Définition dans McClintock & Strong

Calneh

Cal'neh (héb. Kalneh', כִּלנֶה; Sept. Χαλάννη)

La quatrième des villes de Nimrod (Genèse 10:10), probablement identique au CALNO (héb. Kalno', כִּלנוֹ; Sept. Χαλάνη) d'Isaïe 10:9, ou au CANNEH (héb. Kanneh', כִּנֵּח; Sept. Χανάα) d'Ézéchiel 27:23. Le mot serait censé signifier «la forteresse du dieu Ana ou Ann», l'un des objets principaux du culte babylonien. Selon la traduction chaldéenne, avec laquelle s'accordent Eusèbe et Jérôme, il s'agit du même lieu qui fut ensuite appelé Ctésiphon. Il se trouvait sur le Tigre, en face de Séleucie, et fut pendant quelque temps la capitale des Parthes et la résidence d'hiver des rois parthes (Strabon, xvi, p. 312; Cellarii Notit. 2:774; voir Bochart, Phaleg, 4:18; Michaelis, Spicil. 1:228). Cette opinion sur Calneh reçoit quelque appui du fait que la région nommée Ctésiphon était appelée par les Grecs Chalonitis (Pline, Hist. Nat. 6:26, 27; Polybe 5:44); d'autre part toutefois cette province ne paraît pas s'être étendue aussi loin à l'ouest que Calneh devait se situer. Ammien Marcellin (23:6, 23) affirme que ce fut le roi parthe Pacorus (règne de 71 à 107 apr. J.-C.) qui changea le nom de la ville en Ctésiphon; mais ce nom est certainement plus ancien, puisqu'il est mentionné par Polybe. Au temps du prophète Amos, Calné semble avoir constitué une principauté indépendante (Amos 6:2; la Sept. omet, variante Καλάνη ou Χαλάννη); mais peu après il fut, avec l'Asie occidentale, conquis par les Assyriens (Isaïe 10:9). Environ cent cinquante ans plus tard, Calneh était encore une ville considérable, comme on peut l'inférer de son apparition parmi les lieux commerçant avec Tyr (Ézéchiel 27:23). D'après les Écritures, au VIIIe siècle av. J.-C. Calneh fut prise par un des rois assyriens et ne retrouva plus sa prospérité; d'où la comparaison avec Carchemish, Hamath et Gat (Isaïe 10:9; Amos 6:2) pour illustrer l'inexorable puissance d'Assyrie. Le site de Ctésiphon fut ensuite occupé par Al-Madain (les «deux villes»), dont ne restent que les ruines d'un palais remarquable appelé Tauk-kesra ou «Arc de Khosroès», quelques tertres et une vaste étendue d'imposants remparts vers le fleuve (voir Smith's Dict. of Class. Geog. s.v. Ctesiphon).

Des explorations plus récentes rendent probable que le site de Calneh est le moderne Niffer, qui fut assurément une des premières capitales, et que le Talmud identifie sous le nom de Nopher avec Calneh (voir le Yoma). Les traditions arabes faisaient de Niffer la Babylone primitive et rapportaient que c'était l'endroit où Nimrod tenta de s'élever au ciel sur des ailes d'aigle. De même la Septante parle de Calneh ou Calno comme «le lieu où la tour fut bâtie» (Isaïe 10:9). Niffer est situé à environ soixante milles E.S.E. de Babylone, dans les marais sur la rive gauche de l'Euphrate. Il a été visité et exploré par M. Layard (Nineveh and Babylon, p. 468 sqq.), et est décrit par M. Loftus (Chaldæa, p. 101) ainsi : «L'aspect présent de Niffer est celui d'une haute plate-forme de terre et de détritus, divisée en deux parties presque égales par un canal profond — apparemment le lit d'une rivière — d'environ 120 pieds de largeur. Presque au centre de la partie orientale de cette plate-forme se voient les restes d'une tour en briques d'ancienne construction, dont débris constituent un tertre conique s'élevant soixante-dix pieds au-dessus de la plaine. C'est un objet visible de loin, et montre, lorsque la maçonnerie est exposée, des perforations oblongues semblables à celles qu'on observe à Birs Nimrud et autres édifices de l'époque babylonienne. La partie occidentale de la plate-forme n'offre rien de remarquable, si ce n'est qu'elle est jonchée de fragments de poterie et autres reliques d'une période plus récente que la tour mentionnée. À quelques centaines de yards à l'est des ruines on peut distinguer nettement un bas tertre continu, probablement les restes de l'enceinte externe de l'ancienne cité. Quant à l'obélisque, l'objet particulier de ma visite, les Arabes affirmaient formellement qu'il en existait un, mais aucun d'eux ne l'avait vu ni n'était en mesure d'en indiquer la position sur les tertres.» VOIR CANNEH.

Voir la fiche concept
Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.