Définition dans McClintock & Strong
Christoph Matthäus Pfaff
Pfaff, Christoph Matthaus, Dd
Pfaff, Christoph Matthaus, D.D., théologien protestant allemand, fils de Johann Christoph Pfaff (q.v.), naquit le 25 décembre 1686 à Stuttgart. À treize ans il fut admis à l'université, et après avoir terminé ses études théologiques il reçut du duc de Wurtemberg, en 1706, les moyens d'aller parfaire sa connaissance des langues orientales dans d'autres universités. Il visita dans ce dessein plusieurs universités d'Allemagne, de Hollande et d'Angleterre. À son retour à Stuttgart en 1709, il fut employé pour accompagner le prince héritier Charles-Alexandre en Italie, avec lequel il demeura trois ans à Turin, occupé surtout à copier dans les bibliothèques les fragments inédits des anciens auteurs ecclésiastiques. Il alla ensuite avec le prince en Hollande, où il passa deux ans, puis à Paris, poursuivant ses recherches dans les bibliothèques et se mettant en rapport avec les savants les plus renommés. Nommé en 1716 professeur de théologie à Tübingen, il devint en 1720 doyen de la faculté et chancelier de l'université ; il reçut aussi plusieurs hautes fonctions ecclésiastiques et devint entre autres, en 1727, abbé de Loch, ce qui lui ouvrit l'entrée aux États du Wurtemberg. En 1724 il fut gratifié du titre de comte palatin, et fut élu en 1731 membre de l'Académie de Berlin. En 1756 il devint chancelier de l'université de Giessen, doyen de la faculté de théologie et surintendant général des églises. Possédant une vaste et variée érudition, il évita soigneusement le ton amer des théologiens de sa confession, et il fit même, mais sans le moindre succès, plusieurs tentatives pour unir les églises luthérienne et calviniste. Il mourut à Giessen le 19 novembre 1760. L'érudition de Pfaff était immense, et ses ouvrages si nombreux qu'ils encombrent une page entière des bibliographies allemandes. Parmi ses nombreux ouvrages et dissertations nous mentionnons : De genuinis Librorum Novi Testamenti lectionibus (Amst. 1709, 8vo) : — Demonstrationes solides de la vérité de la Religion Protestante contre la Religion prétendue Catholique (Tub. 1713, 1719) : — De Evangeliis sub Anastasio imperatore non corruptis (Tubing. 1717, 4to) ; réimprimé, avec plusieurs autres dissertations de Pfaff, dans ses Prinistiae Tubingenses (ibid. 1718, 4to) : — De liturgiis, missalibus, agendis et libris ecclesiasticis Ecclesiae orientalis et occidentalis veteris et modernae (ibid. 1718, 4to) : — De origine juris ecclesiastici veraque ejus indole (ibid. 1719, 1720, 1756, 4to) : — Dissertationes Anti-Boelianae tres (ibid. 1719, 1720, 4to) : — Institutiones theologiae dogmaticae et moralis (ibid. 1719, 8vo ; Frankf. 1721, 8vo) ; l'un des premiers ouvrages théologiques écrits en Allemagne où est reconnue la tendance rationaliste : — Introductio in historiam theologiae literariam (ibid. 1720, 8vo ; ibid. 1724–1726, 3 volumes, 4to) : — De variationibus ecclesiarum Protestantium, adversus Bossuetum (ibid. 1720, 4to) : — Gesammelte Schriften so zur Vereinigung der protestirenden Kirchen abzielen (Halle, 1723, 2 volumes, 4to) ; recueil d'écrits tendant à la réunion des Églises protestantes : — De titulo patriarchae oecumenici (Tubing. 1735, 4to) : — De ecclesia sanguinem non sitiente (ibid. 1740, 4to) : — De stercorariis medii aevi (ibid. 1750, 4to) : — De aureolis virginum, doctorum et martyrum (ibid. 1753, 4to). Comme éditeur, Pfaff publia Epitome Institutionum divinarum Lactantii (Paris, 1712, 8vo), première édition complète : — S. Irenaei fragmenta anecdota (La Haye, 1715, 8vo) ; publication suivie d'une controverse avec Scip. Maffei, qui avait mis en doute l'authenticité de ces fragments : — Ecclesiae evangelicae libri symbolici (Tubingen, 1730, 8vo). Enfin, Pfaff dirigea la publication de la nouvelle traduction allemande de la Bible, parue à Tübingen (1729, fol.), ouvrage auquel il travailla activement. Pfaff était un érudit de tout premier rang, mais d'un caractère moral douteux. Il est le véritable fondateur du prétendu système collégial, qui considère l'Église comme un collegium : en tant que corporation possédant des droits corporatifs, l'Église peut faire ses propres statuts et lois, et exiger leur observance. L'attitude de l'État à son égard est accessoire, ou analogue à la position qu'il occupe vis-à-vis de toute autre association. Le magistratus politicus ne lui appartient pas ; l'Église consistant seulement d'enseignants et d'enseignés. Ce n'est que par transfert, en vertu d'un pacte tacite ou express, que la magistrature peut recevoir des droits inhérents à l'origine à l'Église. Les résultats furent, toutefois, d'abord, et jusqu'après le commencement du XIXe siècle, en faveur du système territorial. La Bible connue parmi les protestants allemands sous le nom de « the Bible of Tubingen » fut publiée sous la direction de Pfaff en un volume in-folio en 1727. Voir Strodtker, Hessische Gelehrtengesch. ; Rathlef, Gesch. jetztlebender Gelehrten, part I ; Schrockh, Unparteiische Kirchengesch. 4:787 ; Sax, Onomasticon, 6:138, 648 ; Bauer, Gallerie, vol. 5 ; Döring, Die Gelehrten Theologen Deutschlands, vol. 3, s.v. ; Hirsching, Handbuch ; Meusel, Lexikon, s.v. ; Hoefer, Nouv. Biog. Generale, 39:794 ; comp. Hurst's Hagenbach, Ch. Hist., 18th and 19th Centuries, 1:110 sq., 410 ; Ebrard, Kirchen- u. Dogmengesch. 4:131. (J.H.W.)
