Définition dans McClintock & Strong

Camisards

Camisards (du français camise, blouse paysanne), secte de fanatiques (rendus tels par l'oppression) en France vers la fin du XVIIe siècle. Les prédictions de Brousson (q.v.) et de Jurieu, quant à la chute prochaine de la papauté et à la fin du monde, semblent avoir donné une orientation aux esprits des protestants du Dauphiné et du Vivarais. "En 1688, cinq ou six cents protestants des deux sexes se proclamèrent prophètes et inspirés du Saint-Esprit. Ils eurent d'étranges accès, qui les saisissaient avec des évanouissements, comme dans une syncope, qui les faisaient étendre bras et jambes et chanceler. Ils se frappaient de leurs mains ; ils tombaient sur le dos, fermaient les yeux et soulevaient la poitrine. Les symptômes correspondent à ceux produits par l'inhalation d'oxyde nitreux, et, si la vérité eût été alors découverte, on aurait été tenté de soupçonner une imposture. Ils restaient quelque temps en transe, et, en en sortant, déclaraient voir les cieux ouverts, les anges, le paradis et l'enfer. Ceux qui étaient sur le point de recevoir l'esprit de prophétie tombaient, non seulement dans les assemblées, mais dans les champs et dans leurs propres maisons, criant Miséricorde. Les plus petites de leurs assemblées comptaient quatre ou cinq cents personnes, et quelques-unes montaient à trois ou quatre mille. Les collines résonnaient de leurs cris retentissants pour la miséricorde, et d'imprécations contre les prêtres, le pape et sa domination chrétienne, avec des prédictions de la chute prochaine de la papauté. Tout ce qu'ils disaient alors était entendu et reçu avec révérence et crainte." Le gouvernement finit par intervenir avec une violence qui accroissait naturellement le désordre. En 1702 un certain nombre de Camisards furent mis à mort avec supplices. Une guerre s'éleva, où Cavalier, un jeune boulanger, devint chef capable. Le maréchal de Montrevel fut envoyé par la cour pour mater ces troubles, puis le maréchal Villars ; et après une longue série des plus barbares massacres et cruautés perfides, ces malheureux furent finalement, en 1705, réduits. Cavalier se soumit, et alla par la suite en Angleterre. Ravance, Catinat et Franceze, trois de leurs chefs, furent brûlés vifs, et Vilas et Jonquet, aussi commandants de leurs forces, avec deux marchands qui les assistèrent, brisés sur la roue. Beaucoup de ces Camisards prirent la fuite pour l'Angleterre. Voir Smedley, Reformed Religion in France, vol. in, ch. 25 ; Theatre Sacre des Cevennes (Londres, 1707, par Max Misson, source principale d'information) ; The Wars of the Cevennes under Cavalier (Dublin, 1726) ; Schulz, Geschichte der Camisarden (Weimar, 1790) ; Court, Hist. des troubles des Cevennes (Villefranche, 1760) ; Histoire des Camisards (Lond. 1744) ; Peyrat, Hist. des Pasteurs du Desert (Paris, 1842) ; Hoffmann, Gesch. des Aufruhrs in den Cevennen (Nordlingen, 1837). VOIR FRENCH PROPHETS.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.