Définition dans McClintock & Strong

Corneille François de Nelis

Nelis, Corneille Francois De

Nelis, Corneille François De un prélat belge érudit, naquit à Malines le 5 juin 1736. Il fut instruit à l’Université de Louvain, et obtint le grade de licencié le 6 mai 1760. Presque immédiatement il devint principal du Collège de Malines, et la direction de la bibliothèque de l’Académie lui fut confiée. Il se fit connaître avantageusement dans le monde littéraire par plusieurs dissertations sur divers points d’histoire et de philosophie. Il fut nommé chanoine de Tournai en 1765, et en 1767 vicaire général de cette ville; il exerça aussi pendant quelque temps la vicairie générale pour la province de Tournaisis. Lors de l’exclusion de la Compagnie de Jésus du pays en 1773, il fut désigné membre de la commission royale pour les études instituées à Bruxelles. L’archiduc Maximilien, plus tard électeur de Cologne, ayant apprécié son mérite lors d’une visite que Nelis fit aux provinces belges, le signala à l’empereur Joseph II, qui le nomma à l’évêché d’Anvers, le 25 octobre 1784. Bien qu’il dût son élévation à la maison d’Autriche, sa conscience fut vivement alarmée par les innovations religieuses que Joseph II souhaitait introduire; et dès le 22 mai 1786 il adressa des remontrances au gouvernement concernant l’ordre de publier des proclamations de la police depuis la chaire, et quelques jours après fit des représentations sur la suppression des sociétés, des processions, et sur les empêchements qui invalident le mariage. La même année il s’opposa à l’édit impérial instituant une nouvelle forme de concours pour la confération des bénéfices; plus tard il écrivit contre la suppression des séminaires épiscopaux. La mort de Joseph II fit opérer quelque changements, et le 19 juillet 1793 Nelis, qui s’était montré l’un des ennemis les plus ardents de la France, écrivit à l’empereur François II pour justifier et excuser sa conduite pendant la révolution brabançonne. Le 21 avril suivant il se rendit à Bruxelles, où les états étaient convoqués, et fut cordialement accueilli par l’empereur. Mais la révolution progressa rapidement, et à l’approche de l’armée française Nelis, qui avait tout à craindre, fuit hâtivement Anvers, le 28 juin 1794. Il chercha d’abord asile à Breda, mais ne put y demeurer longtemps, et se rendit à Rotterdam, puis en 1795 passa en Allemagne. Après avoir séjourné plusieurs mois à Göttingen et à Osnabrück, puis en Suisse à Zurich, près de Lavater, dont il fut un intime, il passa en Bavière, puis en Italie, où il résida successivement à Florence, Parme, Bologne, Rome et Naples. Il trouva enfin hospitalité dans un couvent de Camaldules près de Florence, où il mourut le 21 août 1798. Parmi les œuvres de ce prélat: Eloge funebre de l'empereur Francois I (Louvain, 1765, 4to, en latin; Bruxelles, 1766, 4to, en latin et en français); Eloge funebre de Marie‑Therese (Bruxelles, 1780, 4to et 8vo). Cet éloge, écrit en français, est jugé beaucoup supérieur à celui composé par l’abbé de Boismont; Belgicarum rerum Prodromus, sive de historia Belgica ejusque scriptoribus praecipuis commentatio (Parme, 1795, 8vo). M. de Reiffenberg en fit le plus grand éloge dans son édition de la Chronique rimée de Philippe Mouskes; L'Aveugle de la Montagne, ou entretiens philosophiques (1789, 1793, 2 vol., 8vo; édition augmentée, Parme, 1795, 8vo; Rome, 1797, 4to). Dans les recueils de l’Académie de Bruxelles, 1777 et années suivantes, se trouvent de Nelis: Mémoire sur l'ancien Brabant; sur la vigogne et l'amélioration de nos laines; sur la pierre Brunehaut dans le Tournaisis; sur la constitution municipale et sur les privilèges accordés aux villes des Pays‑Bas; sur les écoles et sur les études d'humanités. Nous avons aussi de Nelis de nombreux Mandements et Lettres pastorales, soit en flamand soit en français. Parmi ses manuscrits deux surtout présentent de l’intérêt: Questionum Camaldulensium libri quatuor, et Europae fata, mores, disciplinae, ab ineunte saeculo XV usque ad finem saeculi XVII. Ces deux ouvrages étaient sur le point d’être publiés quand la mort emporta leur auteur, qui les légua au couvent des Camaldules, où il avait trouvé asile. Voir Synopsis actorum ecclesiae Antwerpiensis, etc., par De Ram; Mémoires de l'Académie des Sciences de Bruxelles, passim; Documents particuliers. — Hoefer, Nouv. Biog. Générale, s.v.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.