Définition dans McClintock & Strong

Croix des prélats (ou crosse)

Cross of Prelates (or Crosier)

Cross Of Prelates (Or Crosier).

De cet emblème épiscopal nous donnons les précisions suivantes d’après Walcott, Sac. Archaeol. s.v. :

« Il rappelait aux évêques leur devoir, comme la houlette pastorale rappelait la direction du peuple. La croix archiépiscopale de Cantorbéry se distinguait de la croix processionnelle (qui n’en avait qu’une) par deux crucifix, derrière et devant. La croix patriarcale à double traverse, ainsi appelée, formée par l’ajout du rouleau, était utilisée en Grèce, mais en Occident n’est qu’une invention conventionnelle et arbitraire des peintres (elle ressemble toutefois à la croix de Lorraine) ; et la croix à trois barres du pape est également moderne et non autorisée. La croix était portée par un sous‑diacre devant Léon IV, lorsqu’il chevauchait, selon la coutume de ses prédécesseurs. L’archevêque de Ravenne était autorisé à avoir sa croix portée devant lui dans toute sa province, et jusqu’à trois milles de Rome. Augustin entra à Cantorbéry avec une croix portée devant lui ; Thomas Becket fut précédé de sa croix d’argent ; et saint Anselme refusa de permettre à l’archevêque de Dublin un tel privilège en Angleterre ; tandis que l’archevêque Peckham, en 1279, excommunia tous ceux qui vendaient des vivres à l’archevêque d’York si ce dernier persistait à faire porter sa crosse en état dans la province de Cantorbéry. Après le IXe siècle, les légats apostoliques furent autorisés à jouir de cette distinction ; et au XIIe siècle elle fut étendue aux métropolitains ayant reçu le pallium ; mais au XIIIe siècle elle devint commune à tous les archevêques. Innocent II et le concile du Latran, en 1215, accordèrent l’usage de la bannière de la croix portée devant les patriarches d’Alexandrie, d’Antioche, et de Jérusalem, sauf dans la ville de Rome. Le port de la croix est une prérogative, non un acte de juridiction, mais simplement un signe d’honneur et de révérence dus à une dignité. L’évêque de Lucques porte le pallium, et, comme l’évêque de Pavie, a sa croix portée devant lui par la concession d’Alexandre II, 1070 ; ses chanoines marchent coiffés de la mitre en procession, comme les cardinaux. Les rois de Hongrie portent aussi la croix, en mémoire du roi Étienne, à qui elle fut accordée en 1000 par le pape Sylvestre II. L’archevêque de Nazareth avait le droit d’utiliser la croix partout ; et l’archevêque de Tolède dans toute l’Espagne. En 1452 Booth, d’York, par un compact fait en 1353, donna une image de lui‑même à Cantorbéry, ayant porté sa croix dans la province. L’évêque de Funchal, à certains jours, fait porter une crosse devant lui, au lieu du bâton, en mémoire du siège ayant été autrefois métropolitain. Le pape ne porte jamais une crosse, à moins qu’il ne se trouve dans le diocèse de Trèves, où saint Pierre aurait donné sa houlette à son premier évêque, Eucher. La raison en est que la courbure au sommet d’une crosse signifie juridiction restreinte, tandis que le pontife revendique une souveraineté illimitée. Il est certain cependant qu’à l’origine il recevait une ferula, ou bâton, lors de son intronisation. L’évêque du Cap fut le premier métropolitain colonial à porter une crosse. Il existe une belle crosse du XVe siècle à Tolède, que le cardinal Mendoza, en 1492, planta sur l’Alhambra ; et une autre, avec travail d’émail, à Cologne. La croix de Ragenfroi, du XIIe siècle, avec Goliath dans la tête, se trouve à Goodrich Court ; une troisième, avec émaux et figures, est au British Museum. »

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.