Définition dans McClintock & Strong
Camp‑meeting
Camp-meeting
Camp‑meeting, nom donné à une certaine classe de réunions religieuses tenues en plein air. « Le premier camp‑meeting aux États‑Unis eut lieu en 1799, sur les rives de la rivière Red, dans le Kentucky. Deux frères nommés M'Gee, l'un presbytérien et l'autre méthodiste, faisant un tour religieux du Tennessee, où le premier était établi, vers un lieu appelé 'the Barrens', près de l'Ohio, s'arrêtèrent dans une colonie au bord de la rivière pour assister à une célébration sacramentelle avec le rév. M. M'Greedy, presbytérien. John M'Gee, le méthodiste, fut invité à prêcher le premier, ce qu'il fit avec grande liberté et puissance. Son frère et le rév. M. Hoge le suivirent par des sermons, avec un effet remarquable. L'Esprit fut abondamment répandu sur le peuple et produisit des larmes de contrition et des cris de joie. Les rév. M. M'Greedy, Hoge et Rankins, tous presbytériens, quittèrent la maison, mais les M'Gees étaient trop fortement impressionnés pour s'enfuir, dans des circonstances d'un tel intérêt. John devait prêcher de nouveau; mais, lorsque le moment arriva, il se leva et informa le peuple que l'emprise de ses sentiments ne lui permettait pas de prêcher, et il les exhorta à livrer leur cœur à Dieu. Des pleurs et des sanglots se firent entendre dans toute la maison. L'excitation fut indescriptible. Quand le bruit de ce mouvement extraordinaire atteignit la campagne environnante, les gens accoururent pour voir ce que cela signifiait, car ils n'avaient jamais entendu de semblable auparavant. Ainsi la maison de réunion fut immédiatement débordée. On érigea alors un autel au Seigneur dans la forêt.
Cela donna un nouvel élan à l'intérêt public, et beaucoup vinrent de toutes parts, apportant provisions et autres nécessités pour le campement, et restèrent plusieurs jours, demeurant sous des tentes. Ce fut une occasion merveilleuse. Les divisions sectaires semblaient oubliées dans la sollicitude générale pour la prédominance de la religion spirituelle. Les services furent conduits par presbytériens, baptistes et méthodistes. Le résultat fut sans précédent et suggéra une autre réunion de ce genre, tenue sur la Muddy River; puis une autre sur ce qu'on appelait the Ridge, toutes deux réunissant des foules immenses. Par une estimation prudente, on compta qu'au moins cent âmes furent ‘ajoutées au Seigneur’ lors de la dernière réunion mentionnée. De ce commencement non prémédité ces réunions s'étendirent, augmentant en puissance et en utilité, sous la direction particulière des presbytériens et des méthodistes. En raison de cette union des sectes dans leur soutien, on les appela 'general camp‑meetings'. On dit que les routes menant au bosquet où elles se tenaient étaient littéralement encombrées et que des quartiers entiers furent abandonnés par leurs habitants. Un ministre presbytérien calcula qu'il y avait au moins vingt mille personnes présentes à une réunion tenue dans le Kentucky. Enfin, cependant, les presbytériens se retirèrent progressivement du champ; mais les méthodistes les propagèrent dans d'autres régions, jusqu'à ce qu'elles devinssent communes dans la connexion. Avec plus ou moins d'efficacité, elles ont été poursuivies jusqu'à nos jours, non sans opposition de la part de quelques‑uns, et sans inquiétudes chez beaucoup d'autres quant à leur opportunité » (Essay on Camp‑meetings, p. 7–11).
Les camp‑meetings furent introduits en Angleterre par le rév. Lorenzo Dow (q.v.), ardent prédicateur méthodiste qui, après avoir œuvré quelque temps en Angleterre comme itinérant indépendant et constaté, en 1807, un vif intérêt religieux dans le Staffordshire, suggéra aux gens le plan des camp‑meetings. Le peuple l'adopta aussitôt. Un drapeau fut hissé sur Mow Hill; la population s'y rassembla de toutes les régions environnantes, et le premier camp‑meeting anglais eut lieu. William Clowes et Hugh Bourne, qui furent parmi les laïcs les plus zélés et utiles lors des réveils de cette époque, prirent part activement aux premières réunions. Bourne les défendit dans une brochure qui provoqua des publications de contre‑partie de la part des prédicateurs des circuits de Burslem et Macclesfield. Comme l'on allégua que de nombreux excès accompagnaient de tels offices en plein air, la Wesleyan Conference, en 1807, déclara : « C'est notre jugement que, même en supposant de telles réunions admissibles en Amérique, elles sont fort inappropriées en Angleterre et susceptibles d'engendrer un préjudice considérable, et nous déclinons toute connexion avec elles. » Leurs partisans, toutefois, continuèrent à les tenir. Hugh Bourne, qui éveilla le peuple du Lancashire, du Cheshire et du Staffordshire par ses exhortations et prières, fut expulsé en 1808 de la connexion par la Burslem Quarterly Meeting; et, deux ans plus tard, Clowes, qui continua d'assister aux camp‑meetings, fut lui aussi expulsé. Clowes entama alors une activité d'ouvrier missionnaire à domicile, abandonnant son commerce pour ce ministère. En 1810 la dénomination « Primitive Methodist » fut organisée, sanctionnant l'habitude de prêcher dans les camp‑meetings, ainsi que sur les marchés et les chaussées. VOIR METHODISTS, PRIMITIVE. La Wesleyan Conference n'a jamais retiré sa désapprobation des camp‑meetings; mais les Wesleyens en Irlande commencèrent à en tenir en 1860, et leur organe, The Irish Evangelist, prit position en leur faveur. Voir An Essay on Camp‑meetings (N. Y. 1849); Stevens, Hist. of Methodism, ii, 224; Bangs, History of M. E. Church, 2:101; Porter, Compendium of Methodism, p. 146, 468; Porter, Camp‑Meetings (N. Y. 24mo); Meth. Quart. Review, 1861, p. 582.
