Définition dans McClintock & Strong

Conciles d'Aix-la-Chapelle

Aix-la-chapelle, Councils of

Aix-La-Chapelle, Councils Of (Concilium Aquisgranense). Il y en eut plusieurs.

I. Tenu en l'an 800 apr. J.-C. Félix d'Urgel y fut entendu dans sa défense devant Charlemagne. Il fut contredit et réfuté par Alcuin (q.v.), que Charles avait amené en Gaule. À cause de ses fréquentes rechutes, Félix fut déposé, mais il retourna dans le sein de l'Église, ayant sincèrement abjuré ses erreurs, ce qu'il fit sous la forme d'une lettre adressée au clergé et au peuple d'Urgel. Il fut néanmoins exilé à Lyon, où il passa le reste de ses jours. Voir Mansi, Concilia, t. vii, p. 1151.

II. Tenu en octobre 802 sur l'ordre de Charlemagne. Ce fut un concile nombreux. Les évêques et les prêtres lurent les canons, et les abbés avec les moines la règle de saint Benoît, afin que les deux classes vécussent désormais conformément à la loi prescrite. À cette époque il n'existait pas de moines ou religieux suivant une autre règle que celle de saint Benoît. Il nous reste de ce concile un capitulaire en sept articles. Les plus importants concernent les chorepiscopi : il fut décidé qu'ils n'avaient aucun pouvoir épiscopal et qu'ils devaient être considérés simplement comme prêtres. Cette discipline concorde avec celle des anciens conciles d'Anagra et de Néo-Césarée ; toutefois, ce ne fut qu'au milieu du Xe siècle qu'ils cessèrent d'avoir autorité en Orient et en Occident.

III. Tenu en décembre 809, sur la question de la procession du Saint-Esprit, soulevée d'abord par Jean, moine de Jérusalem. Pour en décider, l'empereur envoya comme députés au pape Léon III deux évêques, Bernarius et Jesse, et l'abbé Adelhard, qui tinrent une longue conférence sur l'usage du mot Filioque chanté dans le Credo par les églises de France et d'Espagne, mais non par l'Église de Rome. Le pape exprima son regret que la même réserve n'ait pas été observée ailleurs ; sans condamner ceux qui ajoutaient le mot Filioque en chantant le Credo, et reconnaissant que le mot exprimait la vraie foi, il refusa de sanctionner l'introduction du terme dans le Credo, se référant à la décision des conciles qui avaient interdit toute addition. Voir Labbe, Concil. t. vii, p. 1194.

IV. Tenu en septembre 816. On y composa une règle pour les chanoines, contenant 145 articles ; une autre, de 28 articles, fut rédigée pour les chanoinesses. Ces règles sont très longues et auraient été principalement rédigées par Amalr, diacre de Metz. Voir Labbe, Concil. t. vii, p. 1307.

V. Lors de ce concile, tenu en juillet 817, on rédigea quatre-vingts chapitres concernant la règle de saint Benoît, confirmés par l'empereur Louis, et exécutés par son autorité. Voir Labbe, Concil. t. vii, p. 1505.

VI. Ce concile, tenu en 825 sur la question des images, fut la continuation de celui tenu à Paris la même année. Les évêques écrivirent (6 déc.) à l'empereur à Aix-la-Chapelle leur décision, et toute l'affaire fut envoyée au pape par deux évêques. Le résultat des négociations entre le pape et les évêques est inconnu. Les Français, cependant, soutinrent longtemps que les images ne devaient ni être brisées ni adorées, rejetant ainsi le IIe concile de Nicée, bien que le pape l'eût approuvé.

VII. Tenu le 6 février 836. Les actes de ce concile se divisent en trois parties. La partie I concerne la vie et la doctrine des évêques et contient douze canons, dont le troisième impose à tous les évêques d'avoir toujours quelques pauvres à leur table lorsqu'ils mangent, ou à leur vue, et de leur envoyer de la nourriture. La partie II traite de la morale, de la conduite et du degré de science exigés des autres ecclésiastiques, et contient vingt-huit canons. La partie III porte sur les vertus et devoirs requis de l'empereur et de ses enfants, principalement en affaires ecclésiastiques ; elle contient vingt-cinq canons. On y rédigea aussi une longue adresse à Pépin, roi d'Aquitaine, l'enjoignant de restituer les biens de l'Église. Voir Labbe, Concil. t. vi, p. 1700.

VIII. Ce concile fut une cour plénière impériale de Frédéric, assemblée en 1165 pour la canonisation de Charlemagne, qui fut célébrée le 29 décembre. Bien que cette canonisation fût le résultat de schismatiques et n'eût le seul sanctionnement d'un antipape, aucun pape n'a jamais refusé de la reconnaître.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.