Définition dans McClintock & Strong
Edwin Norris
Norris, Edwin
Norris, Edwin, un éminent écrivain anglais d'ethnologie et de philologie, naquit à Taunton le 24 oct. 1795. En 1814, immédiatement après la restauration de la paix, il voyagea quelque temps sur le Continent comme précepteur particulier dans une famille, principalement dans le sud de l'Italie. Après son retour en Angleterre il fut nommé en 1826 à un poste à la East India House, d'où il prit sa retraite avec pension en 1836, en conséquence des dispositions relatives au renouvellement de la charte. La même année, l'étendue de ses connaissances linguistiques le fit élire secrétaire adjoint de la Royal Asiatic Society, charge qui comportait la principale part de la direction de la rédaction des Transactions de la société. En 1847 il reçut du gouvernement la nomination de traducteur au Foreign Office. En 1856 il fut nommé secrétaire principal de la Royal Asiatic Society. Peu de temps auparavant on l'avait fait rédacteur de l'Ethnographical Library, entreprise commencée en 1853, destinée à comprendre des récits de voyages dans des pays «sauvages» et d'autres contributions à la science ethnographique. La dernière édition de Prichard's Natural History of Man parut avec des additions sous sa surveillance en 1855. A Grammar of the English Language, d'après un manuscrit du rév. R. M. Macbrair conservé au British Museum, est aussi «edited with additions by E. Norris», et une Grammar of the Bornu or Kapuri Language (Lond. 1853, 8vo) fut élaborée par lui à partir d'une série de dialogues envoyés de Bornu par Richardson, le voyageur d'Afrique, qui mourut avant son retour en Angleterre. Outre ces ouvrages reconnus, M. Norris fut fréquemment chargé de la surveillance des publications de la Bible Society en tahitien et en d'autres langues, et contribua à la Penny Cyclopaedia, à la Penny Magazine, et à d'autres ouvrages de large diffusion. Sa réputation repose toutefois surtout sur des mémoires parus dans les Transactions de la Royal Asiatic Society : dans l'un d'eux, en 1845, «On the Kapur-di-Giri Rock Inscription», il montra la méthode de déchiffrement d'un alphabet jusque-là inconnu, découverte qu'H. H. Wilson qualifia, dans un texte accompagnant celui de M. Norris, «d'accroissement inattendu et intéressant de notre connaissance de la paléographie et de l'histoire ancienne de l'Inde». Un mémoire «On the Assyrian and Babylonian Weights», et un autre «On the Scythic version of the Behistun Inscription», ont aussi une valeur particulière. L'ensemble des communications de Sir Henry Rawlinson sur les inscriptions cunéiformes, envoyées de Perse et publiées dans les Transactions de la société, passa par les mains de M. Norris en tant que rédacteur. Le résultat principal, toutefois, de ses études orientales est son Assyrian Dictionary. Trois volumes de cet ouvrage furent publiés en 1868, 1870 et 1872 respectivement, couvrant les lettres Aleph à Nun. Une grande partie du contenu de ces volumes est sans doute devenue dépassée, et beaucoup des significations provisoires accordées à des mots pourront être rejetées ultérieurement ; néanmoins ils contiendront toujours une quantité importante d'informations utiles et dignes de confiance, témoignant à chaque page de l'immense étendue des lectures de M. Norris ; et ceux qui emploient son ouvrage ne pourront qu'admirer la singulière franchise et modestie avec lesquelles il présente à ses confrères les résultats de ses recherches. Les ouvrages jusqu'ici mentionnés, bien qu'ils soient les principaux, ne constituent pas les seuls fruits des travaux philologiques de M. Norris. Pendant quelque temps il consacra une attention considérable aux dialectes celtiques, et en 1859 il publia en deux volumes le texte et la traduction de trois drames cornouaillais, constituant de loin la plus grande partie des reliques existantes de la littérature cornique. Parmi d'autres publications, on peut citer A Specimen of the Vai Language of West Africa (1851) : — A Grammar of the Bornu or Kanuri Language (1853) ; et Dialogues, and a Small Portion of the New Testament in the English, Arabic, Haussa, and Bornu Languages (1853). Une disposition naturellement modeste et retirée gêna la reconnaissance des mérites de M. Norris dans le grand monde (ses seuls honneurs furent une adhésion étrangère de la German Oriental Society et un diplôme honorifique de docteur en philosophie de Bonn) ; mais nul de ceux qui eurent le bonheur de le connaître, ou qui ont étudié attentivement quelque-une de ses œuvres, ne saura refuser leur hommage à une aussi rare réunion d'excellences. Edwin Norris mourut le 10 déc. 1872. Voir English Cyclop. s.v. ; Allibone, Dict. of Brit. and Amer. Authors, s.v. ; Presb. Qu. Rev. avril 1873, p. 385.
