuelles : à savoir discrimination, rétention et association d'idées. Sir W. Hamilton, s'écartant des classifications communes, réunit les intellections en six :
(1.) La faculté présentative, ou le pouvoir de reconnaître les divers aspects du monde et de l'esprit.
(2.) La faculté conservatrice ou mémoire, signifiant le pouvoir d'emmagasiner.
(3.) La faculté reproductive, ou le moyen de rappeler des impressions ou concepts endormis.
(4.) La faculté représentative, ou imagination.
(5.) La faculté élaborative, ou le pouvoir de comparaison, par lequel s'opèrent classification, généralisation et raisonnement.
(6.) La faculté régulatrice, ou la cognition des notions a priori ou instinctives de l'intellect, telles que l'espace, le temps, la causalité, les vérités nécessaires, etc.
Noah Porter divise son "Human Intellect" en quatre parties :
(a.) Il traite de la conscience naturelle, conscience philosophique ; de la perception sensible, de ses conditions et de son processus ; de la croissance et des produits de la perception sensible.
(b.) Il traite de la représentation et de la connaissance représentative ; par ceci il entend mémoire, faculté de l'imagination, etc.
(c.) Il traite de la pensée et de la connaissance par la pensée ; par ceci il entend la formation et la nature du concept, du jugement, du raisonnement, etc.
(d.) Il traite de l'intuition et de la connaissance intuitive, où il discourt des relations mathématiques, de la causalité, du dessein, de la substance, de l'attribut ; du fini et du conditionné ; de l'infini et de l'absolu.
Berkeley et son école enseignent un idéalisme pur, qui affirme que tout ce dont nous pouvons avoir connaissance est l'esprit ou le moi ; que nous ne pouvons transcender notre sphère mentale ; tout ce que nous connaissons est notre propre esprit. D'autres, comme Locke, résolvent tout en empirisme, et considèrent l'esprit comme simplement le résultat d'une organisation matérielle. Ces deux vues forment les extrémités auxquelles la spéculation a couru. La première est l'idéalisme ou spiritualisme, la seconde le matérialisme ou empirisme.
L'école présocratique de philosophes était matérialiste, dont Anaximenes, Pythagore, Héraclite furent des représentants. Entre ceux‑ci et Platon, Socrate fut un lien de transition. Les philosophes post‑platoniciens furent essentiellement spiritualistes, nonobstant le matérialisme français et le rationalisme allemand. SEE MATERIALISM. Le Dr McCosh, dans ses Intuitions of the Mind, compose un triplet de parties. Dans la première partie (qui porte sur «La nature des convictions intuitives de l'esprit») il montre qu'il n'existe pas d'images mentales innées ; pas de notions innées ou générales ; pas de formes a priori imposées par l'esprit aux objets ; pas d'intuitions immédiatement antérieures à la conscience en tant que principes de loi. Mais il existe des principes intuitifs opérant dans l'esprit ; ce sont des convictions natives de l'esprit, de nature perceptive ou intuitive. Les convictions intuitives surgissent lorsque des contemplations d'objets sont présentées à l'esprit. Les intuitions de l'esprit se dirigent primordiellement vers des objets individuels. Les convictions intuitives individuelles peuvent être généralisées en maximes, et celles‑ci sont susceptibles d'être représentées comme principes philosophiques. Dans la seconde partie il montre que l'esprit commence ses actes intelligents par la connaissance ; que les puissances cognitives simples sont le sens, la perception et la conscience de soi. C'est par l'organisme corporel que l'intelligence humaine acquiert sa connaissance de tous les objets matériels extérieurs.
«Les qualités de la matière — extension, divisibilité, dimension, densité ou rareté, figure, incompressibilité, mobilité et substance — sont connues par intuition ; et c'est par la cognition que nous connaissons le moi comme ayant l'être, et comme n'étant pas dépendant pour son existence de notre observation ; comme étant en soi une existence persistante ; comme exerçant une puissance sur l'être spirituel et matériel : "Cogito, ergo sum." Les cognitions primitives reconnaissent l'être, la substance, la mode, la qualité, la personnalité, le nombre, le mouvement, la puissance. Les croyances primitives reconnaissent l'espace, le temps et l'infini. L'esprit observe intuitivement les relations d'identité, de tout à la partie, d'espace, de temps, de quantité, de propriété, de cause et d'effet. Les convictions motrices et morales comme appétences, volonté, conscience sont impliquées dans l'exercice de la conscience. Dans la troisième partie il montre que les sources de la connaissance sont le sens, la perception, la conscience de soi et l'exercice de la foi. Mais il existe des limites à notre connaissance, à nos idées et à nos croyances. Nous ne pouvons connaître aucune substance autre que celles révélées par le sens, la conscience ou la foi. Nous ne pouvons jamais connaître des qualités ou relations entre objets que dans la mesure où nous disposons de facultés spéciales de connaissance. La matière pour les idées doit être apportée par les sources de connaissance. Ces sources sont limitées, et notre croyance est limitée. Le professeur Bain, dans son ouvrage, montre que la connaissance humaine tombe sous deux départements — le département des objets, marqué par l'extension ; le département du sujet, marqué par l'absence d'extension. L'expérience subjective a trois fonctions — le sentiment, la volonté, la pensée. Le cerveau est l'organe de l'esprit. Les systèmes nerveux ne sont que des prolongements ou ramifications du cerveau, et c'est à travers ceux‑ci que l'esprit transmet son influence. Dans ce système nerveux, qui agit comme canal pour la transmission des messages de l'esprit, il y a deux ensembles de nerfs — les afférents, les efférents. Les fonctions intellectuelles s'expriment communément par mémoire, raison, imagination. Les attributs primaires de l'intellect sont la différence, l'accord, la rétention ou continuité. J.S. Mill propose une théorie psychologique de la croyance en un monde matériel — postulats, expectation, association, lois, substance, matière. Le monde extérieur est une possibilité permanente de sensation. Ensuite vient la distinction des qualités primaires et secondaires ; application à la permanence de l'esprit, etc.
La véritable théorie est à la fois scripturaire et scientifique, méthodique et encyclopédique ; et bien qu'elle n'explique peut‑être pas amplement toute idéation, elle montre néanmoins que la nature et les fonctions de l'esprit ne peuvent être vues qu'en connexion avec toutes les autres parties du système humain, de même que la nature et les fonctions d'une fontaine ne sont comprises que considérées en relation avec les autres parties du cosmos. Nous ne pouvons comprendre la nature et la fonction des conduits, glandes, veines ou artères que lorsque nous les envisageons dans leurs relations mutuelles, et dans leurs rapports avec toutes les autres parties du système physique. Nous ne pouvons comprendre la politique civile, la statique sociale, les phénomènes naturels, que prises dans leurs relations réciproques ; et ainsi nous ne pouvons comprendre l'esprit que vu en connexion avec tout ce qu'il touche. Des vues prises d'un autre présupposé doivent être partielles et imparfaites. Nous soutenons que l'esprit possède sept grandes forces ou modes. Les auteurs dits scientifiques reconnaissent cela, du moins substantiellement. Celles‑ci sont conscience, conception, abstraction, association, mémoire, imagination, raison. Maintenant, si la science nous montre qu'il existe sept grandes qualités ou forces correspondantes dans le corps, et si l'Écriture (qui révèle ce que la science ne peut) nous montre qu'il existe sept grands pouvoirs correspondants dans l'âme qui sous‑tendent et contrôlent toutes les puissances du corps et de l'esprit, pourquoi ne pas conclure que cette tentative septénaire de forces s'entrelace et se recoupe, de sorte à constituer une personnalité humaine ? Nous ne revendiquons pas pour cette théorie un statut scientifique, mais n'est‑elle pas digne d'une niche spéculative ? Notre observation montre que cet univers progresse par une méthode duplex, déploiement et replissement, ou évolution et involution. L'Écriture montre que ce déploiement provient d'une force septuple ; la science montre qu'il provient par une faculté septuple. Les coïncidences suivantes peuvent ne pas être hors de propos ici, comme illustrant un problème quelque peu abstrus de ce sujet. La Révélation par Jean révèle ἑπτὰ πνεύματα, ou "the seven spirits", comme les puissances constitutives d'Elohîm. La question se pose : quelles sont ces sept esprits ? (Isa 11:2 ; Ps 111:10 ; Pr 1:7 ; Job 28:28). Il est soutenu par de nombreux auteurs influents que les esprits mentionnés dans ces références doivent être pris en connexion avec la lampe septuple de Zacharie (Zec 4:1). Delitzsch, dans son ouvrage sur la psychologie, s'efforce de trouver ces éléments dans les distinctions hébraïques de «l'esprit de crainte», c.-à-d. de la vénération divine (יַראָה), «l'esprit de connaissance» (דִּעִת), «l'esprit de force» (גּבוּרָה), etc. ; mais ceux‑ci sont fort mystiques et même fantaisistes. Quoi qu'il en soit, quelle que soit la pensée que l'on puisse avoir de telles abstractions, quant à ce que l'Écriture dit, ou qu'on imagine qu'elle dit, au sujet de la vie de l'âme ou doxa septuple, la science semble découvrir, ou du moins indiquer, un moyen septuple de représentation mentale dans le corps. Elle reconnaît sept formes de vie : l'embryonnaire, la respiration, le sang, le cœur, la sensation, contenant les cinq sens, l'extériorisation de la voix par la langue, et la pression vers l'extérieur de l'ensemble des phases mentales et des sentiments de l'esprit à travers tout l'habitus corporel. Dans la trichotomie de la nature, l'âme est première, l'esprit second, le corps troisième. L'esprit est donc modelé par l'âme, et le corps par l'esprit. Comme l'âme se situe à la base de l'être, toutes ses ramifications sont teintes des nuances de l'âme. L'esprit, néanmoins, est façonné par ce sur quoi il joue. Ainsi l'esprit est un intermédiaire se tenant entre le monde des morales et la matière (tout en les entrelaçant tous deux), communiquant la volonté de l'esprit à la sphère externe. Il n'est pas un monarque, mais un maréchal ; cependant il est auguste dans sa capacité ; dans son élasticité, éternel. SEE PSYCHOLOGY.
Pour une discussion plus approfondie de l'esprit, voir les ouvrages mentionnés ci‑dessus ; voir aussi les premiers auteurs grecs, tels Diogènes, Anaxagore, Héraclite, Empédocle, Démocrite et l'école socratique, comme Platon, Aristote, etc. Les scolaires modernes traitant plus spécialement du sujet sont principalement les suivants : Gassendi (1592‑1655), Descartes (1596‑1650), Geulinx (1625‑1699), Spinoza (1632‑1677), Malebranche (1638‑1715), Hume (1711‑1776), Reid (1710‑1796), Brown (1778‑1820), Condillac (1715‑1780), Collard (1763‑1845), Leibnitz (1646‑1716), Kant (1724‑1804), Schleiermacher (1768‑1834). Beaucoup d'entre eux furent plutôt métaphysiciens que philosophes de l'esprit ; pourtant leurs théories et discussions impliquent la nature et les fonctions de l'esprit humain, surtout dans ses aspects intellectuels ; et ils peuvent donc être considérés comme ayant posé les fondements de la science mentale dans son développement actuel. Les ouvrages principaux se rapportant plus expressément aux facultés intellectuelles sont Stewart, Treatise and Essay on the Mind ; Brown, Philosophy of the Human Mind ; Abercrombie, Intellectual Powers ; Watts, On the Mind ; Cudworth, Intellectual System ; Reid, Essays on the active Powers of the Human Mind ; Mill (James), Analysis of the Phenomena of the Human Mind ; McCosh, Intuitions of the Mind ; Wilson (W.D.), Lectures on the Psychology of Thought and Action ; Bain, Mind and Body : the Theories of their Relation ; Carpenter, Principles of Mental Physiology ; Maudsley, Body and Mind : their Connection and mutual Influence. Les ouvrages sur la science mentale traitent également des éléments émotionnels de l'esprit. SEE PHILOSOPHY. La plupart des ouvrages nommés incluent la troisième ou faculté causative de l'esprit, c.-à-d. la volonté ; mais l'importance de celle‑ci, dans ses implications théologiques, réclame un traitement séparé. SEE WILL. Voir aussi Christian Monthly Spectator, 8:141, 184 ; Lit. and Theol. Rev. 1:74,169, 614 ; 2:261, 576 ; North Amer. Rev. 19:1 ; 24:56 ; Monthly Rev. 68:441 ; Brit. Qu. Rev. décembre 1871, page 308 ; Contemporary Rev. avril et oct. 1872 ; Meth. Qu. Rev. 4:243 ; avril 1870, page 221 ; Popular Science Monthly, juillet 1873, art. 10 ; décembre art. 4 et 6 ; The Academy, 1er novembre 1873, page 445. SEE MONOMANIA.
