Définition dans McClintock & Strong

Cuthbert (saint)

Cuthbert

Cuthbert ST.

Moine éminent, né dans le nord de l'Angleterre au début du VIIe siècle. Sa vie, écrite par Bède, est pleine d'histoires merveilleuses ; mais il est certain qu'il fut un ministre fervent et fidèle. Il fut instruit par les moines écossais d'Iona (Icolmkill). Après avoir été quelque temps moine au monastère de Melrose (Mailros), il devint prieure du monastère de Lindisfarne. En 676 il se retira sur l'île de Farne, où il mena une vie d'ascèse la plus rigoureuse en ermite, et jouit de la réputation d'opérer de nombreux miracles. En 685 il céda aux instances du roi Egbert et accepta l'épiscopat d'Hexham. Quand il sentit la mort approcher il revint à son ermitage sur Farne, et y mourut le 20 mars 687. Il est commémoré dans l'Église romaine le 20 mars. La renommée de saint Cuthbert fut grande de son vivant ; elle devint beaucoup plus grande après sa mort. Des églises lui furent dédiées dans tout le pays entre la Trent et la Mersey au sud, et le Forth et le Clyde au nord. Lorsque son tombeau fut ouvert au bout de onze ans, on crut trouver son corps incorrompu, et on pensa ainsi qu'il demeurait intact pendant plus de 800 ans. Il resta à Lindisfarne jusqu'en 875, quand les moines, le portant sur leurs épaules, prirent la fuite vers l'intérieur devant la fureur des Danois. Après de nombreuses errances à travers le sud de l'Écosse et le nord de l'Angleterre, il trouva un lieu de repos à Chester-le-Street en 882. Il fut transféré à Ripon en 995, et la même année enlevé à Durham. Là, enfermé dans un somptueux reliquaire et réputé opérer des miracles quotidiennement, il demeura jusqu'à la Réforme, quand il fut enseveli sous le pavement de la cathédrale. La sépulture fut ouverte en 1827, lorsqu'on trouva un cercueil, jugé avoir été fait en 1541 au moment où le corps fut mis en terre, qui en renfermait un autre, que l'on crut fait en 1104 ; et celui-ci renfermait encore un troisième, répondant à la description d'un fabriqué en 698, lorsque le saint fut relevé de sa première tombe. Ce coffret le plus intérieur contenait, non le corps incorruptible de saint Cuthbert, mais son squelette encore entier, enveloppé de riches robes de soie brodées. Des fragments de celles-ci, et des ornements épiscopaux, ainsi qu'un peigne et autres reliques trouvés près des ossements, se voient dans la bibliothèque de la cathédrale. L'ascétisme qui distingua saint Cuthbert en vie demeura longtemps attaché à son tombeau. Jusqu'à la Réforme, aucune femme n'était autorisée à approcher de son sanctuaire ; la croix de marbre bleu demeure encore dans le sol de la cathédrale et marquait la limite au-delà de laquelle les pas féminins étaient interdits, sous peine de châtiment instantané et remarquable de la part du saint offensé. Sa colère, croyait-on, était tout aussi prompte à venger toute atteinte à l'honneur ou aux biens de son église. On racontait que Guillaume le Conquérant, désireux de voir le corps incorruptible du saint, ordonna de forcer le reliquaire ; mais à peine un coup eut-il été porté qu'une telle maladie et terreur s'abattit sur le roi que celui-ci se précipita hors de la cathédrale, et, sautant en selle, ne freina plus jusqu'à ce qu'il eût franchi le Tees ! Un voile, dit-on, utilisé par saint Cuthbert en célébrant la messe, fut transformé en étendard, lequel assurait, croyait-on, la victoire à l'armée qui le portait. Flodden ne fut que l'un des nombreux champs où la défaite des Écossais fut attribuée à la bannière de saint Cuthbert. Il pendit auprès de son reliquaire jusqu'à la Réforme, quand on dit qu'il fut brûlé par la sœur de Calvin, épouse du premier doyen protestant de la cathédrale. La vie de saint Cuthbert fut deux fois écrite par le vénérable Bède — brièvement en hexamètres vigoureux dans son Liber de Miraculis Sancti Cuthbercti Episcopi ; plus longuement en prose, dans son Liber de Vita et Miraculis Sancti Cuthberti Lindisfarnensis Episcopi. Dans ce dernier il usa d'une vie antérieure par un moine de Lindisfarne, qui est encore conservée. Outre ces vies — toutes imprimées à plusieurs reprises — et ce que Bède rapporte de saint Cuthbert dans son Historia Ecclesiastica Gentis Anglorum, les principales autorités anciennes sont la Historia Translationis S. Cuthberti, publiée par les Bollandistes dans les Acta Sanctorum, mens. Martii, vol. 3 ; le Libellus de Exordio Dunelmensis Ecclesiae, par Symeon de Durham ; le Libellus de Nativitate S. Cuthberti de Historiis Hybernensium excerptus, et le Libellus de Admirandis B. Cuthberti Virtutibus ; par Reginald de Durham, tous deux publiés par la Surtees Society. Il existe deux Mémoires modernes de saint Cuthbert — celui du regretté rév. James Raine, St. Cuthbert (Durham, 1828), et l'ouvrage du très rév. Monsignor C. Eyre, History of St. Cuthbert (Lond. 1849)." — Chambers, Encyclopedia, s.v. ; Butler, Lives of Saints, March 20 ; Herzog, Real-Encyklop. 19:374.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.